COTES PLATES
Ces lagunes ou ces étangs, appartenant à une côte plate, ont toujours une faible profondeur, 10 mètres au plus. Souvent, plusieurs étangs communiquent les uns avec les autres par un chapelet de cours d'eau parallèles au cordon littoral. C est le cas pour les landes de Gascogne. De la même façon, un certain nombre de lagunes maritimes peuvent se trouver reliées ensemble et constituer une ligne de navigation intérieure, soustraite aux agitations de l'océan.
Régime variable des côtes plates. — Les conditions des côtes plates peuvent être fort différentes, suivant le régime de la mer qui les baigne et l'importance des fleuves qui viennent y déboucher.
Si la marée est forte, le cordon littoral est souvent rompu, et la mer, au moins dans les grandes marées, prend possession du territoire situé en arrière, en y apportant de la vase. Ainsi se forment des territoires bas et humides, dont la culture peut s'emparer avec profit, en défendant la côte par des digues et en procurant par de nombreux canaux l'assainissement du sol. Ce sont les wadden ou wattennnghes^ si développés le long de la mer du Nord, depuis Calais jusqu'au Danemark. En outre, les grands fleuves, chargés de limon, qui aboutissent à cette mer, sont susceptibles d'inonder leur cours inférieur sur de larges étendues. De cette manière naissent, en arrière des wadden, de grandes plaines d'alluvions limoneuses, humides et fertiles, qu'on désigne en Allemagne sous le nom de Marsch, c'est-à-dire Marais.
Quand la marée est insensible, les dunes maintiennent généralement leur intégrité. Il n'y a plus de territoire inondable en arrière. C'est le cas du rivage allemand de la Baltique, à l'ouest du golfe de Dantzig. Mais, à l'est, la côte prend une direction qui l'expose davantage à l'efibrt des vents d'ouest; aussi le cordon littoral est-il interrompu par des ouvertures, donnant accès à des lagunes. Comme, d'autre part, la Vistule, qui débouche à Dantzig, vient des Carpathes et est assez chargée de limon, on voit se reconstituer, en arrière de la côte, un marais ou ligne de terres marécageuses *.
Échancmres des côtes plates. — Nous avons vu que, sur une côte plate, le jeu normal de l'action marine devait tendre à rectifier le contour du rivage. Partout donc où il n'y a pas de marées excessives qui, aidées par les vents, puissent rompre fréquemment