‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 210 sur 364 · BOCAGE. DETAILS 1)L* MASSIF · texte numérisé non relu

BOCAGE. DETAILS 1)L* MASSIF

rejoindre, sous le détroit de Poitiers, les larges traînées de même nature qui courent à travers le Plateau Central. Les surfaces occupées par le grès dit armoricain forment des bandes élevées, prédestinées à la stérilité ; et comme les granités, ainsi que certaines variétés de schistes, ne sont pas mieux favorisés au point de vue agricole, il en résulte que la Bretagne est, par excellence, le pays des landes alignées.

Là où les schistes sont tendres et se prêtent à la formation des prairies, le pays revêt un tout autre caractère, et les nombreuses haies d'arbres qui limitent les pâtures lui donnent un aspect verdoyant et boisé qui justifie le nom de Bocage, applicable surtout aux parties orientales du massif armoricain, c'est-à-dire à la lisière normande et au bord poitevin [Bocage normand^ Bocage vendéen).

Quant aux rivages, la façon dont les bandes de duretés diverses y aboutissent entraîne le développement plus ou moins accentué de la structure des rias\

Détails divers sur le massif armoricain. — Si, avec M. Barrois ^, on pousse plus loin l'analyse du massif armoricain, on trouvera que la Bretagne proprement dite se compose, en réalité, de deux pénéplaines, adossées Tune à l'autre, ou plutôt séparées Tune de l'autre par un synclinal complexe. Celle du nord plonge plus rapidement vers la mer que celle du sud.

La pénéplaine septentrionale débute, à l'ouest, par le plateau du Léon, qui se rattache à l'île d'Ouessant. Elle continue par le Trégorrois, où s'observent les racines du plus ancien appareil éruptif de la France, et, par le pays de Potidouvre, va se rattacher au Penihiévre, Les Montagnes d'Arrée forment le rebord méridional culminant du plateau de Léon, surtout granitique.

La dépression centrale de l'Armorique se divise longitudinalement en trois parties : à l'ouest le bassin de Châteaulin^ sorte de cuvette allongée, s'ouvrant au sud, et dont le sol entièrement schisteux est propice aux herbages ; au centre, le plateau de Rohan, long massif anticlinal qui se poursuit vers Rennes, et où dominent les phyllades ; à l'est, le bassin de Laval, synclinal bien marqué, où la variété des couches est grande, et où il y a abondance de calcaires. Les Montagnes Noires, avec leurs crêtes de quartzites siluriens, sont le rebord, dominant la dépression de Châteaulin, d'une haute bande qui prolongerait le plateau de Rohan.

Enfin la pénéplaine méridionale comprend à l'ouest la Cor-

1. Voir plus haut, p. 271. — 2. Annales de géographie, 180*. p. 23.

nouailley la partie la plus « bretonnante », et, à Test, le plateau tie Bain de Bretagne^ aux lonj^ues traînées alignées de schiste et de grès.

La Cornouaille (on écrit souvent les Cornouailles) est un plateau de landes, sans autres saillies que celles qui résultent des différences de dureté. Les mêmes différences, se faisant sentir sur les quartzites, les schistes tendres et les phyllades, ont déterminé les diverses échancrures de la baie de Douarnenez et de la rade de Brest.

Un trait remarquable de la topographie armoricaine est le Sillon de Bretagne^ escarpement rectiligne qui se poursuit, de Nantes au Pays de Coislin, avec une direction ouest-nord-ouesl. M. Barrois ' y voit Teffet d'un long filon de quartz, qu'on peut suivre sur 140 kilomètres, et qui aurait arrêté l'effort de Térosion marine, en permettant le comblement d'un ancien Morbihan, dont la Grande Brière représente un reste.

La Vilaine s'écoulait autrefois dans ce golfe, suivant un parcours encore marqué par les étangs de Théhillac, de Missillac et la vallée du Méan. Mais la rivière aurait été capturée par le progrès «lu cours d'eau de la Roche-Bernard, d'autant plus facilement que la Loire se décantait dans la Grande Brière et finissait par l'envaser. Aujourd'hui le ruisseau de Brivet y prolonge seul la direction de la Vilaine.

Le bord oriental du massif de l'Armorique est affecté de dislocations qui mettent en relief un certain nombre de districts spéciaux, où domine le grès armoricain, couronné par des bois : la Charnie^ les Coëvrons, où les tufs éruptifs anciens jouent un grand rôle, le Pail, le massif d'Écouves, et, en avant, formant îlot au milieu du jurassique, la Foi^él de Perseigne.

DépresBions du massif. Effets de l'érosion. — Un sillon oblique vient rompre l'homogénéité orographîque du massif armoricain. C'est la coupure profonde par laquelle la Loire l'entame à partir d'Angers. Pour en comprendre l'existence, il faut savoir reconnaître sur ses bords les traces, aujourd'hui bien morcelées, de diverses invasions marines, dont la plus remarquable, datant de la fin de l'époque miocène, s'est fait sentir jusqu'aux portes de Blois. Par moments, la mer, submergeant toute la dépression de Rennes, a dû faire de la Bretagne- une île. La Vilaine, Tille et la Rance marquent la place de ce détroit miocène.

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