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SEPTIÈME LEÇON

LES INFLUENCES TECTONIQUES PASSIVES DANS LES RÉGIONS PLISSÉES ET DISLOaUÉES

Pays régrulièrement plissés. — La stratification régulièrement inclinée, dont nous venons de nous occuper, n'est qu'un cas particulier et élémentaire des influences tectoniques. C'est surtout dans les régions plissées que ces influences doivent être étudiées. Le Jura, par la régularité de sa structure, ofîre à cet égard des facilités spéciales ; aussi y chercherons-nous la plupart des exemples propres à nous éclairer sur ce mode de détermination du modelé.

Une région plissée est généralement composée de chaînes parallèles, alignées suivant la direction des plis. Il est naturel que les principales lignes de drainage s'établissent dans l'axe même de ces plis rentrants ou synclinavxc. Mais les versants de ces plis doivent déterminer une autre direction, perpendiculaire à la première. Par suite, dans ce cas comme dans les précédents, les traits essentiels du système hydrographique sont exprimés par un réseau orthogonal. Seulement ici les pentes transversales à la direction des couches plissées n'influent que sur les cours d'eau du deuxième ordre \ ou encore pour permettre une communication entre les divers synclinaux.

Ainsi l'établissement de cours d'eaux conséquents au fond des synclinaux est suivi par la formation d'affluents, qui leur viennent des versants mêmes des anticlinaux.

Supposons que la surface structurale * de la contrée soit formée à l'origine par une couche dure ayant l'allure représentée, en plan, avec courbes de niveau par la figure 63 (I), et en coupe trans-

1. De la Noè et de Margerie, Les formes du terrain, p. 144. — 2. Cette expression est de MM. de la Noë et de Margerie.

PAYS PLISSES

versale suivant MN par la figure 63 (II), c est-à-dire qu'il y a deux anticlinaux qui se rejoignent, et entre lesquels nait un synclinal, dont le fond sert de lit au premier cours d'eau *. Tandis que celui-ci se maintient sur la couche dure, un affluent latéral se forme en A et creuse son lit sur le flanc de Tanticlinal de gauche, de A en B. Un autre i

opère de même de C en D. Tous deux entament la couche dure et poursuivent leur œuvre jusqu'à la crête; car c'est là que celte couche doit être le moins épaisse et le plus disloquée. Les thalwegs AB et CD peuvent donc arriver sans "peine, en B et en D, sur la couche tendre sous-jacente, et alors il va s'y creuser des rigoles transversales E, F, G, H, suivant l'axe du pli. Si CD marche plus vite dans son travail qu'AB, E et F seront capturés au profit de C. Ainsi se formera une vallée anticlinale. Celle-ci pourra s'approfondir au point de conquérir à son tour la portion KAB. Mais si une couche dure plus profonde que la

première arrête cet effort, et que, pendant ce temps, C soit parvenu à descendre dans la couche tendre, la principale masse des eaux reprendra le synclinal. Ainsi, une même rivière subira des décrochements successifs, épousant tour à tour l'anticlinal et le synclinal voisins, de manière à établir toujours son lit en roche tendre.

Voûtes démantelées. — D'autres fois (fig. 64), une voûte sera démantelée à la clef, et ce seront des vallées monoclinales ou

Fig. 63. — Creusoment dans on I pays régulièrement plissé.

Fig. 64. — Voûte démantelée entre deux vaUées monoclinales.

combes, V et V, qui se formeront par le travail des cours d'eau parallèles aux strates.

Le pays de Bray offre un bon exemple de cette structure. De part et d'autre du dôme allongé qui en fait l'axe, la craie, brisée par le soulèvement, dessine deux lignes d'escarpements raides,

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