TYPES ALPINS
tude beaucoup plus considérable lui permet de nourrir des glaciers importants.
La Sierra Nevada de Californie appartient à une autre variété (type californien). Un plissement relativement ancien Tavait engendrée. Une cassure linéaire parallèle à son axe en a revivifié le relief du côté oriental, pendant que, sur le versant opposé, l'affaissement de la vallée du Sacramento venait donner aux torrents descendant de la chaîne une grande force érosive. Le mode particulier d'altération du granité, en écailles autour de gros noyaux*, vient encore ajouter à l'originalité de cette chaîne essentiellement linéaire.
Types alpins. — Le type alpin est tout autre. D'abord, il y a eu de très bonne heure, sur le bord externe du massif, un archipel arqué d'îlots archéens, qui ont toujours joué le rôle d'obstacles. Ensuite l'histoire de la chaîne a été très variée, et à plusieurs reprises elle s'est essayée avant de prendre son relief actuel. Si les plis alignés y sont nets et fréquents, il y a aussi des ensembles déprimés et des ellipses soulevées (massifs amygdaloïdes), dont les bords contraignent les plis tantôt à se serrer, tantôt à se dilater, et engendrent à diverses reprises une structure en éventail. Les terrains, sous l'influence de la ligne méridionale des îlots archéens, ont toujours eu une tendance à se succéder en bandes, de plus en plus jeunes vers le nord; de sorte que la chaîne offre aujourd'hui une série de zones, à la fois orographiques et géologiques. Enfin plus d'une dislocation transversale est venue l'affecter.
L'érosion, ayant affaire à un massif plus varié et plus disloqué, favorisée d'ailleurs par la grande altitude des parties culminantes, a eu beau jeu pour mettre en évidence les différences de dureté. En même temps la complication des structures facilitait l'amoncellement et la concentration des névés. De tout cet ensemble résulte le paysage alpestre^ mélange de pics escarpés, aux neiges éternelles, de profondes vallées, de glaciers, de cascades et de lacs; ces derniers, au moins ceux de la périphérie, témoignant d'une perturbation relativement récente dans l'assiette du massif*.
A ce type général se superposent les nombreuses variétés, fondées sur la nature et la disposition des terrains, et que nous avons énumérées en traitant de la chaîne des Alpes'.
Les Montagnes Rocheuses, dans la Colombie britannique, reproduisent assez bien le type alpin. Mais les caractères se modifient
1. Voir plus haut, p. 637. — 2. Voir plus haut, p. 179. — 3. Voir plus haut, p. 484.
quand on va vers le sud ; non seulement parce que la structure se complique; mais parce que la diminution constante de rtiumidité suffirait, même avec identité structurale, à empêcher la manifestation des paysages alpestres.
L'Himalaya paraît se rattacher au type général des Alpes, à celte différence près, que les lacs font défaut et que la structure en zones est moins bien marquée. Encore faut-il restreindre cette assimilation aux chaînes extérieures ; car, en arrière, la sécheresse extrême du haut plateau à paralysé Tœuvre du modelé, de sorte que les rides structurales sont en partie enfouies sous leurs propres débris, créant ainsi un nouveau type orogénique, qu'on pourrait appeler tibétain.
Non loin de là peut se placer le type névadien, représenté par les chaînes perdues (lost mountains) du Grand Bassin d'Amérique ; là, un ancien massif plissé a subi un effondrement en masse, avec nombreuses cassures, et est devenu une dépression sans écoulement. Après un premier comblement par des alluvions, forcées de demeurer dans les creux, la sécheresse croissante du territoire a empêché la poursuite du nivellement, et ce qui reste des anciennes chaînes surgit brusquement, sous forme de rides alignées et courtes, du sein d'une plaine aride et monotone.
FlexuroB. — Un mode particulier de plissement est celui des flexures ou plis continus en genou. L'érosion, morcelant le versant brusque, le façonne en montagnes, comme les monts Uinta de l'Amérique du Nord. La limite d'un pli brusque étant une faille, les accidents de cette catégorie sont exposés à se confondre avec ceux qu'engendre une dislocation linéaire avec dénivellation des parois.
La forme la plus régulière de ce genre de dislocations est celle qu'on trouve exprimée dans le versant des chaînons dinariques qui regarde l'Adriatique*. Aussi pourrait-on l'appeler type diimrique si, dans ce cas particulier, il n'y avait pas le plus souvent un renversement des flexures dans la direction de la mer.
Certaines flexures se disposent en dômes, comme c'est le cas des Black Hills dans l'Amérique du Nord. On y voit, autour d'un noyau archéen de contour elliptique, une ceinture formée de couches sédimentaires, dont la calotte supérieure a été enlevée par l'érosion, et qui toutes, plongeant vers l'extérieur, reprennent assez rapidement, autour du massif, une allure horizontale.
Types de plis accompagnés de fractures. — Nous arrivons main-