Old red sandstone des Anglais
qui est venu autrefois s'appuyer, comme un dépôt de rivage, contre le pied de la chaîne calédonienne; et cette même formation, accompagnée de nouveau grès ronge triasique, garnit les bords de la grande échancrure où se logent les firths de Dornoch et de Morav.
Ainsi Fangle rentrant si curieux que forme la côte écossaise, entre les caps Dunscamby et Kinnaird, n'est pas un accident récent ou fortuit. Il était préparé dès les plus anciennes périodes géologiques. C'était un golfe par où les lagunes de la mer dévonienne et celles du trias pénétraient dans l'intérieur du massif archéen. Ce golfe n'est d'ailleurs que l'origine du grand Glen d'Inverness; et la preuve qu'il y a toujours eu là une ligne faible du sol écossais est fournie par la présence, sur la côte de Sutherland, de lambeaux déposés par la mer jurassique. Des témoins semblables subsistent autour de l'île de Skye, trahissant un ancien détroit. Ainsi le morcellement des Highlands aurait emprunté de très vieilles lignes de moindre résistance du massif.
La différence qui vient d'être signalée, entre les rivages occidentaux de la pointe écossaise et ceux qui regardent vers l'orient, suffirait à expliquer pourquoi les derniers sont infiniment moins découpés et moins riches en fjords que les premiers; car il est évident que la dislocation et l'érosion n'ont pas pu agir dans la même mesure sur les schistes cristallins des bords du Minch et sur les conglomérats du grès rouge de Caithness et d'Elgin. A cette cause s'en ajoute une autre, peut-être encore plus décisive.
Nous avons dit que les Highlands pouvaient être considérés comme un ancien plateau qui, lors de l'effondrement atlantique, avait dû basculer en se relevant à l'ouest. C'est donc le bord occidental, formant falaise, qui a subi le principal effort de cassure et s'est accidenté ensuite des vallées les plus profondes. En outre les glaciers qui, s'ils n'ont pas créé les fjords, ont tant contribué par l'occupation de ces sillons à la conservation de leurs caractères topographiques, ont persisté plus longtemps à l'ouest qu'à l'est; d'abord à cause de l'altitude plus forte, ensuite parce que l'alimentation en neige devait être plus abondante là où se dressait le plus haut obstacle en face des vents d'ouest. Toutes les conditions étaient donc réunies pour accentuer la profonde différence de contours qui existe entre les rivages atlantiques de l'Ecosse et ceux que baigne la mer du Nord; différence qui, pour ces mêmes causes, ne se borne pas à la pointe des Highlands et se poursuit tout le long de l'Ecosse.
[jo*wland8. Hautes terres du sud. — D'Aberdeen à Greenock, géologie révèle Texistence d'une dislocation qui traverse toute cosse, et peut même se suivre au delà, dans Tîle d'Arran. C'est là 3 se fait le passage des hautes aux basses terres ou lowlands. Le g de cette cassure, un ruban de terrain carboniférien commence,
s'étend jusqu'à Glascow, entre les Grampians d'un côté, les niagnes méridionales de l'autre. Non seulement ce bassin atteste 5 dépression d'âge primaire, où les dépôts dévoniens et carbonilens étaient venus tour à tour se loger; mais la faible résistance
sédiments qui remplissent la dépression y a facilité l'œuvre de dénudation. Celle-ci eût été plus complète encore, si diverses sses éruptives, injectées à travers les assises sédimentaires vers în des temps primaires, n'avaient mieux résisté à l'érosion que couches encaissantes ; de sorte que les débris de ces injections caniques demeurent aujourd'hui en saillie, formant les collines Pentland et, en particulier, la célèbre éminence de V Arthur' s ty qui domine Edimbourg.
