XVI TABLE DES MATIÈRES
centrale, 541. — Partie septentrionale du massif plissé, 542. — Chaînes des Palissades, 5i3. — Piedmont, 5ii. — Plaine côtière, .')4i. — Plateaux du Cumberland, 545. — Plateaux des Alleghanies. 546. — Plaines du Mississipi, 546. — Monts Ozark. Arkansas, 547. — (Irandes plaines de TOuest, 548. — Rivages du golfe du Mexique. Floride, 549. — Région occidentale. Aperçu général, 549. — Dessin de la région, 550. — Chaînes septentrionales, 551. — Monts des Cascades, 552. — Sierra Nevada, 552. — Hydrographie et érosions de la Sierra, 553. — (^.halne cAtière. Dépression californienne, 553. — Plateaux volcaniques de TOrégon, 554. — Dislocation des Montagnes Rocheuses. Accidents du Yellowstone, 554. — Monts Wahsatch, 555. — Grand Bassin, 555. — Anciens lacs. Régime désertique, 556.
— Hauts plateaux, 557. — Phénomènes d'érosion. Cailons, 557. — Monts Uintah. Monts Henry, 558. — Plateau du Rio-Grandc, 559.
— Montagnes Rocheuses proprement dites, 559. — Black Hills, 560.
— Front Range, 560. — Parcs, jardins, 561.
Vingl'c'mquièîne leçon. — I. L'Amérique centrale et les Antilles. 562
Ajierçu général, 562. — Mexique, chaînes de la Sierra Madré, 562. — Plateau mexicain, 563. — Volcans du Mexique, 563. — Chaînes des isthmes américains. Aperçu général, 564. — Guatemala. Honduras. Nicaragua, Costa-Rica, 565. — Isthmes de Panama et de Darien, 566.
— Yucatan. Golfe du Mexique, 566. — Antilles, 567. — Dislocations des .\ntilles, 568.
Aperçu général, 568. — Massif brésilien, 569. — Montagnes du Brésil, 570. — Bassins du Parana et du Sao Francisco, 571. — Versant amazonien, 571. — Guyane, 572. — Bande des dépressions. Llanos, 573.
— Dépression de l'Amazone, 573. — Dépressions argentines, 574. — Pampas, 575. — Patagonie, Terre de Feu, 575. — Cordillère des Andes. Aperçu général, 576. — Constitution des Andes chiliennes, 577. — Cordillères argentines, 577. — Virgation des chaînes, 578.
— Partie méridionale des Andes, 578. — Caractères du littoral chilien, 579. — Particularités du versant occidental des Andes, 580. — Tectonique générale des Andes, 580. — Partie moyenne des Andes, 582. — Plateau péruvien, 582. — Disparition des volcans. Tremblements de terre, 683. — Cordillères péruviennes, 584. — Coude de la Cordillère, 584. — Andes équatoriales, 585. — Andes colombiennes. Chaînes du Venezuela, 585. — Influenced'un massif ancien. 586. — Résumé de la structure des .\ndes, 586.
m. Les terres polaires 587
Terres américaines. 587. — (Groenland, Spitzberg, Nouvelle-Zemble. 588. — Islande, 589. — Terres antarctiques, 590.
LEÇONS
DE
PREMIÈRE LEÇOiN
Définition de la G^éographie physique. — La Géographie physique doit être, par raison d'étymologio, la description du globe terrestre, exclusivement basée sur les caractères naturels que présente la surface de notre planète. Tandis que l'ancienne géographie accordait une place prépondérante à tout ce qui est du fait de l'homme, non seulement la nouvelle doctrine écarte cet ordre de considérations, mais elle prétend subordonner l'action humaine à rinfluence de la nature, en cherchant, dans les particularités du milieu, l'une des principales parmi les causes d'où résultent les différences qu'on observe entre les divers groupes de populations.
D'ailleurs, la géographie [»hysique entend ne pas demeurer une science purement descriptive. Il ne lui suffit pas de définir et de classifier de son mieux, d'après les apparences extérieures, l'ensemble des détails qui constituent ce qu'il est permis de nommer la fnojyhologie terrestre. Elle sait maintenant que ces formes ont une raison d'être, tirée des vicissitudes par lesquelles a passé, durant une longue suite de siècles, la surface de ce globe, dans l'histoire duquel les annales de l'humanité ne tiennent qu'une place presque insignifiante. C'est pourquoi, sans se confondre avec la science qui a ces vicissitudes pour objet propre, c'est-à-dire avec la géologie,
DK LAPPARKKT. — LecoDS de f^T^ogr. pbys. 1
la g-éo^^phio physique est de plus en plus amenée à reconnaître
la nëcftssité crôtre au courant des données principales de la science
géologique. Là seulement elle peut acquérir la notion de ces struc-
Éufes internes, qui commandent jusqu'à un certain degré les formes
•.. extérieures, et dont elle est obligée de tenir compte, au même
.. Mtre et dans la même mesure que la peinture et la sculpture ont le
•* V.*' devoir d'observer les règles de Tanatomie.
