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Tandis que la plus grande régularité des plis anciens se traduisait, dans le nord, par une succession bien ordonnée, parfois presque géométrique, de vallées et de rides, il n'en a pas été de même au sud, dans la partie où se trouve le point culminant de la chaîne, le Black Dôme ou Dôme Noir, qui dépasse 2000 mètres d'altitude. L'archéen y joue un plus grand rôle, les terrains anciens sont plus disloqués, les failles sont nombreuses, et si Tinégale résistance des roches mises à découvert demeure toujours le principe du relief, celui-ci est forcément beaucoup moins régulier.

Mais cette irrégularité n'a lieu que pour la zone cristalline orientale des Appalaches du sud. Dans la zone occidentale, formée de terrains paléozoïques, la topographie est caractérisée comme au nord, bien qu'avec une autre allure, par le parallélisme des crêtes et des cours d'eau. Ce parallélisme est bien mis en évidence dans la figure 154, qui fait ressortir en outre, d'une façon très nette, lo contraste entre les plateaux en voie de dissection situés au nord des Appalaches, et la région archéenne qui les borde à l'orient *.

Dépression centrale. — La dépression centrale des Appalaches ou « Grande Vallée » se déploie sur une largeur moyenne de 30 à 100 kilomètres, bordée à l'est par des cimes de plus de 1000 mètres. Cette dépression correspond à l'affleurement d'un ensemble de couches calcaires et schisteuses, de peu de dureté. Elle a été accentuée par un accident survenu à l'époque crétacée, et renouvelé aux temps tertiaires, qui a fait naître, dans la pénéplaine primaire déformée par gauchissement, une large concavité, entourée de deux convexités à grande envergure. C'est là que coulait, à la fin du cycle crétacé, la rivière appalachienne de MM. Hayes et Campbell*, cours d'eau qui, partant du centre de la Virginie, aboutis* sait au golfe du Mexique, et dont deux tronçons se reconnaissent encore aujourd'hui dans le cours supérieur du Tennessee et dans la Coosa.

La notion de cette rivière appalachienne n'est pas une hypothèse gratuite. La vallée de l'Alabama (dont la Coosa est tributaire) laisse voir sur son fond des sédiments éocènes, d'origine détritique, dont le volume est beaucoup plus considérable que le cube des

1. La figure montre nettement trois topographies distinctes : en bas, à droite, celle du Piedmont; au milieu, en écharpe, les plis appalachiens, avec cours d'eau longitudinaux et quelques cluses: à gauche, le plateau disséqué du Cumberland. En outre, on remarque, dans Tangle de droite en haut de la figure, une notable allé* nuation du nombre des cours d'eau. Toute cette portion est justement celle qui a été recouverte par le terrain glaciaire. (Voir Carvill Lewis, American Journal, XXVUl, p. 216.) — 2. National geogr. Magazine^ VI, p. 65.

déblais correspondant à la vallée de la rivière actiielle et suppose une extension antérieure du drainage en amont*.

La déformation post-tertiaire de la pénéplaine a consisté en un gauchissement général, qui s'est produit de manière à donner un avantage marqué aux cours d'eau tributaires deTOhio. Alors ceuxci, poussant leurs eaux de tête vers Test, à travers les chaînes qui limitaient à Toccident le réseau propre à la dépression médiane, ont fini par capturer la partie supérieure de la vallée. Pendant ce temps, le Tennessee, accomplissant le même travail, créait la gorge de Chattanooga, par laquelle il capturait le cours moyen de la rivière appalachienne. Plus tard encore, à Tépoque pleistocène, lors de Témersion des dépôts tertiaires do la région du golfe du Mexique, une dislocation, alignée du sud au nord, est née à la jonction du massif primaire avec sa bordure crétacée. Le Tennessee, appelé par ce sillon, a cessé de se rendre directement dans le Golfe, et s'est rejeté au nord, à angle droit, vers TOhio.

Partie Beptentrionale du massif plissé. — Nous avons dit que la chaîne des Appalaches s'arrêtait à l'IIudson. Cependant le système de dislocations dont elle dépend se poursuit au nord jusqu'à Terre-Neuve. Seulement il se produit, à la rencontre de l'Hudson, une déviation subite des plis, qui commencent par se diriger au nord, pour reprendre ensuite une direction nord-est.

Ce changement paraît dû à la résistance qu'offrait un éperon archéen, qui s'enfonce entre l'IIudson et le lac Ontario, et dont le noyau était formé par la masse cristalline des Monts Adirondacks. Malgré une longue érosion, ce massif conserve encore aujourd'hui un relief notable, et quelques-unes de ses cimes dépassent 1600 mètres.

De l'autre côté de l'Hudson, dans le New Hampshire, l'ancien massif plissé a été également réduit à une pénéplaine, mais il y subsiste aussi des noyaux que leur dureté a préservés. Le mieux isolé, qui s'élève à 1100 mètres, est le Mont Monadnock. C'est une cime archéenne que la destruction de son entourage a laissée en saillie. Aussi M. Davis a-t-il proposé d'appliquer la dénomination générique de monadnocks à toutes les protubérances bien isolées que l'érosion a respectées sur une pénéplaine.

L'action glaciaire s'est d'ailleurs étendue sur toutes ces régions, qu'elle a parsemées de cavités lacustres, en même temps qu'elle arrondissait les contours des éminences. Enfin l'influence direc-

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