‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 239 sur 364 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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plaines : Tune, antérieure à l'irruption des eaux tertiaires, l'autre, de date miocène, et qui est encore reconnaissable là où les épanchements basaltiques l'ont préservée *.

Thuringe. — A l'époque où la mer avait envahi les golfes de Bonn et de Cassel, un autre estuaire s'était formé qui, par la vallée de la Saale, avait réussi à pénétrer assez profondément dans la Thnringe. Les dépôts oligocènes y ont recouvert un territoire dont le fond était formé de couches triasiques. Dispersés ensuite par l'érosion, ils ont laissé, en beaucoup de points, apparaître le soussol, qui montre tantôt les surfaces nues du muschelkalk, tantôt les ondulations douces des marnes du trias supérieur. Sur les bords, la région plate s'appuie contre la Forél de Thuringe par un ruban de grès bigarré, qui dessine un palier uniforme, assis sur des roches perméables, à surface boisée. Ce ruban s'allonge entre la montagne et la dépression, comme une voie naturelle de transit, jalonnée par de nombreux centres de population *.

Des surfaces triasiques mises à découvert, c'est le Muschelkalk qui offre le plus d'irrégularité. Sa dureté Ta généralement laissé en saillie aux affleurements, de sorte que ce sont les couches marneuses et délitables du trias supérieur qui forment, sous l'oligocène, le fond de la dépression. Ainsi s'est constitué un territoire où de grasses prairies, arrosées par des cours d'eau aux pentes douces, qu'alimentent les sources issues du Muschelkalk, alternent avec des champs labourés.

La Forêt de Thuringe est une sorte de muraille de 100 kilomètres de longueur, élevée de 400 à 500 mètres au-dessus de la dépression thuringienno, et découpée par des vallées profondes, qui lui donnent l'aspect d'une chaîne et non celui d'un plateau. C'est un petit pays pittoresque, auquel ses superbes bois et la variété de ses formes prêtent un charme particulier Cette variété tient au mélange de porphyres, de grès rouges, de tufs et de bancs de conglomérats, qui détermine la physionomie changeante des vallées, tantôt élargies et tantôt resserrées '. Les assises triasiques s'appuient contre un noyau archéen et primaire, dont la haute Werra suit le pied en contournant le Rhon.

L'allure du pays tient à la superposition d'anciens accidents nord-est, plus tard rabotés et recouverts de dépôts permiens, enfin disloqués à l'époque tertiaire par des cassures nord-ouest. L'une

1. Penck, Miiteldeulsche GefArgsschwelle [Kirchho/fs Ldnderkunde. p. 322). —

2. Kaîscmacher et KirclihofT, in Auerbach, Annales de géographie, V, p. 410. —

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