MOSELLE, MEUSE
lages de Mûlheim, Maring, Noviand etLieser, a son noyau réduit à une arête très étroite. Aussi la Moselle, sans doute aune époque où son activité se trouvait accrue, a-t-elle réussi à couper cette arête à Mûlheim, abandonnant la boucle pour aller tout droit à Andel et de là à Berncastel. Le chemin de fer suit en partie ces anciens méandres, coupant parfois en tunnel les éperons étroits qui en forment Taxe *.
De même, à Dinant, à 100 mètres au-dessus du thalweg de la Meuse actuelle, on remarque les traces d'un ancien lit vers lequel, sur la rive droite, les versants à partir «du plateau s'abaissent en pente douce de 100 à 120 mètres; çà et là, des cailloux roulés d'origine fluviatile jonchent cette terrasse. A ce moment, la Meuse
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Fig. 78. — Profils actuels dos lits successifs do la Meuse entre Lustin et Ëugis (d'après M. Stainier).
passait immédiatement de Namur sur les collines de Basse Belgique, où elle répandait ses alluvions, encore visibles *.
Des faits semblables s'observent jusqu'à Engis. De Lustin à cette dernière ville, M. Stainier ' a suivi les traces de trois rivières successives, de plus en plus enfoncées dans le plateau (fig. 78) : une Meuse tertiaire, une Meuse campinienne ou quaternaire, enfin la Meuse actuelle. La figure fait bien ressortir l'inégale déformation des anciens lits, accusant des mouvements discordants lors de la surrection du massif ardennais, cause de l'abaissement progressif du thalweg.
Ce qui est tout à fait décisif en faveur de l'hypothèse proposée, c'est que le lit tertiaire de la Meuse est marqué par des cailloux blancs oolithiques, aujourd'hui silicifiés, qui paraissent originaires des Vosges ou de la Moselle *; preuve qu'à cette époque le massif
1. Morris-Davis, Annales de Géographie, 1895. — 2. Dupont, in Penck, Kirchhoffs Uinderkunde, Belgien. p. 536. — 3. Bull. Soc. belge de Géologie, VIIÏ (4894;.— 4. Van den Broeck, Bull. Soc. belge, UI (1889); Stainier, Ann. Soc.géol.belg., XVUl, p. 29.
i72 INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES
primaire ardennais était beaucoup moins haut que de nos jours relativement au territoire français. De plus, les alluvions en question dessinent dans le pays une traînée culminantey comme si le fleuve tertiaire n'avait pas eu de berges. M. Stainier attribue cette circonstance à ce que la Meuse coulait alors au milieu de sables oligocènes, qui plus tard ont été enlevés par Térosion, tandis que le dépôt caillouteux fluviatile résistait plus efficacement à l'entraînement.
Par contre, en amont de Mézières, il n'y a plus de traces d'un lit supérieur de la Meuse, et la pente de la rivière y est moindre que dans la traversée de l'Ardenne, ce qui indique que le modelé de cette traversée ne doit pas être encore achevé.
La formation de la gorge du Rhin, entre Bingcn et Coblence, doit
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Fig. 79. — Profil du Rhin, do .Spire à Bonn (d'après M. Ponck).
Échelle : l pour 2 500 000 ; hauteurs exagérées 50 fois.
RR, niveau actuel du Rhin; R'R', traces de Tancien lit.
aussi être attribuée à une descente progressive de l'ancien lit de la rivière, descente provoquée par un mouvement qui changeait les relations du massif schisteux rhénan avec le bassin de Mayence el l'Alsace. Ce mouvement a peut-être été double, c'est-à-dire qu'il a dû y avoir simultanément surrection du massif et affaissement du bassin d'amont.
Le profil ci-joint (fig. 19), dû à M. Penck, montre les positions respectives de l'ancien lit et du nouveau. Un large sillon R' est creusé à environ 100 mètres au-dessous du niveau général de k plate-forme du massif rhénan. La grande profondeur des alluvions, qui atteint au moins 100 mètres à Darmstadt, prouve que le fleuve a considérablement remblayé son lit d'amont, ce qui confirme bien la surrection de l'obstacle en travers. Si cette surrection n'a pas dévié le cours du Rhin en le jetant d'un autre côté, c'est sans doute parce que le fleuve coulait au début dans une vallée assez profonde, où il a pu relever son niveau, sans se déverser latéralement de manière à franchir les obstacles qui se dressaient devant lui. En tout cas la coupe montre que cotte profondeur était déjà acquise dans le massif schisteux. Là, des ter-