PLATE-PORME DE L'HINDOUSTAN
prise entre les bouches de Tlndus, celles du Gange et la pointe méridionale de Ceylan, forme un territoire tout à fait exceptionnel. C'est une grande pénéplaine, exclusivement archéenne et primaire, et recouverte, dans la région du Dekkan, par d'immenses épanchements de roches volcaniques, auxquels sont subordonnés des sédiments lacustres, d'âge intermédiaire entre le crétacé et le tertiaire.
La topographie semble accuser, sur les deux bords de la péninsule, de vraies chaînes de montagnes : les Ghâtes occidentales ou monts Sahyadri, se poursuivant -sur 1300 kilomètres avec une altitude moyenne de HOO mètres; et les Ghâtes orientales^ moins bien accusées, avec une altitude moyenne de 500 mètreâ.
Mais ce n'est qu'une apparence, et les deux chaînes ne sont, en réalité, que les bords, inégalement relevés, d'un plateau qui a légèrement fléchi au centre. On le voit bien du côté occidental, où l'escarpement des Ghâtes, formé surtout de laves, dessine les marches successives d'un escalier gigantesque*. Même les principales cimes, comme celle du Dodabetta, dans les Nilghiri (2633 mètres), qui s'élève au sud en plein territoire archéen, appartiennent à de hauts plateaux et non à des chaînes.
Caractères de la plate-forme. — Par suite de l'inclinaison générale de la plate-forme vers l'est, tout le drainage de la contrée s'opère vers le golfe du Bengale, et c'est seulement à l'extrémité nord des Ghâtes occidentales qu'on commence à trouver deux rivières tributaires de l'ouest, la Tapti et la Narbada, que sépare le long plateau, d'apparence montagneuse, de Satpoura. Ce dernier est formé, à l'ouest, de roches basaltiques légèrement disloquées; au centre de trapps en coulées horizontales, avec quelques couches sédimentaires intercalées, qui s'élèvent jusqu'à 1300 mètres; à l'est, exclusivement de coulées trappéennes.
Dans tout le territoire du Dekkan^ l'altération superficielle des roches, sous l'influence d'un climat exceptionnellement chaud et humide, a fait naître une couche de terre rouge, dite latérite.
L'érosion seule a créé les basses vallées de l'Hindoustan, et c'est à peine si, dans la partie méridionale, la variété des affleurements de roches anciennes a fait intervenir, par endroits, une certaine action directrice pour les cours d'eau. Ce qui rend ce territoire tout à fait remarquable, et en môme temps l'assimile à l'Afrique, c'est l'absence de toute espèce de plissement postérieur à l'ère