‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 262 sur 364 · SICILE, MALTE. PÉNINSULE BALKANIQUE · texte numérisé non relu

SICILE, MALTE. PÉNINSULE BALKANIQUE

pliocène de Catanzaro interrompt la Sila; mais le granité se retrouve au cap Vaticano. Enfin au sud se dresse le massif gneissique d'Aspromonte (Montalto, 1958 m.), bordé, au sud et à Test, par une frange continue de dépôts éocènes et crétacés disloqués. Là aussi, le pliocène supérieur a été porté, en couches horizontales, à 1000 mètres d'altitude*.

Sicile, Malte. — L*archéen se retrouve encore dans le massif péloritain de Messine, de sorte que tout ce territoire calabrais et sicilien oriental représente les restes d'une ancienne terre, contre laquelle le trias venait s'appuyer à Touest, et qui a été morcelée par une série de cassures, déjà bien dessinées à Tépoquo pliocène.

Quant à la Sicile elle-même, elle laisse voir, en plus d'un |)oint, des formations triasiques qui se relient, comme faciès, à celles de la Lucanie et de l'Apennin. En dehors de l'Etna, toute l'île est un chaos de collines arrondies, où, le plus souvent, les formations se montrent de plus en plus récentes à mesure qu'on s'avance vers le sud.

L'île de Malte et celle de Lampédouse offrent, comme la Sicile, dans les fentes de leurs calcaires tertiaires, les restes de nombreux mammifères, éléphants, hippopotames, etc., de la faune africaine. L'âge tout à fait récent des dislocations qui ont séparé ces îles de l'Afrique est prouvé par la situation qu'occupent en Sicile certains dépôts marins quaternaires, portés au mont Cicci à près de 400 mètres d'altitude.

L'Etna occupe le centre d'un ancien golfe cratériforme, qu'il a entièrement rempli de ses projections, au-dessus desquelles il a peu à peu édifié, par un mélange de laves, de tufs et de scories, le gigantesque cône de 3300 mètres qui s'y dresse aujourd'hui.

Péninsule balkanique. Aperçu général. — La péninsule balkanique', prise dans son acception la plus large, commence au point où les plis des Alpes orientales, rencontrant le massif ancien de la Croatie^ ont été obligés de s'infléchir au sud-est pour former les chaînes dinariques. Dans ce parcours, ils sont venus se heurter contre un autre noyau archéen encore plus considérable, celui qui embrasse une partie de la Serbie et le Rhodope avec le Despoto- Dagh. Alors ils ont dû se jeter au sud-sud-est, dans l'Albanie, l'Épire et la presqu'île hellénique. Pendant ce temps la poussée carpathique, déjà infléchie par le Banat et rencontrant le bord septentrional du Rhodope, se résolvait dans la chaîne des Balkans.

1. Cortese, Memorie descritlive délia Caria geol. dUtalia, IX, 1895. — 2. Voir pour plus de détails Th. Fischer, Kirchhoff's Ldnderkunde, Europa, II, 2.

:i22 LA REGION MÉDITERRANÉENNE

D'un autre côté, tandis que les plissements dinariques et helléniques avaient agi sur des sédiments calcaires en grandes masses, alternant avec des couches plus flexibles, la prédominance des terrains anciens assignait aux dislocations balkaniques un tout autre caractère, et les effondrements y prenaient une plus grande amplitude.

De là résulte une division naturelle du territoire en deux parties : Tune occidentale, essentiellement plissée et alignée du nordnord-ouest au sud-sud-est, qui se poursuit de riUyrie à Textréraité du Péloponèse; l'autre orientale, où les plis ne manquent pas, mais où les alignements, dirigés de Touest à Test, sont souvent interrompus par des bassins affaissés. Les terrains secondaires dominent presque exclusivement dans la première moitié, ainsi que les calcaires, qui impriment à toute la bande une physionomie très uniforme. Les roches cristallines surtout abondent dans la partie orientale, à l'exception de la fosse danubienne, où la mer crétacée a fait une incursion avant l'invasion des eaux tertiaires.

Région du Karst. — La séparation de la région dinarique commence dès le Frioul, et se prononce avec beaucoup de netteté entre la Save et la pointe de l'Islrie. Sur toute cette étendue, que n'a pas touchée l'effondrement du Pô, apparaît le régime des calcaires compacts, qui a été la forme normale de la sédimentation méditerranéenne pendant les temps secondaires. Ainsi à partir de Laibach en Carniole, on voit se succéder les calcaires du trias, ceux du jurassique inférieur, enfin les grandes masses du calcaire compact crétacé du Karst ou Carso de l'Istrie. Seulement, dans les plis synclinaux ou concaves de ce dernier s'intercalent des rubans du flysch tertiaire, qui a été disloqué avec lui ; et cette association, qui va continuer à se produire dans toute la zone dinarique, sera la seule cause de variation du paysage. En effet le flysch, étant marneux et sableux, engendre des formes douces et des oasis arrosées au milieu des plat(îaux uniformes, fissurés et arides, de ce qu'on appelle à juste titre, par extension d'une désignation locale, la région Karstique,

Cette bande, dont la largeur atteint jusqu'à 180 kilomètres, s'étend avec les mêmes caractères sur la Carniole, l'Istrie, la Croatie, la Dalmatie, le bord de la Bosnie, l'Herzégovine et même le Monténégro, où commence la déviation des plis vers le sud. Sur toute cette longueur, elle se ressent à la fois du plissement régulier des assises, et des cassures ou plutôt des brusques genoux ou (lexures qui ont produit la division du massif en bandes parallèles,

Page 1