Mais cela ne suffit pas encore, car Tétat présent du globe est la résultante d'une superposition compliquée de phénomènes, qui ont agi successivement, tantôt dans le même sens, tantôt en sens contraires; de telle façon que les structures et les formes actuelles ont une histoire, qui seule les rend pleinement intelligibles. Si le géographe n'est pas tenu <le déchiffrer lui-même cette histoire, du moins il est forcé d'y avoir égard, absolument comme l'ethnographe est dans l'obligation de ne pas ignorer le passé des peuples dont il veut faire comprendre les mœurs et les caractères physiques. C'est (m se conformant à ces exigences que la description du globe acquiert une base solide, et devient vraiment ce qu'on pourrait appeler la fiéographic rationnelle.
Ainsi compris, le cadre de cette science est extrêmement vaste. D'une part, elle embrasse la définition précise, au double point de vue de la forme et de la genèse, de toutes les unités homogènes entre lesquelles peut se diviser la surface du globe. D'autre part, il lui appartient de rechercher comment la forme de ces unités réagit sur la distribution de conditions physiques, dont le principe est extérieur à notre planète, et d'où dépendent ici-bas les réactions de tout ordre qui s'accomplissent à la surface, soit dans le règne minéral, soit dans le monde organique. Après quoi la science achève son œuvre, en traçant le tableau des résultats définitifs qu'engendre cette combinaison d'éléments divers, et où l'activité humaine intervient pour sa grande et légitime part.
C'est à ce dernier chapitre, essentiellement descriptif, que s«» sont surtout appliqués jusqu'ici les efforts des géographes, même de ceux (|ui ont le mieux senti la nécessité de rompre avec les conventions arbitraires du passé.
A la vérité, de louables tentatives ont été faites par eux, surtout depuis cinquante ans, pour asseoir la classification des formes d<* la surface sur des considérations purement naturelles. Mais les œuvres inspirées par cette tendance sont restées incomplètes, parce qu'elles n'étaient pas suffisamment imprégnées de la notion des causes profondes auxquelles tient la variété des tableaux de la
nature. Faute de cette initiation préalable, on s'est troj) souvent laissé ^ider par des homolofries plus apparentes que réelles, s'exposant ainsi, suivant une juste comparaison de M. W. M. Davis \ à des méprises comme celles que commet le vuljraire, quand il se croit autorisé à classer les baleines avec les poissons, ou les chauves-souris avec les oiseaux.
Pour obvier à cet inconvénient, il est indispensable de mettre à la disposition des géographes des règles fondées sur une exacte appréciation des circonstances qui ont présidé à la genèse des formes terrestres. C'est à cette tâche, qui réclame plus particulièrement la compétence du géologue, que nous comptons nous appliquer ici. L'honneur d'avoir ouvert le chemin dans cette direction revient à Elie de Beaumont, qui en exposait magistralement le principe, dès 1835, dans sa mémorable description des Vosges, bientôt suivie par Ylntroduction à f Explication de la carte géolch fjique de France^ où les rapports de la forme avec la structure sont esquissés en traits saisissants. Plus d'un autour s'en est heureusement inspiré depuis lors; et cependant la semence a été lente à germer, tant était puissante l'influence du préjugé qui, sous prétexte de rompre définitivement avec l'ancien régime, avait été jusqu'à proscrire, en géographie, l'emploi des noms de provinces et de pays!
D'ailleurs, à ces efforts partiels, il manquait un essai de codifidation dogmatique. Cette lacune a commencé à être comblée chez nous en 1888, lors de la publication de l'ouvrage fondamental de MM. de la Noë et de Margerie sur Les Foi^mes du terrain *. De leur côté, les Américains, dont le territoire offre, surtout dans l'ouest, des facilités absolument exceptionnelles pour la mise en évidence des rapports entre la surface et le sous-sol, donnaient à ces conceptions des développements remarquables, d'où commence à sortir, sous l'influence prépondérante de M. W. Morris Davis, un véritable corps de doctrines. Le nom de Géomorjjholofjie a été créé aux États-Unis [)our désigner le nouvel ordre de connaissances, auquel sont attachés, en Amérique, les noms de MM. Davis, Lesley, Powell, Dutton, Gilbert, Mac Gee, Hayes, Chamberlin, Diller, Lawson, Campbell, etc. Mais il esl Juste de rappeler l'influence exercée sur cette éclosion par un grand nombre de .savants européens : en Allemagne, MM. Ed. Suess^ do Richtho-
\. Sational geof/r. Magazine^ 188î>.
i. Paris, Imprimerie Nationale, 1888.