SIERRAS CASTILLANES
barrière ait ainsi cherché à se dresser entre l'Atlantique et le plateau ibérique, et cet obstacle correspond justement à une large traînée archéenne et granitique, tandis que les terrains primaires dominent à Test.
D'un autre côté, le drainage du plateau s'opère par une série de fleuves parallèles qui, après avoir suivi longtemps de très larges vallées dans la direction de l'est à l'ouest, achèvent tous leur cours par des gorges profondes, semées de rapides et de cascades. Il est donc vraisemblable que la Meseta a dû être relevée vers l'ouest, peut-être par le mouvement même qui créait les dépressions lacustres, et la rapidité avec laquelle les fonds sous-marins s'abaissent au large, jointe au contour rectiligne de la côte, est plutôt de nature à appuyer cette hypothèse. Seulement, l'exhaussement aurait été assez lent pour respecter le sens de l'écoulement des fleuves, qui n'auraient eu qu'à approfondir leurs lits dans le territoire portugais en voie de surrection; ce qui les oblige à couler souvent dans des défilés étroits, comme ceux qui caractérisent le cours inférieur du Tage et ont motivé le nom du fleuve.
D'autre part, l'embouchure si profonde de ce fleuve n'a rien à voir avec cette structure; elle marque la place d'un ancien golfe miocène et pliocène.
Partie orientale. Sierras castillanes. — Dans l'est, la Meseta est peu accidentée, à cause de l'horizontalité des dépôts lacustres tertiaires, qui forment 24 p. 0/0 de la surface de la péninsule*. Ailleurs les principales diflerences de niveau sont le résultat de l'érosion, qui a mis en saillie les roches les plujs dures. C'est surtout à cela qu'est dû le relief de la chaîne castillane. Le déboisement a accru cet effet, et l'altitude aidant, le plateau ancien abonde en solitudes sauvages, avec des vallées encombrées de cailloux.
Les hauteurs castillanes divisent la Meseta en deux bassins, celui du nord ou Vieille-Castille, et celui du sud ou de la Nouvelle^ Castille. La chaîne séparative comprend les Sierras de Gâta, de Gredos et de Guadarrama, surtout archéennes, plus raides au sud qu'au nord et dessinant une série de chaînons en escalier, tous alignés au nord-est. Elle s'atrophie peu à peu vers l'est, et passe insensiblement au plateau triasique de Medinaceli, en couches presque horizontales, de 1200 à 1300 mètres d'altitude.
Les Sierras de la Castille sont la mise en évidence des anciens accidents nord-est du massif primaire. Or à partir de la rencontre