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MASSIF ARMORICAIN

canique se trouvent dans la région où s'observent les formations glaciaires. Les uns sont de simples dépressions au milieu des moraines; d'autres (lacs de Menet, de la Crégut, de Laspialades) seraient, d'après M. Boule, des bassins creusés dans la roche dure.

La forme en berceau des vallées de la Gère et de l'Alagnon montre bien qu'elles ont été façonnées par les glaces. Celles-ci, en rendant les versants plus abrupts, ont fait remonter le point

Fig. 136. — Butte do gneiss granulitique, moutonné et strié par les anciens glaciers, près du v-illago du Peyroux (Cantal). Photographie de M. Boule.

de débouché des affluents, aujourd'hui réduits à se déverser en cascades.

Massif armoricain. Caractères généraux. — Dans son ensemble, TArmorique est, comme le Plateau Central, une pénéplaine. Mais son niveau est demeuré assez stable pour n'y pas entraîner la formation de gorges profondes, et sa composition beaucoup moins homogène comporte des difi^érences assez notables de dureté, que la topographie générale ne peut manquer de traduire.

Ce qui caractérise essentiellement le grand massif armoricain, c'est sa tendance à se relever vers l'ouest, de manière à présenter ses parties culminantes du côté de l'océan. On voit ainsi que ce doit être une ruine, en grande partie démolie par les flots de l'Atlantique, comme l'attestent d'ailleurs les îlots détachés de l'île d'Yeu, de Noirmoutier, de Belle-Ile, des îles anglo-normandes, etc. Un

second caractère est la tendance marquée des lignes de hauteurs latérales à se rapprocher de plus en plus à l'ouest, comme si elles allaient converger vers quelque point situé au large du Finistère.

Ainsi, quand on part de Brest, on voit se dessiner une bande septentrionale culminante, le pays de Léon^ sur le bord de laquelle se dressent les Montagnes cVAiTée^ qui se répercutent parallèlement dans la haute traînée d'Avranches à Morlain. Au pied de cette bande se remarque une dépression bien accusée, que suivent la rivière de TAune et le canal de Pontivy. Étroite dans l'ouest, cette dépression s'élargit notablement aux environs de Rennes. Enfin, du côté du sud, elle est bornée par la haute bande de la Cornouaille bretonne, précédée par la chaîne des Montagnes Noires. Or la direction de ces hauteurs méridionales s'infléchit de plus en plus au sud-est, comme on le voit dans les Landes de Lanvaux, et mieux encore à l'extrémité vendéenne du massif, dans les Hauteurs de Gàtine. (Test comme un épanouissement progressif du faisceau breton, à mesure qu'on se rapproche du bassin parisien.

Disposition des plis armoricains. — Cette structure a sa raison d'être dans la géologie. Les terrains primaires très variés, dont l'Armorique se compose, après s'être déposés, pour la plupart, dans de larges concavités du massif, ont été un jour refoulés, en plis à peu près parallèles, dans le sillon que limitaient la bande archéenne du sud et les traînées précambriennes ou granitiques «lu nord. Etranglés entre la Cornouaille et le Léon, les plis ont pu se dilater en éventail du côté de l'est. Tous, et en particulier les longs alignements de granité, accusent les racines d'une ancienne chaîne de montagnes*, dont la surface rabotée est devenue une pénéplaine. De la sorte, les divers terrains y affleurent en bandes longitudinales étroites, qui donnent à une carte géologique un aspect rubané, et c'est de la dureté plus ou moins grande de ces affleurements que dépendent surtout le relief du sol comme le dessin des rivages.

Ainsi la dépression médiane du Finistère, celle de Carhaix, correspond aux schistes tendres du terrain houiller. La saillie si visible des Montagnes Noires tient à la dureté de la bande de grès compacts qui apparaît dans son axe, et les Monts d'Arrée sont une chaîne granitique. Le granité domine dans les Hauteurs de Gâtine, où son affleurement s'élargit de plus en plus vers le sud, allant

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