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G. Rolland, Ihjdroloqie du Sahara algérien

576 LES PLATKS-PORMES INDO-AFRICAINES

c'est-à-dire de ces cours d'eau sahariens, où l'eau ne coule à découvert que par moments, mais qui sont presque toujours le sièg-e d'un certain écoulement souterrain à travers les sables et graviers du fond. La seconde catégorie est celle des oasis à sources natu^ relies (Zab occidental, Djérid, Oued-Rir), où l'eau peut apparaître, soit après un plus ou moins long parcours à travers les fissures des hamada, soit sur la lisière des grandes dunes, dont le pied emmagasine souvent d'assez fortes quantités d'eau.

Bordure peptentrionale du Sahara. — La bordure septentrionale du Sahara résulte d'un affaissement, d'une amplitude de quelques centaines de mètres, qui s'est produit après Tépoque pliocène contre le bord du massif plissé de l'Atlas saharien. Les coupes de M. Rolland * montrent que partout ce massif s'abaisse brusquement au sud, soit par une série de plis, soit par des cassures, affectant les assises crétacées, qui disparaissent sous les alluvions anciennes, pour reparaître beaucoup plus loin au jour, mais cette fois avec une allure sensiblement horizontale, dans les hamada du Sahara.

Rien n'est plus caractéristique que ces murailles, parfois presque verticales, qui se dressent en ligne droite devant l'immensité du désert. Tel le rocher sur lequel est bâtie la ville de Laghouat, et où les bancs calcaires plongent de 43 degrés au sud-est*.

Cette ligne d'affaissement, qui en somme correspond à un pli synclinal plus ou moins rompu au bord, est du reste d'ancienne date dans son dessin primitif; car un large ruban de terrain tertiaire se montre dans le désert, sur la partie orientale du Sahara algérien et tunisien. Il y avait donc là un sillon dont profitait la mer nummulitique. Le pli qui le bordait au nord s'est plus nettement prononcé à l'époque du principal soulèvement des Alpes Alors, contre son pied, se sont formés les conglomérats et les couches lacustres du pliocène. A leur tour, ces dépôts, pendant les temps quaternaires, entraînés par un affaissement du sillon saharien, ont dû s'itfcliner vers le sud, descendant par endroits un peu au-dessous du niveau de la mer.

Seulement il est à remarquer que l'accident de la bordure du Sahara ne correspond pas à un changement de faciès des terrains. Le crétacé du désert est le même que celui des chaînes plissées de TAtlas, et les rapports entre les deux régions rappellent beaucoup ceux des Carpathes avec la plate-forme russe qui leur fait face '.

1. Mission Choisy. Géologie, >- 2. G. Rolland, BuU. Soc. géoL, 1881, p. 511. — 3. Suess, Anllitz der Erde, I, p. 464.

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