‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 261 sur 364 · APKNNIN ROMAIN. APENNIN NAPOLITAIN · texte numérisé non relu

APKNNIN ROMAIN. APENNIN NAPOLITAIN

L'Apennin romain est encore assez nettement plissé ; dans l'Apennin transtévérin, on distingue deux ou trois séries de dômes, qui se recourbent nettement vers le sud-sud-est, comme si, à travers là mer, ils allaient rejoindre la Tunisie. Les plissements s'atténuent beaucoup dans la chaîne des Abruzzes, où Ton trouve surtout des failles, le long desquelles les compartiments ont joué. On voit encore quelques rivières y couler longitudinalement entre deux chaînons; mais le nombre des cassures transversales augmente. Cela tient non seulement à la nature moins souple des assises, mais aussi à l'approche du territoire de grandes dislocations qui embrasse toute l'extrémité de la péninsule.

La haute terre plissée de VOmbrie et le plateau montueux, difficile d'accès, des Abruzzes, où les calcaires crétacés dominent, et que prolongent à l'ouest les plis aplatis des Monts de la Sabine^ séparent l'Apennin moyen du Latium, abondant en produits volcaniques. La Campagne Romaine, faite de tufs imperméables, est une steppe sans habitants, à cause des émanations marécageuses, mais où se dresse l'oasis des Monts AlbainSy formant un grand cirque avec un cratère central, d'où les laves ont coulé, et près duquel s'ouvrent les lacs-cratères d'Albano et de Nemi. Les volcans du Latium, qui édifiaient encore des tufs aux premiers siècles de Rome, ont couvert, réunis à ceux de la Toscane méridionale, un espace énorme de leurs puissantes accumulations, aidant ainsi la terre ferme à conquérir un espace notable sur la mer. A la suite viennent les Marais Pontins, où les dunes empêchent l'écoulement des eaux d'un sol sans pente, que limitent les Monts Lepini, au sol calcaire.

Apennin napolitain. — Tandis que, dans l'Apennin septentrional, les plis étaient toujours visibles, quoique souvent décrochés en escalier, la partie méridionale de la chaîne, bien qu'encore plissée, est surtout caractérisée par son état de morcellement. Il n'y a plus de chaînons parallèles, et des massifs, les uns calcaires, les autres cristallins, surgissent, formant parfois de hautes surfaces. On sent qu'on approche d'un terrain essentiellement disloqué. Deux divisions s'y reconnaissent, séparées par la puissante coupure du Crati, trace d'un ancien golfe pliocène. Ce sont V Apennin napolitain et V Apennin calabi^ais.

Le premier est principalement calcaire, et les failles qui disloquent le terrain se traduisent souvent par de blanches murailles, polies et miroitantes.

A l'ouest apparaît l'ancien cirque volcanique de la Campanie, entouré de calcaires coupés net en falaises, et se prolongeant

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jusqu'à Gapri. Il y eut là à la fois soulèvement d'un golfe et remplissage par des dépôts volcaniques, qui donnent au pays une grande fertilité. Cette riche plaine, la plus étendue de l'Italie après celle du Pô, est séparée de Naples par les Champs phlégréenSy abondants en manifestations volcaniques de date récente, et au delà desquels se dresse le Vésuve.

Contre l'Apennin napolitain s'appuie IsiPouille, qui semble devoir être rattachée au promontoire du mont Gai^ano. C'est une plateforme de calcaire crétacé compact, absorbant si bien les eaux que depuis rOfanto jusqu'à Otrante on n'y voit pas un seul fleuve. Cette plaque est limitée au sud-ouest par un ruban pliocène, trace d'un ancien détroit, contre lequel elle se relève sous un angle notable par des escarpements qui ont jusqu'à 200 mètres. Ce sillon est suivi par le Locone et le Basentiello.

Il est probable que la plate-forme de la Fouille et du Mont (iargano s'avançait au nord dans ce qui forme aujourd'hui l'Adriatique, jusque vers le parallèle d'Ancône. Le long du littoral, à cette hauteur, la vague rejette souvent un sable dur, de provenance archéenne. Les conglomérats tertiaires des monts de Pesaro, el les marnes miocènes du sud de la Romagne, renferment des fragments de schistes cristallins. Tout cela semble dénoter, conformément à l'hypothèse de Neumayr, une Adriatide aujourd'hui effondrée*.

Apennin calabrais. — L'Apennin calabrais débute par le district essentiellement triasique, avec versants éocènes et crétacés, do la Basilicate et de la Lucanie, dont le point culminant est au Monte Pollino (2271 m.). On y trouve de grandes étendues désertes, aux cimes abruptes et anguleuses, et quelques cours d'eau profondément encaissés. Par endroits, le pays est un vrai Karst, et les dolines {vacanti) sont fréquentes au Cozzo Pellegrino. C'est là qu'éclate principalement l'absence, ou du moins le peu d'importance, des phénomènes de plissement. C'est aussi en Calabre que le pliocène a été soulevé jusqu'à 1000 mètres.

Dès le début de la péninsule calabraise, la profonde coupure du Crali, ancien détroit pliocène, vient interrompre le massif triasique de la Lucanie. Mais de l'autre côté apparaît la masse granitique de la Silay s'élevant jusqu'à 1900 mètres et qui, par ses formes arrondies et ses larges vallées, fait un contraste marqué avec les déserts calcaires de la région précédente. L'ancien détroit

, 1. Slerano Traverso, Soc, ligustica di. se. naturali, 1896.

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