‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 294 sur 364 · ORANGE. NATAL. TRANSVAAL · texte numérisé non relu

ORANGE. NATAL. TRANSVAAL

reparait le substratum archéen. Si cette plate-forme s'isole de la précédente, c'est parce que des nappes éruptives sont intercalées à diverses reprises dans les grès de Karoo, et deviennent, en raison de leur meilleure résistance, la cause de la division topographique du massif en terrasses successives. Chacune de ces terrasses prend pour base une des nappes dures, dont la tranche fait le rebord abrupt du gradin, et se découpe parfois en colonnades naturelles d'un aspect monumental.

Pays d'Orange et de Natal. — La plate-forme du Nieuweveld se prolonge au nord-est dans l'état d'Orange et le Transvaal. Toujours elle se relève fortement vers l'est; de sorte que son arête orientale se dessine, dans la colonie de Natal, par les Monts des Dragons (Drakenberge) ou Quathlamba, hautes crêtes dont l'altitude se tient souvent aux environs de 3000 mètres, et qu'accidentent des vallées profondément encaissées. Généralement les crêtes, ainsi que les plus hautes cimes de la région, sont formées par l'affleurement des nappes éruptives résistantes, subordonnées aux grès : ceux-ci ont été découpés comme partout en nombreuses montagnes tabulaires et quelquefois en apparences de forteresses, comme le Giant's Castle (2944 m.).

Les hautes crêtes en question forment, sur les pays de Natal et des Zoulous, tantôt un, tantôt plusieurs remparts, qui alors sont rectilignes et parallèles, marquant généralement l'affleurement des nappes de trapps. Quand on a dépassé la zone des roches primaires qui s'étend à la base du rempart le plus extérieur, on revoit au pied de cette zone, tout contre le rivage de Natal, un ruban disloqué des mêmes grès de Karoo, en couches plongeant vers la mer. En comparant la situation de cet affleurement littoral à l'altitude du Mont aux Sources (3005 m.), on apprécie bien l'importance de la dislocation qui a ainsi mis en saillie le bord oriental de la plate-forme sud-africaine.

Transvaal, Kalahari, Damaraland. — Les grandes plaines de Karoo viennent finir au nord-est dans le Transvaal, où l'on revoit affleurer la partie inférieure du massif sédimentaire, celle qui correspond au grès de la Table du Cap. Cet affleurement se produit dans le célèbre Witwatersraiid, chaîne de hauteurs qui sert de ligne de partage entre le Limpopo et le Vaal, et dont les flancs recèlent les riches conglomérats aurifères découverts en 1887. Le mot de randj c'est-à-dire bord, qui lui est appliqué, et qui revient souvent dans la désignation des hauteurs de l'Afrique australe, montre qu'on a de suite bien apprécié le caractère dominant des lignes de

relief de la contrée. Ce sont bien en effet les bords, tranchés par des cassures et découpés par Térosion, des massifs sédimentaires qui s'étaient étalés sur le socle primaire.

Au sud du Witwatersrand, et par conséquent dans des couche» supérieures, appartenant au grès de Karoo proprement dit, sont les gisements de charbons de la contrée.

Les grès du Transvaal s'appuient contre un massif granitique, qu'on voit se développer au nord, dans le pays des Matabélés. Mais à l'ouest, la plaine gréseuse s'abaisse, souvent accidentée de dépressions salines où séjournent les eaux de pluie, jusqu'à ce qu'on arrive à la steppe de Kalahari, que borde au nord la cuvette dont le Ngami occupe le fond.

Tous ces hauts territoires, dépourvus de relief, en majeure partie perméables et placés sur le parcours des vents alizés, seraient condamnés à devenir des déserts, si le voisinage de l'Océan Indien ne les faisait bénéficier d'une certaine quantité de pluie. La chute annuelle, supérieure à 60 centimètres sur la côt« orientale, ne s'abaisse au-dessous de 20 que sur le méridien du Ngami. De la sorte, tandis que les plaines des Boers se prêtent bien à l'agriculture, et que la partie sans écoulement du Kalahari et du Ngami demeure une steppe, c'est seulement sur la côte de Namakoua, là où pourtant les vallées aboutissent à la mer, que se montrent les conditions désertiques, c'est-à-dire les sables et les dunes. Les plis concaves du gneiss y abritent de grandes nappes de sable quartzeux, provenant de la désagrégation même du terrain, où se trouvent aussi des grès.

La même chose a lieu pour le Damaraland, où la région côtière est désertique, tandis qu'à l'est s'étend une haute steppe herbeuse, plus ou moins parsemée d'épaisses broussailles.

Quant à la partie du sud-est, que le haut relief des Drakenberge, en absorbant les vapeurs de l'océan Indien, défend mieux contre la sécheresse, elle est arrosée par le fleuve Orange, au débit d'ailleurs très irrégulier. Ce fleuve qui, en certaines saisons, a de la peine à ne pas tarir complètement après la traversée des plaines gréseuses, a dû, pour déboucher à la mer, s'ouvrir une gorge profonde et sinueuse, semée de cascades, dans le granité de la côte occidentale.

Régime des côtes de l'Afrique australe. — Les cartes hypsométriques font ressortir ce fait très intéressant, que de tous les pays du monde, l'Afrique australe est ' celui où la courbe de 1000 mètres d'altitude est le plus rapprochée du rivage. De la

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