lies Hautes terres du sud, entre le Mont Merrick et les collines Lammermuir, sont une répétition affaiblie des Grampians. De nbreuxplis, alignés du nord-ouest au sud-est (c'est-à-dire trans- •salement à l'axe orographique apparent de la région), disuent les terrains primaires, mélangés par places d'archéen. Ces ) de date très ancienne, appartenant sans doute aux racines de la ille chaîne calédonienne rabotée, sont sans influence sensible ' le relief actuel, déterminé surtout par la dureté des roches et ;tion combinée des eaux et des glaciers. Néanmoins, le fait que sieurs rivières coulent dans la même direction, du nord-ouest sud-est, en traversant tout le pays, indique que la structure tonique devait commander le réseau hydrographique antérieunent au dernier aflaissement des lowlands *. En plus d'un point illeurs, le terrain des montagnes disparaît entièrement sous
bruyères et les herbes qui garnissent le manteau glaciaire »andu sur le pays.
BCébrides, Orcades, Shetland. — C'est dans les Hébrides que le rain archéen de l'Ecosse, autrefois bien plus étendu vers le nordîst, s'est le mieux conservé. Là s'observe le gneiss dit fondantal, sur lequel le grès précambrien de Torridon est venu s'ap- [|uer de l'autre côté du <iétroit deMinch. Ces îles, dont les cimes minantes sont toutes collées contre le bord atlantique, ont des
Halin, op. cil.
334 LEÇONS DE GÉOGIUrUIE PHYSIQUE
rivages découpés mais avec quelques alignements dominants. Leur intérieur est plat, et porte des lacs ou des marécages. Leur aspect, très analogue à celui des îles Lofolen, est essentiellement Scandinave. C'est le bord, relevé vers louest, d'une bande en partie effondrée au devant de la côte des Highlands. La profondeur très irrégulière du Minch, où se trouve une fosse de 278 mètres, justifie cette hypothèse. Là encore, il y a influence combinée des dislocations et de Térosion marine, cette dernière agissant sur une terre déjà démembrée.
Les Orcades sont les restes très déchiquetés d'un massif de vieux grès rouge, qui se reliait autrefois à celui de Caithness, s'appuyant au nord-ouest contre un noyau archéen aujourd'hui disparu. Comme toutes les terres écossaises, les Orcades sont plus hautes à l'ouest qu'à l'est et se montrent accidentées de menus lacs glaciaires. Déchirées par une foule de petits fjords et de sundsy ne laissant voir absolument aucun dessin dans leurs contours, elles mettent surtout en évidence l'action des vagues, qui découpe le grès rouge en falaises, et parfois en aiguilles caractéristiques*, où s'accusent à la fois la stratification presque horizontale du grès et sa division par des fissures verticales.
Les Shetland diffèrent beaucoup des Orcades. Autant les contours de ces dernières sont capricieux, autant ceux des Shetland sont réguliers dans l'ensemble, laissant prédominer une direction presque nord-sud, qui fait, de la plus grande partie de ces îles, d'étroites arêtes rectilignes. Ces falaises sont exceptionnellement abruptes, plongeant du pied dans une eau profonde, et, dans la petite île de Foui, qui est comme le poste avancé du groupe, elles sont coupées à pic sur une hauteur de 300 mètres *. La tourbe domine dans l'intérieur, où des surfaces moutonnées se montrent à une grande hauteur, et la nature y est essentiellement septentrionale, comme aussi la population, d'origine franchement Scandinave.
On sent, rien qu'au dessin, que ce groupe d'îles ne doit pas appartenir à la même formation que les Orcades ; et en effet, si un peu de vieux grès rouge dévonien se montre dans la partie orientale, tout le reste est constitué de schistes anciens fortement comprimés, débris des racines delà chaîne calédonienne, qui se poursuivait de l'Ecosse au cap Nord. Dans ce massif de très antique consolidation, l'écoulement atlantique a produit des cassures franches, qui expliquent l'allure rectiligne des rivages.
i. Voir fig. 102, p. 234.