INFLUENCE DU RÉGIME MÉTÉOROLOGIQUE
entre Véliage et les crues. C'est pendant ces dernières seulement que le cours d'eau peut se montrer susceptible d'érosion ou de remaniement.
Or il n'est ^ère de rivières, si ce n'est peut-être celles qui se sont installées sur les dernières moraines glaciaires, où il ne soit aisé de reconnaître les traces d'un état météorologique sensible, ment plus humide que l'état actuel. C'est à cela que le lit majeur de la plupart des vallées, c'est-à-dire le lit que les cours d'eau n'occupent qu'en temps d'inondations, doit de se montrer presque partout très supérieur en étendue aux besoins présents de la rivière. Par conséquent, de même qu'on commettrait une grave erreur en prenant l'état actuel d'un cours d'eau parvenu à maturité pour la mesure exacte du travail qu'il a pu accomplir antérieurement; de même on se tromperait beaucoup si on supposait que le régime météorologique du temps présent ait dû partout suffire pour amener le modelé à l'état d'avancement où nous le voyons aujourd'hui. Les nombreux vallons ramifiés, si parfaitement façonnés, et aujourd'hui sans eau, qui aboutissent à toutes les rivières, portent témoignage de l'ampleur passée des précipitations atmosphériques. Mais la preuve la plus décisive est celle que fournit la nature des alluvions. Quand, au fond d'une rivière toujours limpide comme la Somme, on trouve un lit de graviers et de grros cailloux roulés, il faut bien admettre qu'autrefois le ruissellement était assez énei^ique pour attaquer partout le bief à silex qui couronne la craie de Picardie. Or, de nos jours, c'est à peine si des trombes exceptionnelles arrivent quelquefois à verser par endroits une couche de limon au-dessus des prairies tourbeuses de la région.