‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 31 sur 364 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

Rôle des phénomèneB extérieurs. — II nous a semblé nécessaire d'établir dès le début, par Tanalyse des grands traits de l'écorce solide, Texistence d'un dessin général profondément marqué dans toutes les parties du globe, et suffisant à lui seul pour attester la puissance des causes internes qui ont provoqué la déformation du sphéroïde terrestre.

Cette notion était indispensable, pour prévenir Terreur où Ton aurait pu tomber, d'attribuer une importance prépondérante aux phénomènes extérieurs dont nous sommes chaque jour témoins, et qui, en additionnant leurs effets à travers les siècles, ont souvent produit des résultats bien propres à encourager cette illusion. L'homme qui voit s'ébouler sous ses yeux d'énormes quartiers de falaises, que la mer emploiera seulement quelques années à débiter ; celui qui chemine au fond de gorges escarpées, que le seul travail de l'érosion a creusées sur plus de mille mètres à partir de la surface ; le géologue même qui constate avec certitude la disparition totale, sur certains territoires, d'anciennes chaînes de montagnes, dont les débris ont formé de nouveaux sédiments; ou qui retrouve, sur des millions de kilomètres carrés, le dépôt erratique abandonné par les anciens glaciers; tous ceux-là, disons-nous, sont à la rigueur excusables de croire qu'un tel ordre de puissances suffise à tout expliquer. Voilà pourquoi nous avons jugé à propos, non seulement de regarder de loin les traits de la géographie, en embrassant, avec le secours de cartes bien faites, ces ensembles que nos yeux ne peuvent pas contempler directement, mais encore d'interroger les profondeurs des mers, afin d'y observer, revêtues de leur fraîcheur originelle, des formes caractéristiques, dans un

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