‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 61 sur 364 · RUPTURES DE PENTE · texte numérisé non relu

RUPTURES DE PENTE

lilude de feuillets presque verticaux, les vallons s'approfondissent en un clin d'œil, et de véritables abîmes, comme celui que franchit le viaduc de Vignols, se substituent inopinément au paysage monotone qu'on avait traversé jusqu'alors.

Il est vrai que, dans ce cas particulier, c'est la stratification verticale des schistes, autrement dit une influence tectonique plutôt que génétique, qui est la cause principale du changement d'allure. Mais il est des cas où ce changement se produit sur des couches non dérangées. Ainsi dans le Valois, aussitôt qu'affleurent les masses résistantes et fissurées du calcaire grossier, on voit s'enfoncer rapidement et devenir extrêmement étroits les vallons qui avaient commencé à se dessiner, par de douces ondulations, sur les marnes supérieures au calcaire. Ainsi encore, dans la Haute Normandie, l'argile à silex, parfois épaisse de 35 mètres, imprime à la partie supérieure du pays le caractère ondulé des régions imperméables. Mais à peine les thalwegs ont-ils touché le soubassement crayeux qu'on voit se dessiner des vallées aussi profondes qu'étroites.

La succession d'une pente rapide à une inclinaison modérée peut encore se produire en l'absence de tout seuil rocheux proprement dit, quand le cours d'eau, supposé torrentiel, vient à traverser une couche susceptible de fournir, par l'éboulement des parois, des blocs qui encombreront le thalweg. C'est le cas de FEnns, qui après avoir coulé, du col de Mandling à Admont, dans une large vallée, avec une pente inférieure à 2,7 pour 1000, prend tout d'un coup, dans le défilé du Gesause, jusqu'à Hieflau, une pente de 6 pour 1000, et. cela uniquement à cause des blocs lombes des versants dans le lit de la rivière. C'est aussi ce qui arrive à l'Adige pendant la traversée de l'ancien éboulement des Lavini di San Marco '.

De la même façon, la Saône qui, de Verdun sur Doubs à Saint- Bernard près de Villefranche, coule à travers l'ancien lac de la Bresse avec une pente de 1 pour 25 000, prend tout d'un coup, entre Saint-Bernard et l'île Barbe, une pente de 1 pour 4000, parce qu'alors il lui faut non seulement franchir l'éperon du Mont d'Or lyonnais, mais triompher de la résistance oflferte par les cailloux que divers affluents ont amenés dans cette section.

Modelé des versante hétérogènes. — Dans les terrains hétérogènes, le profil des versants n^ peut plus être continu. Les couches

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