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CONGO. AFRIQUE AUSTRALE

futurs. Ainsi, ajoute M. Barrât, « tandis que TOgoué, solidement établi sur Tapophyse résistante des monts granitiques de Cristal, que le Niari et le Nyanga, soutenus par deux axes rocheux parallèles, devaient rester des cours d'eau secondaires, Taffaissement de toute la vaste région équatoriale et australe allait former un fleuve immense, le Congo ».

Le centre de ce bassin est marqué par la rencontre du fleuve avec ses principaux affluents, Sanga, Oubanghi, Kassaï. Dans la saison des pluies, il n*y a plus là qu'un vaste marécage, dont les lacs Mantoumba et Léopold II sont les re^es permanents. Pour s'en échapper, le Congo franchit par des rapides la zone des schistes anciens qui se poursuit, tout le long de la côte, depuis l'Ogoué jusque dans le cœur de l'Angola.

L'apparition, près des côtes, des massifs anciens dégagés par l'érosion et les mouvements du sol, donne souvent l'impression d'une chaîne côtière, que le fleuve franchit par des rapides, et en arrière de laquelle se trouve une dépression. Mais ce n'est qu'une apparence, et si les sommets culminants qui entourent l'Ogoué dans la région des rapides s'élèvent à 500 ou 600 mètres, en arrière, chez les Batékés, dans le pays des grès, on atteint 800 mètres.

Régime liydrograpliique du Congo. Altération des g^rès. — Les fleuves ont commencé par couler sur les plates-formes gréseuses descendant à l'Océan par gradins, de table en table, comme cela se passe dans le haut Ogoué. Mais quand l'érosion a atteint le substratum archéen ou primaire, l'influence directrice des roches de ce dernier s'est fait sentir, obligeant les cours d'eau à suivre pendant quelque temps les bandes granitiques ou les arêtes schisteuses, pour les franchir enfin à angle droit, par des décrochements successifs.

La part que les dislocations ont prise à l'établissement de ce régime hydrographique ne saurait être niée, quand on constate que, dans l'estuaire si remarquablement rectiligne du Congo, la sonde accuse 609 mètres.

.Dans l'intérieur des massifs de grès blanc, friable, l'érosion a isolé des rochers où les couches horizontales, en retraite les unes sur les autres, dessinent des escaliers de géants. Et l'altération de ces grès engendre des dunes, qui chez les Batékés atteignent 200 ou 300 mètres de hauteur.

Afrique australe. Aperçu général. — L'Afrique australe, considérée au sud du Zambèze, est essentiellement constituée par un plateau qui a légèrement fléchi en son milieu. Presque nulle part

ce plateau n'arrive jusqu'à la mer. A l'ouest, il en est séparé par l'important bourrelet archéen des Namakoua, formé d'une série de rides de gneiss progressivement croissantes. Au sud, il laisse se poursuivre, dans la colonie du Cap, un assez large ruban de roches primaires disloquées, à surface sensiblement aplanie, qui reparaissent sur le bord des pays de Natal et des Zoulous.

C'est en arrière de cette bordure que surgit, comme une falaise intérieure, la tranche du plateau sédimentaire, constitué par une puissante série, à peu près horizontale, de dépôts terrestres en majeure partie gréseux, appartenant à la fin des temps primaires et au début de l'ère secondaire. Plongeant au nord, où il a laissé se former en son centre le vaste bassin quaternaire du lac Ngamî (900 m.), le plateau s'incline aussi un peu vers l'ouest, où il est dominé par les rides gneissiques de la côte. En revanche, il s'élève au sud, où sa crête atteint des altitudes de 2000 et même de 3000 mètres, et encore plus à Test, dominant la côte de Cafrerie sous la forme d'un rempart dont quelques cimes dépassent 3000 mètres.

Plates-formes du Cap. — La série des sédiments horizontaux de cette plate-forme se dessine dès Le Cap, où sa base apparaît, couronnant de ses assises gréseuses régulières, aux parois verticales en escalier, un socle archéen de formes beaucoup plus adoucies. C'est la Montagne de la Table, type d'un genre de formes orographiques spécial aux plateaux déroches dures bien stratifiées, les éminences tabulaires {Tafelberge des Allemands).

Le même grès se montre dans la montagne de Bokkeveld, et forme le premier gradin escarpé qui domine le rivage méridional de la colonie, s'élevant au-dessus des rides primaires du littoral.

Ce gradin se termine par une plate-forme très nettement dessinée, d'une altitude moyenne de 1330 mètres; c'est la plaine de Karoo*, plaine ondulée sèche, couverte de buissons, assise sur un massif de grès supérieur au précédent, et comme lui en couches sensiblement horizontales, quelquefois découpées par l'érosion en cimes tabulaires.

Après cette plaine, on voit se dresser le second gradin, dont l'arête, haute de 2400 mètres au plus, est le bord de la Tentasse de Nieuweveld. C'est encore une plate-forme presque absolument unie, assez sèche, où le grès dit de Karoo domine, et qui descend progressivement au nord vers le fleuve Orange, aux bords duquel

1. Ce nom est dérivé d*un mol hottentot qui signifie sol aride (Reclus, PAfrique méridionale, p. 439).

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