‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 315 sur 364 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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depuis les environs de New- York par Trenton, Philadelphie, Baltimore, Washington, Richmond, Weldon, Raleigh et Maçon.

M. Mac Gee* a fait remarquer que cette dislocation se trahit partout, dans la topographie, par un gradin plus ou moins marqué, que tous les cours d'eau, aussi bien les rivières que les ruisseaux, sont obligés de franchir par des rapides ou des cascades. C'est, par excellence, le niveau des forces hydrauliques naturelles; aussi de nombreuses villes industrielles se sont-elles groupées sur tout son parcours pour utiliser les chutes d'eau.

Au point de vue géologique, la ligne en question a marqué, à partir du commencement des temps crétacés, la limite que la mer ne dépassait pas vers l'ouest; la région située à l'orient passait par des vicissitudes diverses, tantôt émergée, tantôt recevant des dépôts franchement littoraux. Cette ligne a d'ailleurs dû jouer à une époque peu éloignée de la nôtre; car autrement les rapides qu'elle occasionne eussent été régularisés. En effet, M. Mac Gee * a montré que non seulement la dislocation était de date post-tertiaire, mais que l'équilibre ne devait pas être complètement atteint dans ces parages, où de nos jours encore il se produirait un certain jeu mutuel des compartiments en contact.

Plaine côtière. — Rien n'est mieux marqué, au point de vue topographique, que le contraste du Piedmont avec la plaine côtière qui lui fait suite*, et qui, composée tout entière de sédiments crétacés et tertiaires sans consistance, est échancrée sur toute sa largeur par de grands estuaires, où l'eau n'est jamais profonde.

Avant de traverser cette plaine, tous les cours d'eau qui viennent du Piedmont se coudent pour longer pendant quelque temps le bord de l'accident-limite, ayant ainsi un de leurs versants dans la roche dure cristalline. De cette manière, tout le nord de la plaine côtière se trouve découpé en presqu'îles, rattachées au Piedmont par des isthmes étroits, comme celui qui sépare le Delaware du • Raritan, le Clay-bank Creek de l'Elk River, le Potomac du Rappahannok. Cette déviation caractéristique des cours d'eau est l'e&et de la dislocation post-tertiaire mise en évidence par M. Mac Gee.

Attirée le long de cette ligne par la facilité d'y trouver des eaux claires et une provision de force motrice, alors que les plaines inférieures, très fertiles et riches en gibier, étaient bordées par des estuaires où le poisson abondait, la civilisation s'y est déve-

1. Americ. Journal, XXXV, 1888, p. 120. — 2. V. S, Geological Survey, 7^*" annual Report. — 3. Voir la remarquable photographie d'un plan relief de la région, que M. Mac Gee a insérée dans le mémoire précilc.

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