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FORGES OROGÉNIQUES. TYPE JURASSIEN

qui ne peut ni perdre ni acquérir, est stable relativement à la masse interne qui, ne pouvant que perdre de la chaleur, est obligée de se contracter. Ainsi la croûte (c'est-à-dire simplement Tensemble des parties superficielles du globe) doit être dans un état permanent de compression, susceptible de provoquer des ruptures d'équilibre mécanique.

De telles ruptures, en manifestant les points faibles de Técorce, mettent en jeu les différences de* plasticité, qui peuvent être très grandes d'un point à un autre suivant la composition de la croûte. Aussi les déformations se traduiront-elles, ici par des plis, affectant des sédiments flexibles; là par des cassures, disloquant des massifs rigides. Ces cassures elles-mêmes pourront être plus ou moins profondes, et servir parfois de cheminées d'ascension pour des matières éruptives; de sorte que l'action volcanique sera tantôt complètement étrangère au phénomène orogénique, tantôt intimement liée à son accomplissement.

Enfin ce que nous voyons aujourd'hui, sur un territoire déformé, c'est la résultante de toutes les actions de ce genre qu'il a pu subir à travers les âges; et si son histoire géologique a été compliquée, le résultat final se ressentira de cette succession de phénomènes parfois discordants. Nous ne pouvons d'ailleurs percevoir, de chacune des phases traversées, que ce que l'érosion n'avait pas détruit. L'aspect actuel d'un district déformé n'en trahit pas moins la suite des événements accomplis. De là vient que toutes les montagnes du globe soient assez dissemblables, pour qu'on ne puisse guère citer deux unités orographiques qui appartiennent rigoureusement au même type.

Montagnes de plissement. Type jurassien. — La manière d'être la plus simple des déformations de l'écorce terrestre consiste dans la production simultanée de protubérances ou dômes et de dépressions ou cuvettes, ces dernières accusant les parties faibles. Mais les déformations entraînant, en général, le refoulement de masses flexibles contre des obstacles résistants, les dômes, comme les cuvettes, ont une tendance marquée à s'aligner comme des vagues successives, parallèlement au bord des obstacles, en devenant des plis, les uns saillants ou anticlinaux, les autres rentrants ou synclinaicx.

Le type par excellence de ce mode de déformation par plissement est le type jurassien. Les plis sont étroits, réguliers et parallèles; les formes orographiques et hydrographiques sont entièrement d'accord avec le dessin structural; les mêmes terrains sont

partout afTectés, et tous appartiennent à la série sédimentaire, même sans mélange de strates primaires. Cependant, d'une part, l'inflexion continue que subit la direction des plis, depuis l'alignement nord-sud de la traversée du Rhône jusqu'aux chaînons estouest de l'Argovie, montre bien l'influence du môle ancien, le plus souvent caché, contre lequel la poussée s'est produite. D'autre part la simplicité du type orographique n'exclut pas l'intercalation, au milieu des plis, de bandes de plateaux, tant par suite de l'épanouissement d'un synclinal affectant une masse épaisse de calcaire compact que parce que la proximité du substratum archéen a diminué par places l'aptitude au plissement.

Ces dernières circonstances atteignent leur principal développement dans le Jura souabe, où la plaque calcaire de l'Âlb s'est à peine courbée à la surface, les môles contre lesquels le refoulement avait lieu se trouvant beaucoup plus éloignés.

Type pyrénéen. Caucase. Sierra Nevada. — Dans le type qu'on peut appeler pyrénéen^ non seulement la dislocation affecte les terrains primaires, mais elle a été assez énergique pour faire apparaître, dans l'axe du pli anticlinal culminant et jusque sur son sommet, les noyaux archéens. La chaîne ne se compose pas d'un pli unique. Elle en comporte plusieurs, à peu près parallèles, mais disposés de part et d'autre de l'arête culminante médiane, et souvent renversés au dehors, de telle sorte que la section transversale représente un éventail. La crête, de composition assez uniforme, n'offrait en général rien qui pût provoquer par érosion la formation de pics bien détachés. Le travail des eaux courantes ayant eu le temps de faire disparaître la plupart des structures compliquées du versant du nord, la chaîne, atteinte jusqu'à son noyau de roches résistantes, se présente de ce côté avec une remarquable apparence de simplicité. En outre, son unité de structure excluant la formation de cirques aux pentes convergentes, le développement des glaciers y est à peu près impossible dans les conditions météorologiques du temps présent.

Bien que le Caucase présente une certaine ressemblance avec les Pyrénées, par la dyssymétrie de ses versants et l'uniformité de sa crête rectiligne, il en diffère à plusieurs égards : d'abord parce que c'est une cassure qui le limite au sud, de sorte que la série des plis du nord ne trouve pas son pendant de ce côté ; ensuite parce que des éruptions volcaniques sont venues s'y superposer, édifiant les cimes culminantes de la chaîne et envoyant de grandes coulées dans quelques-unes des vallées. Enfin son alti-

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