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ILES SHETLAND. DISTRICT DES LACS

à la fois la stratification presque horizontale du grès et sa division par des fissures verticales.

Les Shetland diffèrent beaucoup des Orcades. Autant les contours de ces dernières sont capricieux, autant ceux des Shetland sont réguliers dans Tensemble, laissant prédominer une direction presque nord-sud, qui fait, de la plus grande partie de ces îles, d'étroites arêtes rectilignes. Ces falaises sont exceptionnellement abruptes, plongeant du pied dans une eau profonde, et, dans la petite île de Foula, poste avancé du groupe, elles sont coupées à pic sur une hauteur qui va jusqu'à 372 mètres. La tourbe domine dans l'intérieur, où des surfaces moutonnées se montrent à une grande hauteur, et la nature y est essentiellement septentrionale, comme aussi la population, d'origine franchement Scandinave.

On sent, rien qu'au dessin, que ce groupe d'îles ne doit pas appartenir à la même formation que les Orcades ; et, en effet, si un peu de vieux grès rouge dévonîen se montre dans la partie orientale, tout le reste est constitué de schistes anciens fortement comprimés, débris des racines de la chaîne calédonienne, qui se poursuivait de l'Ecosse au cap Nord. Dans ce massif de très antique consolidation, l'écroulement atlantique a produit des cassures franches, qui expliquent l'allure rectiligne des rivages.

Angleterre. District des Lacs. — C'est à l'Angleterre proprement dite qu'est exclusivement réservé le contraste de la région occidentale, montueuse et de sol ancien, avec les plaines tournées vers l'orient et presque en totalité tributaires de la mer du Nord.

Trois unités doivent être distinguées dans le massif paléozoïque de l'ouest : 1** le District des Lacs y surtout silurien, appartenant à la fois au Cumberland et au Westmoreland, et que borde à l'est la chaîne Pennine, avec ses larges affleurements de carboniférien inférieur, et son ruban de terrain houiller qui s'étend de Newcastle au Derbyshire; 2" le Pays de Galles^ principalement précambrien et silurien, avec la bande de même âge du Shropshire et le terrain houiller du Midland et de Cardiff; 3° le pays de la Cornouailte, où le granité occupe une grande place, au milieu d'un fond de schistes surtout dévoniens.

Le District des Lacs, séparé de l'Ecosse parla profonde coupure du Firth de Solway, est un massif montagneux ancien, dont la principale cime, le Scafell, approche de 1000 mètres, et que l'érosion, complétant l'œuvre des dislocations, a depuis longtemps divisé en lambeaux. Son trait principal est une ligne de dépression centrale, alignée au nord-nord-ouesl, et suç laquelle se succèdent, en

un double sillon : à gauche et au nord, les lacs Bassenthwaile, Derwentwater, la vallée de Borrowdale et ses prolongements ; à droite et au sud, le Thirlmere et, au delà d'un seuil qui n'a que 240 mètres d'altitude, le Grasmere et le long Windermere. D'ailleurs les vallées transversales du grand et du petit Langdale accusent, au cœur môme du massif, une dislocation à peu près perpendiculaire à la première.

Les lacs, bien connus maintenant depuis la description si précise qu'en a donnée M. Mill *, sont tous remarquablement allongés, et du même type que les lochs d'Ecosse. Ce sont essentiellement des lacs de vallées de fracture, aux flancs raides, où la partie soiislacustre est souvent le prolongement exact du versant émergé et parfois même affecte une pente plus forte, jusqu'à son raccordement avec un fond plat. A l'exception d'un seul, dont le niveau esl à 211 mètres au-dessus de la mer, tous les lacs ont des altitudes faibles, comprises entre 40 et 145 mètres ; leurs plus grandes profondeurs variant de 21 à 79 mètres, il en est trois dont le lit descend plus bas que la surface de l'océan, notamment le Windermere, le plus extérieur de tous, dont la fosse d'amont a son maximum de profondeur à la cote — 30. Nulle part les eaux ne sont retenues à l'aval par des barrages morainiques, et le profil en long de la partie sous-lacustre fait ressortir des fosses indépendantes, exactement comme dans les fjords.

Origrine des lacs. Relief du paye. — En somme, la seule différence qu'il y ait entre ces lacs et les lochs d'Ecosse, c'est qu'un climat plus doux a chassé les glaciers du Cumberland plus tôt que des Highlands. L'œuvre du comblement des dépressions et de l'adoucissement des pentes y est donc plus avancée, et c'est ainsi qu'ont déjà disparu sous lesalluvions les anciens lacs d'Ennerdale, de Borrowdale, de Langdale, etc. ; c'est ainsi également que s'est opérée la séparation du Derwentwater et du Bassenthwaite, grâce à l'apport continuel des rivières affluentes, pendant que presque partout les versants perdaient leur raideur originelle et que des deltas fluviaux diminuaient l'ampleur des lacs. Ce travail atténue la sévérité primitive de la région, et, avec l'aide de la riche végétation entretenue par le climat, le District des Lacs a conquis le charme particulier qu'on s'accorde à lui reconnaître. Mais l'origine première des cavités lacustres est la même qu'en Ecosse, et doit être avant tout cherchée dans la dislocation d'un massif ancien, sculpté par

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