ARABIE
la concordance absolue que présentent les caractères topographiques avec les circonstances tectoniques du massif. D^ailleurs la dépression centrale est limitée, au nord comme au sud, par de grands épanchements de basalte, qu'on retrouve formant à Test la sombre et puissante masse du Djebel-Haouran. Les tremblements de terre sont fréquents dans le pays et des fumerolles existent encore dans les chaînes de Palmyre, prolongement oriental des terrasses de T Anti-Liban.
Plate-forme de TArabie. — L'Arabie est une plate-forme, que la ligne transversale de hauteurs duNedjedou du plateau de Kasim divise en deux parties. Un fond de granité et d archéen, bien visible dans les collines du Nedjed, sur les bords de la Mer Rouge et en quelques points du rivage méridional, supporte des calcaires et des grès en couches sensiblement horizontales. Les calcaires apparaissent sur une assez grande hauteur à Test d'Aden, dans les monts du Hadramaout, où ils sont découpés en terrasses et entremêlés de basalte.
Relevée vers le bord de la Mer Rouge, ainsi que vers le golfe d'Aden, enfin sur la côte d'Oman, de manière à être entourée d'un rempart presque continu, qui dépasse parfois 2000 mètres d'altitude, la péninsule s'incline doucement vers le golfe Persique et vers les plaines de l'Euphrate. C'est assurément le territoire le plus massif de tout le globe, et celui dont le modelé est le plus rudimentaire. L'extrême pauvreté des précipitations atmosphériques n'a pas permis aux cours d'eau de découper le littoral, où on n'observe que des échancrures insignifiantes, d'un type spécial aux plates-formes d'assises horizontales, et appelées scherm *.
Divisions de l'Arabie. — De cette manière, les deux régions que sépare le Nedjed sont, presque en entier, dépouvues d'écoulement vers la mer. Ce sont donc des déserts. Celui du sud ou Dalma est absolument infranchissable. C'est une mer ondulée de sable blanc, sur laquelle règne un silence de mprt, avec absence complète de végétation. Le terrain tertiaire en forme à peu près seul le substratum. Un grand nombre d'oasis, favorisées d'une belle végétation, avec fleuves et lacs, émaillent la partie la plus basse du Nedjed, à l'ouest duquel se développent les coulées noires de basalte des Harra, qui s'élèvent en terrasses successives, à surface déchirée, découpée d'une façon sauvage et couverte de. cratères éteints, faisant pendant aux volcans éthiopiens.
Le désert du nord ou Nefoud, où l'altitude intérieure varie de 500 à 900 mètres, est assis tout entier sur des grès rouges crétacés, suite des grès de Nubie, avec quelques calcaires. Aussi le sable, qui s'élève en dunes de 200 à 300 mètres, offre-t-il une teinte rouge bien tranchée. Des ravins très caractéristiques, de 30 à 50 mètres de profondeur, aux parois perpendiculaires, accidentent cette plate-forme de sables, descendant jusqu'au roc solide. On les appelle fouJdj et il semble que leur origine soit due à la circulation souterraine des eaux d'averses.
La côte méridionale de l'Arabie laisse voir les mêmes assises, crétacées et tertiaires, en couches sensiblement horizontales, que la vallée du Nil. Donc la Mer Rouge est une fente ouverte dans un massif qui faisait corps avec la plate-forme africaine ; et l'effondrement résultant explique les volcans d'Aden, comme ceux de la région comprise entre les îles de Taïr et Périm *.
Désert de Syrie, Mésopotamie. — Le Nefoud confine au désert de Syrie ^ qui comme lui repose sur une plate-forme crétacée, mais surtout calcaire, et laisse voir dans le nord les calcaires nummulitiques du tertiaire, les mêmes qui apparaissent dans le Hadramaout, la côte d'Oman et les chaînes du sud de la Perse. Ainsi c'est à l'Afrique du nord que ces terres se relient. Avec elle, elles marquent la place où les mers de la craie et du tertiaire se sont largement étalées, sans que leurs dépôts, protégés par la stabilité des plates-formes sous-jacentes, aient subi l'inQuence des plissements alpins et asiatiques.
En revanche, des cassures se sont ouvertes dans le massif syrien, et ont servi de sortie à des épanchements basaltiques.
Quant à la Mésopotamie, elle correspond au prolongement de la plate-forme tertiaire de la Syrie, mais abaissée par le grand sillon du golfe Persique, où le Tigre et l'Euphrate sont venus étaler leurs puissantes alluvions. Dans sa partie septentrionale, l'influence des plis du Taurus commence à se faire sentir; et des lignes de hauteurs d'une aridité presque absolue surgissent au milieu de la haute steppe située entre les deux fleuves. Le basalte occupe aussi une grande place dans cette pointe extrême, où la plate-forme indoafricaine vient, en quelque sorte, s'enfoncer comme un coin entre les chaînes iraniennes, d'une part, les plis du Liban et de l'Anti- Taurus, d'autre part.
Hindoustan. Orographie. — La partie de l'Hindoustan corn-