‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 18 sur 364 · GRANDES AIRES OCÉANIQUES · texte numérisé non relu

GRANDES AIRES OCÉANIQUES

ment effondré, tout autour duquel des cassures ou des plis oi^t relevé les bords des compartiments voisins.

C'est donc bien une dépression dans toute la force du terme ; et ce rôle paraît lui avoir été dévolu de très longue date, car l'étude géologique nous montrerait le Pacifique constitué, à l'état d'océan, à peu de chose près dans ses limites actuelles, depuis les derniers temps de l'ère primaire. De telle sorte qu'on peut le regarder comme un des éléments les plus stables de la géographie.

Tout autre est la constitution de l'Atlantique, comme l'a si bien fait ressortir M. Suess '. Autant les rides de l'écorce semblaient chercher à s'accumuler contre le bord du Pacifique, autant elles évitent, pour ainsi dire, les rives de l'Atlantique* Quand une chaîne y rencontre la mer, c'est à angle droit, comme les Pyrénées, la Cordillère bétique, l'Atlas marocain. La montagne s'arrête, coupée net par la côte, sans abaissement préalable de la crête. En outre, UD immense territoire continental est tributaire de cet océan, qui reçoit des fleuves considérables, comme le Saint-Laurent, le Mississipi, rOrénoque, l'Amazone, le Rio de la Plata, le Niger, le Congo, etc. Mais ce n'est pas directement vers la partie centrale de la mer que ces fleuves se rendent. Le Saint-Laurent, d'un côté, le Mississipi de l'autre, ^ divergent en encadrant, comme pour l'éviter, un territoire triangulaire, celui des AUeghanys ou Appalaches, dont l'altitude est plus forte que celle de tout le reste du bassin. De la même façon, l'Amazone et le Paraguay entourent en divergeant le grand plateau brésilien, dont l'altitude ne cesse de croître jusqu'au rivage, comme s'il avait été brusquement tranché entre Bahia et le Rio de la Plata.

Du côté de l'Afrique, c'est un plateau encore mieux caractérisé qui bute contre la côte. Il ne s'y manifeste aucune échancrure principale, aucune convergence régulière des pentes vers l'Atlantique. Les grands cours d'eau affectent un tracé capricieux et incertain, comme s'ils se résignaient mal à sortir du continent, et, en même temps, comme s'ils réunissaient plus ou moins arbitrairement des tronçons d'origine et d'histoire diverses.

Quant à l'océan lui-même, deux longues croupes sous-marines en accusent l'axe, lune de Tristan da Cunha à Saint-Paul, l'autre du tropique nord à l'Islande, passant par les Açores. Et c'est justement sur ces croupes que s'alignent les témoignages de l'activité volcanique, absents du rivage même de l'Atlantique; comme si la

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