‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 19 sur 364 · AnllUz der Brde · texte numérisé non relu

AnllUz der Brde

cassure que les foyers éruptifs laissent soupçonner s'était produite dans Taxe et non sur les bords de l'océan. Son histoire géologique est d'ailleurs tout autre que celle du Pacifique, et impose l'idée d'une formation très tardive des deux extrémités, boréale et australe, de cette mer. Enfin l'Atlantique offre, sur la plus grande partie de ses rivages, un fait inconnu sur les bords du Pacifique ; c'est l'existence d'une large plate-forme immergée à moins de 200 mètres de profondeur, qui forme comme un socle continental, au delà duquel seulement la pente se prononce et devient extrêmement brusque.

Dépression méditerranéenne. — Mais le tableau des grandes dépressions maritimes n'est pas encore complet. Une autre doit entrer en ligne de compte, plus compliquée dans son dessin et plus morcelée, et cependant bien caractéristique dans sa direction transversale aux précédentes. On peut l'appeler la dépression méditerranéenne^ non seulement parce que la Méditerranée actuelle se trouve sur son passage, mais parce qu'elle partage en deux les masses continentales.

Entre les deux Amériques, cette dépression se révèle par les fosses du golfe du Mexique et de la mer des Antilles, remarquables à la fois par leur profondeur, par la raideur des pentes sous-marines et par la présence des appareils volcaniques. Elle s'accuse ensuite par le grand chenal qui sépare les Canaries des Açores, et, au delà du détroit de Gibraltar, on la retrouve sous la forme des cuvettes successives, aux bords jalonnés par des volcans, qui par leur ensemble composent la Méditerranée. Alors elle se bifurque, et, tandis qu'un de ses bras donne la mer Noire, avec son prolongement aralo-caspien, naguère bien plus étendu qu'aujourd'hui, l'autre se trahit par les dépressions de la mer Rouge, du golfe Persique et de l'océan Indien. Enfin, par les îles de la Sonde, qui s'élèvent tout d'une pièce d'un socle situé à plus de 5000 mètres de profondeur, s'opère la jonction de la dépression méditerranéenne avec les fosses longitudinales du Pacifique; et cette rencontre, qui dissimule à peine le rattachement de l'Australie au continent asiatique, est précisément marquée par un développement tout à fait grandiose de l'activité volcanique.

Ce n'est pas tout. Sur les bords de la dépression méditerranéenne, et parallèlement à son axe, s'accumulent des rides montagneuses de premier ordre. En Europe, c'est la Cordillère bétique, puis toute la chaîne alpine, prolongée par les Balkans, et, au delà du Pont-Euxin, par le Caucase. En Afrique, c'est l'Atlas. En Asie,

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ce sont les chaînes iraniennes, le gigantesque Himalaya et les montagnes de Tlndo-Chine. En Amérique, c'est, d'un côté, le bourrelet presque entièrement immergé des grandes Antilles, de l'autre la série des rides côtières du Venezuela.

Par là se manifeste le caractère essentiel de cette traînée de mers continentales. Ce n'est pas seulement, comme le Pacifique, une région faible de l'écorce terrestre, prédestinée de longue date à rabaissement : c'est aussi la zone où se sont concentrés les efforts de refoulement qui ont dressé en plis gigantesques les bords de cette dépression, partout serrée, pour ainsi dire, entre deux bandes stables. Dans l'ancien monde, ces dernières sont, d'une part VEurasiey c'est-à-dire l'ensemble de l'Europe et de l'Asie, moins les péninsules arabique et indienne : de l'autre, Vlndo- Afrique, avec l'Australie, territoire aujourd'hui morcelé, mais trahissant dans tous ses lambeaux la même conformation en larges plateaux réguliers, dont la géologie révèle la continuité originelle. Dans le Nouveau Monde, les zones stables senties deux Amériques, dont la jonction par Tisthme de Panama est de date récente, et qui l'une et l'autre, du moins pour la partie située à l'est de la Cordillère, ont été constituées, dans leurs traits essentiels, depuis les âges géologiques les plus reculés.

