APLATISSEMENT DES VERSANTS
Comme c'est la pente qui est le principal facteur du pouvoir mécanique de Teau courante, c'est par Tinclinaison du lit que peu- Yent se définir les différents états qui viennent d'être analysés. Une pente supérieure à 2 pour 1000 caractérise tous les cours d'eau torrentiels y c'est-à-dire capables d'effets de creusement et de transport notables. Entre 2 et 1 pour 1000, les rivières sont divaganteSy et déplacent assez souvent leurs alluvions pour n'être pas navigables. Les rivières stables sont celles dont la pente varie entre 5 et! pour 10 000 *, et qui, même en temps de crues, ne peuvent déplacer que du menu gravier. Les plaines alluviales des embouchures se constituent d'ordinaire avec des pentes comprises entre 3 et 5 pour 100 000.
Toutefois ces chiffres n'ont rien d'absolu; car le pouvoir d'érosion et de transport varie non seulement avec la pente du lit, mais avec la masse de l'eau en mouvement.
ÂplatiBsement des versants. — Revenons maintenant au profil des versants, tel qu'il s'établit quand la rivière ne remanie plus
Fig. 32. — Aplatissement des versants.
que ses alluvions. Le talus que le ruissellement pluvial fait naître au pied d'un versant, en ABC (fig. 32), en vient à demeurer stable, prenant à l'extérieur une pente très réduite BC, définie par la limite du pouvoir de transport des eaux qui ruissellent. Alors l'attaque de la surface se poursuit au-dessus de B, par une tranche BDB'D', avec production d'un nouveau talus BC, qui prolonge CB. Par là, le versant s'adoucit peu à peu, sa crête reculant sans cesse, tandis que sa ligne de plus grande pente pivote, en quelque sorte, autour de Taxe du thalweg, en se rapprochant toujours de l'horizontale.
En même temps le profil de la crête doit s'adoucir de plus en plus. Au début, par suite du fréquent éboulement de nouvelles tranches, la crête A (fig. 33), constamment rafraîchie, devait commencer par une véritable arête, origine d'un versant rendu concave