LIMANS. COTES CORALLIENNES
l'embouchure. Au contraire, cette formation serait entravée par un déplacement négatif accentué.
L'irrégularité avec laquelle s'accomplit le dépôt des troubles dans les deltas a souvent pour conséquence la formation de lacs, une portion de l'ancien estuaire se trouvant enfermée entre les alluvions déposées par plusieurs divagations successives du fleuve. Quand ces formations s'étendent, il en peut résulter des Ihnans.
Ceux de la Bessarabie sont, pour la plupart, des estuaires isolés de la mer par un cordon littoral que l'homme s'est appliqué à consolider. Mais leur formation peut avoir été plus complexe. Ainsi, quand un estuaire sans profondeur est envahi par la mer à la suite d'un changement de niveau, et que le fleuve n'amène pas assez de sédiments pour en construire un delta, les vagues, surtout dans une mer sans marées, créent à l'entrée de l'estuaire dos flèches de sable qui peuvent finir par se rejoindre, laissant en arrière une sorte de lac allongé. M. Sokolow attribue cette origine aux limans qui se succèdent, au nombre de 20, entre les bouches du Danube et le Don. Le plus grand, celui du Dniepr, mesure 60 kilomètres de long sur 12 de large.
Lorsqu'un liman se ferme, la faune marine finit par s'éteindre. Dans les limans ouverts, comme ceux du Dniepr, du Boug, du Dniester, il y a diminution progressive de la salure, et extension correspondante de la faune d'eau douce vers l'embouchure. Si les côtes est et sud de la mer Noire sont dépourvues de limans, c'est que la déclivité des rivages y a contrarié la formation des cordons littoraux *.
Côtes corallieimes. — A tous les types de côtes précédemment énumérés, il faut maintenant en ajouter un, qui dépend (l'un facteur absolument nouveau, l'intervention des êtres organisés. Nous voulons parler des constructions coralliennes, que les polypiers et autres organismes similaires édifient dans la zone torride, et qui, appuyées contre un rivage ou s'élevant au-dessus d'un socle immeï^é à moins de 70 ou 80 mètres de profondeur, se répartissent en récifs-bordures ou frangeants^ récifs-barrières et atolls.
Ce n'est pas ici le lieu d'indiquer les conditions dans lesquelles se construisent les récifs, ni de montrer comment de simples bnsants^ immergés à haute mer, finissent par constituer des îles où la végétation peut s'implanter. Ce qu'il importe de dire, c'est que les récifs, pour la prospérité desquels le choc violent des vagues semble être