L'état particulier d'instabilité de la dépression méditerranéenne ne s'accuse pas seulement par les bourrelets montagneux qui en occupent les bords. Comme contre-partie de ces rides, une série de fosses d'effondrement s'y succèdent, entourées par des volcans actifs ou récemment éteints ; et les tremblements de terre y exer* cent souvent leurs ravages, comme une preuve nouvelle du défaut d'équilibre de la région.

Remarques générales sur le dessin de la surface terrestre. — En résumé, à travers les analogies que nous avions signalées en premier lieu, un dessin véritable apparaît dans la disposition réciproque des terres et des mers. Il n'est donc pas superflu de chercher à ajouter quelques traits qui achèveront d'en préciser la physionomie.

Le premier est la remarquable concentration des surfaces continentales dans. Thémisphère boréal, et, de préférence, dans les hautes latitudes de cet hémisphère, avec un maximum d'épanouissement non loin du cercle polaire arctique. Alors que, d'une manière générale, la superficie des mers est à celle de la te^^re ferme comme 252 est à 100, ce rapport, pour l'hémisphère en question, s'abaisse à 150 p. 100, tandis que, pour la partie australe du globe, il est voisin de 480 p. 100.

Cette inégalité de distribution peut être encore mieux mise en évidence si Ton choisit pour pôle un point situé aux environs de Cloyes (Eure-et-Loir), par 48« lat. N., et 0*50 long. 0. de Paris *. Dans ce cas, on forme autour de ce pôle un hémisphère continental, où le rapport de la surface de la mer à celle de la terre ferme est 1,1, et un hémisphère océanique ^ où la proportion atteint 9. Le premier contiendrait, à lui seul, 120 millions de kilomètres carrés, sur 145 au maximum qu'en renferme le globe entier.

Rien n*est plus propre à faire ressortir combien la figure de Técorce solide est éloignée de ce qu'en géométrie on appelle une figure centrée^ c'est-à-dire telle que ses points se correspondent deux à deux par rapport à un point intérieur, à des distances égales de ce dernier. Au contraire, on peut dire que le caractère essentiel de la surface de Técorce est V opposition diamétrale des saillies et des dépressions. Un vingtième seulement de la terre ferme voit ses antipodes coïncider avec des surfaces continentales. Tout le bloc formé par TEurope, TAsie et l'Afrique a ses antipodes en plein océan, à l'exception de l'Espagne, qui correspond à la Nouvelle- Zélande, et d'un triangle correspondant à l'extrémité méridionale de l'Amérique du Sud, lequel triangle a sa pointe au lac Baïkal, et sa base étalée entre le Siam et Pékin. C'est pourquoi on a pu comparer l'écorce solide à une sorte de pyramide à quatre faces triangulaires plus ou moins déformées, dont trois pointes feraient saillie dans les hautes latitudes de l'hémisphère boréal, tandis que la quatrième irait sortir au pôle austral sous la forme du continent antarctique, diamétralement opposé à la n^er Glaciale arctique. On peut ajouter que cette vue d'ensemble trouve une remarquable confirmation dans le fait que les unités continentales, laidement épanouies dans le nord, se terminent toutes en pointe vers le sud.

Un fait non moins frappant est la déviation vers Vest qui affecte tous les prolongements méridionaux des masses continentales. Très sensible dans le Nouveau Monde, où le méridien de Panama, qui n'empiète pas sur l'Amérique du Sud, n'isole du même côté que la pointe nord-est de l'Amérique du Nord, cette déviation est manifeste en Afrique, mais surtout en Asie, dont le prolongement australien est tout entier à l'est du méridien passant par la pointe nord du lac Baïkal.

D'un autre côté, si l'on cherche à préciser la zone où se produit cette déviation, on trouve qu'elle coïncide partout avec la ren-

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