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COTES d'effondrement 28i

(l'érosion. Sur les rivages de l'océan Atlantique, de telles structures apparaîtraient avec beaucoup moins de netteté.

Côtes d*effoiidreineiit. — Dans les échancrures de la côte dalmate, les dislocations qui ont déterminé le modelé du rivage étaient concordantes avec l'allure préalable du terrain. Mais cette concordance fait le plus souvent défaut, et alors apparaissent

l-i^'. 1-0. — La lalaiso do lOnibla, près de liaguso.

d'autres types de côtes, dont la Méditerranée nous offre de bons exemples.

Cette mer, dans sa forme actuelle, résulte d'une série d'effondrements, qui ont fait tomber au-dessous du niveau de la mer des compartiments plus ou moins étendus de la terre ferme. Bien des fois la rupture s'est produite suivant des fractures légèrement arquées, dont le côté interne s'est affaissé, tandis que le massif resté en place dessine le bord d'une cuvette submergée {/œsselbruch des auteurs allemands). C'est ainsi que, de Gibraltar à l'extrémité de la Catalogne, la côte d'Espagne se compose de quatre arcs concaves successifs, à faible courbure, qui marquent la limite occi-

dentale des cuves d'effondrement. La même chose a lieu de Naples à l'Etna par la Calabre, et ici, mieux encore que dans le cas précédent, tout le bord externe de la cassure est jalonné par des appareils volcaniques.

Quand ces phénomènes de cassure et d'effondrement atteignent leur plus haut degré de complication, sans doute parce qu'ils affectent des terrains offrant eux-mêmes une structure moins simple, les côtes s'accidentent de très longs promontoires, séparés par des golfes particulièrement profonds. Ce sont les côtes à grands lobes ou gelappten kûsten de M. Penck*. Le Péloponèse, avec ses trois golfes de Nauplie, de Marathonisi et de Coron ; la péninsule Chalcidique, qui étend dans la mer Egée comme une main à trois doigts, dont l'un porte le mont Athos; enfin l'île de Célèbes, avec son curieux aspect de roue sans jante, à quatre rayons proéminents et contournés, offrent les plus remarquables exemples de cette structure.

Les golfes, d'ordinaire plus longs que larges, ont jusqu'à 2000 mètres de profondeur et en moyenne on y mesure plus de 500 mètres d'eau. Parfois ils aboutissent, à plusieurs ensemble, sur un même petit bras de mer, qui sépare les promontoires d'une île située en avant. Tels sont les nadas du Japon, ce pays où les cassures qui ont déterminé le morcellement de l'archipel sont si nettes et si bien marquées par des volcans actifs.

Du reste, partout où régnent de telles structures, si caractéristiques de dislocations violentes et récentes, la fréquence des tremblements de terre démontre à quel point l'équilibre de ces parties de l'écorce est encore incertain.

Question des plaines d'abrasion marine. — Lorsqu'un rivage taillé en falaise subit un déplacement positif, la formation de la falaise doit être entravée; car la mer pénètre dans les vallées, et c'est une côte découpée, à la façon des rias ou des fjords, qui se substitue à la côte primitive. Si au contraire le mouvement est négatif, la plate-forme littorale émerge et devient une protection pour la côte située en arrière, à cause de la diminution qu'elle inflige à la puissance des vagues. Il suit de là que, en dehors des cas où le déplacement du niveau de base se ferait juste avec la même vitesse que l'attaque du rivage, une côte en falaise continue n'a de chance d'exister que là où la terre ferme et la mer gardent la môme situation relative *.

1. Morphologie f II, p. 583. — 2. Penck, Morphologie, II, p. 556.

PLAINES D'abrasion 283

Cette considération enlève beaucoup de probabilité à la formation des grandes plaines d'abrasion ou dé dénudation marine^ admises par divers auteurs, surtout en Angleterre. Dans cette hypothèse, on considère une falaise qui recule sans cesse, par suite d'une submersion progressive du terrain, tandis que la plate-forme littorale fait des progrès continuels, de sorte qu'à la longue elle se transformerait en une grande plaine sous-marine. Beaucoup de géologues ont cherché à expliquer de cette manière Taplanissement, d'ailleurs incontestable, de certains pays, tels quel'Ardenne, le Plateau Central (avant l'établissement des volcans) et les plaines crayeuses du nord de la France ou du sud de l'Angleterre.

