SAHARA. AFRIQUE ÉQUATORIALE
Chotta tunisiens. Bord du désert libyque. — La zone des Chotts tunisiens, qui se poursuit depuis Biskra jusqu'à Gabès, appartient à cette dépression longitudinale, dont Teflet atteint son maximum au Melrir, qui a sa surface, par endroits, à 31 mètres au-dessous du niveau de la mer. Là se perd Tlgarghar, qui descend directement des montagnes de TAhaggar. C est au Melrir qu'on peut constater combien Taffaissement de la bordure saharienne doit être peu ancien ; car des traces de rivages maritimes, à coquilles récentes, s'observent sur le seuil de Gabès, mais ne se retrouvent pas vers l'ouest autour des parties déprimées.
De la même façon, une ligne de dépressions, jalonnée d'oasis, marque le bord septentrional du désert libyque, vers le 29® degré de latitude nord, et le sol s'y abaisse par endroits entre 10 et 75 mètres au-dessous de zéro. Mais c'est un plateau tertiaire, et non une chaîne plissée, qui sépare la mer de ce ruban affaissé.
Sahara occidental et méridional. — Tout ce qui se trouve à l'ouest de la bordure primaire que nous avons définie, c'est-à-dirë l'immense triangle qui a son sommet au Darfour, et sa base sur l'Atlantique entre le cap Ghir et le Sénégal, est une plate-forme de terrains primaires et archéens, en partie recouverte d'alluvions anciennes, et semée de quelques lambeaux tertiaires. Sur cette surface, presque absolument dépourvue de relief, s'étendent les grands déserts de dunes d'Iguidi et de Ouaran, dont le premier se prolonge par l'Erg occidental jusqu'aux approches des Chotts tunisiens. Au sud du désert de Ouaran est la grande dépression d'El-Djouf, dont l'altitude n'est que de 120 à 130 mètres. Le sel y est abondant et s'exploite en grand, dans la région de Taoudéni, pour les besoins du Soudan. Ensuite apparaît le pays de Tombouctou, dont nous reparlerons plus loin.
La partie méridionale du Sahara, jusque vers le 13® degré de latitude sud, appartient à la zone des steppes, parce qu'elle commence à ressentir le bénéfice des pluies équatoriales. Le lac Tchad est à cheval sur la steppe et la bande des forêts mélangées de savanes, où il tombe plus de 60 centimètres d'eau. Ce lac, dont l'étendue, suivant les saisons, peut varier du simple au double, n'occupe pas la partie la plus basse de la région. Son altitude étant d'environ 210 mètres, il existe, paraît-il, entre lui et le massif de Tibesti, un point à 160 mètres, dans la dépression de Bodélé.
Africpie éc[uatoriale. Caractères généraux. — L'Afrique équatoriale est essentiellement caractérisée par les pluies abondantes qui s'abattent sur sa surface. Il en résulte non seulement une
DE LAPPAHEMT. — Leçoos dc gcogr. phys. 2« édit. 37
578 LES PLATES-PORMES INDO-APRICAINES
végétation exubérante, exprimée par les grandes forêts tropicales, mais une activité des eaux courantes qui suffît à compenser l'incertitude du relief primitif. C'est pourquoi, bien que la partie de cette région située à Touest des grands lacs (la seule que nous considérions ici) ne difTère pas sensiblement, par sa structure générale, des déserts sahariens, les rivières ont partout trouvé moyen de déboucher à la mer. Sans doute, à en juger par les détours de leurs tracés, elles n'y sont pas parvenues du premier coup, et des dislocations tardives ont pu contribuera leur ouvrir une issue vers la côte. Mais ce résultat est aujourd'hui acquis, et le SénégaK le Niger, le Congo, etc., drainent ces immenses surfaces sans rien laisser échapper à leur influence.
Les régions équatoriales de l'Afrique se font remarquer, surtout au voisinage des rivages, par l'immense développement que prend une formation d'argile rouge ferrugineuse, dite Latérite. Cette argile résulte de la décomposition des roches sur place, sous t'influence de la chaleur et de la grande humidité. La formation est favorisée par l'acide azotique contenu dans les pluies tropicales, et par la pauvreté en humus d'un sol où les termites dévorent des masses de matière végétale*. L'épaisseur de la latérite est telle qu'il y a des espaces considérables, notamment en Guinée^ sur lesquels il est impossible de reconnaître la nature du sous-sol, désagrégé jusqu'à une profondeur de bien des dizaines de mètres.
Deux régions se partagent l'Afrique équatoriale : le Soudun, ou bassin du Niger et du Sénégal, et le bassin du Congo.
Soudan. Cours du Niger. — Par une particularité qui concorde bien avec le caractère irrégulier du relief africain, le nœud orographique du Soudan se trouve tout près de la côte, dans le massif surtout granitique et primaire, d'ailleurs assez doucement étalé, du Fouta-Djallon, De là s'échappent la Gambie, le Sénégal et le Djoliba ou Haut-Niger. Mais tandis que les premiers sont assez rapidement conduits à la côte, en franchissant la plate-forme de grès adossée au massif primaire, le Djoliba, guidé vers le nordest par une ramification du Foula-Djallon, envoie vers le déserl l'énorme masse d'eau qui, dans la saison pluvieuse, s'abat sur la région de ses sources.
Aussi le fleuve se divise-t-il bientôt en un grand nombre de bras, réunis en temps d'inondations, et laissant entre eux, en basses eaux, des lacs ou des marécages permanents.
i. Passarge, Congrès géographique de Londres,