‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 50 sur 364 · Henry Mountains, p · texte numérisé non relu

Henry Mountains, p

confluents ne sont pas les seules vicissitudes auxquelles soit exposé un système hydrographique en voie d'évolution. Il en est d'autres, plus importantes, qui résultent de ce que, à Torigine, le territoire soumis au modelé ne devait pas présenter partout des pentes continues.

S'il s'y trouvait des dépressions, chacune d'elles a dû recevoir sur son fond un lac, dont le niveau s'est établi en conformité du rapport existant entre l'évaporation et l'alimentation par les pluies. La surface de ce lac a formé, pour toute la région tributaire, un niveau de base provisoire. Mais l'existence d'un lac est forcément éphémère. A la longue, la cavité se comble par les alluvions que lui apportent les cours d'eau. Si donc il ne s'agit pas d'une dépression de très grande étendue, capable de se transformer en un désert sous des influences que nous étudierons ultérieurement, le lac finit par déborder en se créant un déversoir. Immédiatement ce déversoir se creuse, l'eau du lac s'écoule par le nouveau . canal, et vient se verser dans le réseau hydrographique inférieur. Non seulement l'artère ainsi engendrée doit s'accommoder aux conditions de ce réseau, en se créant un profil d'équilibre par un creusement progressif de l'aval à l'amont, mais le volume d'eau ajouté de cette façon au réseau inférieur peut modifier beaucoup sa puissance et revivifier son activité.

D'ailleurs le débordement du lac ne peut guère manquer d'être accompagné d'une débâcle capable de bouleverser complètement la topographie du territoire sur lequel le phénomène s'accomplit. Plus tard donc, quand toutes les pentes auront été régularisées, on retrouvera dans l'allure du terrain les traces d'un état antérieur plus ou moins oblitéré. En particulier, les anciens lacs se révéleront par des élargissements locaux des vallées, mais où le cours d'eau coulera dans une tranchée plus ou moins profonde, résultat du creusement survenu après la formation du déversoir.

Plaine de débordement. Conditions de pente. — La charge transportée par une rivière finit par arriver dans la partie basse du cours, où la pente, une fois régularisée, ne permet plus en général que le transport du limon et du sable fin. Alors se constitue, par le dépôt devenu permanent des matériaux charriés, une plaine alluviale on plaine de débordement, d'autant plus importante que la rivière a eu, pour s'établir, un plus grand travail de creusement à accomplir. Cette plaine fait continuité avec le réservoir, mer ou lac, auquel le fleuve aboutit, et parfois elle empiète sur ce réservoir en y construisant un delta, dont il sera ultérieurement reparlé.

Page 1