VINGT ET UNIÈME LEÇON SUITE DE LA ZONE DES MASSIFS ANCIENS
Aperçu grénéral. — S'il est un pays qui mérite d'être décrit avec la zone des anciens massifs, c'est assurément la péninsule ibérique; car presque toute sa surface représente un noyau continental, individualisé dès la fin des temps primaires, et qui n'a laissé les mers secondaires arriver que sur ses bords extrêmes. Sa résistance a imposé une limite occidentale à l'action des poussées orogéniques de l'époque tertiaire ; si bien que ce qui appartient en propre aux grands plissements alpins se trouve rejeté en Andalousie, sous la forme d'un appendice qui, pour être collé à l'Espagne, n'en fait pas moins réellement partie du grand système de l'Atlas africain.
Façonné en un triangle à peu près isocèle (fig. 142), dont la base s'appuie à l'Atlantique, tandis que sa pointe touche presque la Méditerranée près du cap de la Nao, le massif ibérique se présente aujourd'hui sous la forme d'un grand plateau ou Meseta, de 700 mètres d'altitude moyenne. Ce n'est rien autre chose qu'une pénéplaine, d'où l'érosion avait fait disparaître, au début de l'ère secondaire, les montagnes qui s'y étaient dressées avant la fin des temps carbonifériens.
Depuis lors, les dislocations tertiaires en ont un peu modifié l'allure. Tandis qu'au nord-est et à l'est les couches secondaires y
1. Nous avons largement ulilisé, pour ce résumé de la géographie de l'Espagne, le chapitre si complet et si remarquable que M. Theohald Fischer a consacré à ce pays dans la Lânderkunde de Kirchhoff, ainsi que le livre de M. de Bolella sur la géographie physique de TEspagne.
subissaient un relèvement, conséquence de la flexion du bassin de rÈbre, des dépressions naissaient dans la partie orientale de la Meseta, et devenaient de grands lacs d'eau douce. Sans doute aussi un exhaussement de la partie atlantique contribuait à cet état de choses. Car, en moyenne, les régions les plus élevées du massif ancien sont celles de Touest.