Il est très possible que les choses se soient passées de cette façon dans quelques cas particuliers. Ainsi M. Barrois a signalé, sur la côte des Asturies, l'existence, entre la mer et la montagne, d'une plate-forme absolument plane, qui se serait constituée par abrasion marine à l'époque miocène. Mais nous doutons que cette explication convienne aux plaines si régulières que dessinent la surface de l'Ardenne et celle du Plateau Central. Il est beaucoup plus simple d'attribuer le résultat à l'érosion subaérienne, dont on sait que l'aplanissement est le terme inévitable. L'action marine \ ne doit être invoquée en pareil cas que si l'on a des preuves \ directes de son intervention. C'est justement ce qui manque ^ pour les plaines en question, où la géologie établit que l'aplanissement constaté a été consécutif d'une période continentale prolongée.

Pour l'Ardenne et le Plateau Central, il est certain que la mer les a depuis très longtemps abandonnés. Tout au plus pourrait-on être tenté de faire appel à l'abrasion marine pour rendre compte de la surface remarquablement plane, parfois même presque polie, que présentent dans le Boulonnais, à leur contact avec le terrain jurassique, les couches primaires disloquées; car la couverture de dépôts secondaires qu'elles portent atteste le retour de la mer, après une longue émersion. Or, comme par un fait exprès, entre les calcaires marins du jurassique et leur socle primaire, se montrent des sables et argiles à lignites, qui n'ont pu se former que dans des estuaires tranquilles. Le mouvement de transgression a été si lent, que la mer, dans son retour, a respecté ces couches essentiellement meubles. Ce n'est donc pas elle qui a produit l'aplanissement de leur support.

C^tôs plates. — Lorsque l'inclinaison du terrain aboutissant à Jg .^r est moindre que celle de la plage immergée, la vague ne

peut plus attaquer le rivage. Au contraire, elle y rejette, sous la forme d'un cordon littoral^ les graviers, sables et limons que le courant longeant la côte peut charrier. Cette provision de matériaux fait d'autant moins défaut qu'une côte très plate est le plus souvent formée par une plaine alluviale, due aux anciens débordements d'une rivière. Le cas d'une pénéplaine aboutissant directement à .la mer est fort rare, et en France on n'en pourrait guère citer d'autre exemple que celui de la côte plate de la Vendée auprès des Sables-d'Olonne. Le plus souvent donc, les fleuvrs arrosant la côte plate apportent des alluvions, dont les courants marins s'emparent, formant le long de la côte des traînées récrulières, qui poursuivent leur route sans avoir égard aux sinuosités du rivage, si celui-ci en présente. Ainsi le long de la Hollande, on estime qu'il circule sur le fond de la mer, au moment du flot, jusqu'à 50 ou 60 kilogrammes de sables et de vase par mètre cube d'eau, ce qui représente la charge d'un fleuve de montagnes en cruo*. Les courants littoraux contribuent par eux-mêmes, en dehors de la charge qu'ils portent, à la régularisation du contour des rivages. En effet, ils évitent les parties concaves, lesquelles deviennent des régions tranquilles, et se serrant contre les promontoires, ils les rongent en donnant à la côte, en ces points, un tracé convexe. Peu à peu les conditions se rapprochent de celles d'un contour d'équilibre, d'autant mieux que plus les rivages se simpliflent, et plus le dépôt des matériaux charriés par le courant intervient efficacement pour activer cette régularisation. En efîet, c'est avec ces matériaux que les vagues édifient le cordon littoral, et comme leur force s'amortit à la moindre anfractuosité, le cordon n'atteint pas le fond des anses. Il se dépose à leur entrée, à partir des promontoires qui les limitent, sous la forme de levées qui tendent à se rejoindre et finiront un jour par y parvenir, rectifiant toutes les inégalités du tracé primitif. L'ampleur de cette barrière s'accroît d'ailleurs des dunes, parfois très hautes, que le vent ne peut manquer d'y superposer, en soulevant le sable de plage que les rayons du soleil ont desséché et rendu incohérent à l'heure de la marée basse. Aussi le cordon littoral finit-il par former une digue, séparant de la mer, tantôt des lagunes qui communiquent encore avec elle par quelque ouverture, tantôt de vrais lacs isolés. (ha/J) qui, dans les climats humides, cessent bientôt d'être salés et se comblent par l'apport du ruissellement.

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