‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 75 sur 364 · Voir Davis, National geog, Mag · texte numérisé non relu

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jalonnés à leur pied (celui du nord surtout) par des cours d'eau. D'autre part, comme, sur une grande longueur, le soulèvement n'a amené au jour, suivant Taxe, que des couches meubles, facilement enlevées par Térosion, l'arête du dôme, démantelée, reste souvent au-dessous de la crête des escarpements latéraux. Un observateur placé sur cette crête croit donc avoir devant lui une large vallée au fond inégal, alors qu'en réalité il s'agit d'une croupe dont l'érosion a enlevé tout le sommet. Cette croupe ne s'est bien maintenue que là où elle était constituée par les calcaires durs du terrain jurassique; alors elle forme un dos d'âne régulier, atteignant la même altitude que les crêtes crayeuses du pourtour.

Inégalités du plissement. Lacs tectoniques. Cluses. — Un synclinal n'est pas nécessairement continu dans son allure, présentant d'un bout à l'autre une pente régulière. Son axe peut offrir des bombements qui le diviseront, du moins au début, en un chapelet de bassins indépendants. Alors il s'y établit des lacs tectoniques y c'est-à-dire déterminés par une dépression préexistante. Tels sont, dans la vallée de l'Orbe, le lac de Joux et le lac Brenet, puis, dans la vallée du Doubs, les lacs de Remoray et de Saint-Point. La plupart sont nettement allongés dans le sens du synclinal.

De tels lacs peuvent d'ailleurs, et pour les mêmes raisons, s'établir dans des vallées monoclinales, voire dans celles qui remplacent une voûte anticlinale rompue, si l'arête de l'accident n'a pas une pente continue. De plus, ils n'ont en général qu'une existence éphémère et leur destinée est de se combler, ou de se vider les uns dans les autres, par rupture des seuils qui les séparent.

De la même manière, l'axe d'un anticlinal n'est pas non plus à pente constante. Il peut offrir des ensellements, constituant des points faibles, qui procureront une voie de sortie aux eaux renfermées dans des synclinaux sans issue. Le cas est fréquent au Jura, où des cluses, c'est-à-dire des coupures transversales, établies aux points les plus bas des bourrelets anticlinaux, permette; certains cours d'eau de traverser les plis saillants. Très sou^ d'ailleurs on remarque que les couches plissées, qui affleurent les escarpements d'une cluse, ne se correspondent pas exactem d'une rive à l'autre. C'est la preuve qu'en ce point le pli avait subi une torsion ou un décrochement qui, en affaiblissant par étirement la résistance des couches, a dû les rendre plus accessibles à l'érosion.

Dans le Jura, le Doubs et son affluent le Dessoubre coulent d'abord (fig. 65) dans des synclinaux, qui les conduisent tous deux au nord. Mais, au point où la chaîne change de direction pour se

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