LA PÉNINSULE SCANDINAVE 3S
iif toral d^une lar^e bande de terrains primaires, alignée suivant r^kxe de la péninsule, entre Christiania et le cap Xoni. Le low^ de c^tte bande se montrent par endroits des massifs éruptifs. de CM^ture basique, que leur plus grande dureté a laissés on saillie sur 1^ voisinage, et qui déterminent les plus hautes cimes du pays. tc^lles que rYmesfjeld <260Ù mètres».
La bande primaire. <»ù affleurent le pn-cambrien et le siluri.^0, offre une largeur movenne de 150 à 200 kilomètres, dimirmuant vers le nord, et comprend justement toute la i^rtie du v^^rsant oriental où la topo^rraphie se maintient assez accidentée. ^ lest apparaît l'archéen des bords du golfe de Bothnie, d'allure beaucoup plus uniforme, avec ses nombreux fleuves arallèles, tous conformes à Tinclinaison movenne du massif.
Les couches de la bande primaire sont généralement |>eu inclinas. Mais on y apen^'oit par places, sur les hauts plateaux, des l&nibeaux très disloqués. En outre, au voisinage du cap Nord se prononce, sur le côté intérieur, un ruban de vieux grès rouge, semblable à celui des Orcades. Tout |»orte donc à croire que le bord osnental de la bande primaire marque la place d'une ancienne oliatne, prolongement de la chaîne calédonienne, que Térosion ^^.urait rabotée jusqu'à son socle, n'en laissant subsister qu«^ d'insigxiifiants lambeaux '. De la sorte, les parties culminantes du sol soandinave se seraient trouvées, dans l'origine, à l'est de la ligne de faite actuelle, laquelle marque une brisure en rapport avec l'écroulement atlantique.
fjords. Vallées du versant oriental. — Les détails que nous ^^ons donnés antérieurement, à propos des fjords ', nous dispensant d'insister à nouveau sur cette rr^marquable particularité de la ^ôte norvégienne, qui procure un développement total de plus de 27000 kilomètres à un rivage où, en ligne droite, on n'en mesure H^e 4500. Rapi^elons seulement que ce sont des vallées sinueuses ^^ profondes, au fond inégal, en relation évidente avec les dislocations de la cote, et trop fniichement abandonnées par les L^laciers P^Ur que la raideur des parois ait eu le temps de s'adoucir |»artout ailleurs que dans le sud, où rèirne un climat plus favorable. Le ^^■^iid nombre des cascades et des lacs étages sur leurs bords atteste la jeunesse relative du réseau hydrographique. C'est du
^* Cette conceplion, i|ue nou< rlcvimii à une indication de M, Suess, ne peut être ntée qu'aTec une grand^^ ri;««'r%'e, n^c^^ssitee par Timperfection actuelle de no< Naissances sur la géoloirie *\f la Scandinavie. ^* Voir plui haut. pp. \^*, l*'»».
reste un fait général pour toute la péninsule que cet état inachevé (les vallées d'érosion. On est là, par excellence, dans le pays des rapides et des cascades. Les chutes offrent jusqu'à 100 mètres et plus de hauteur, et au lieu d'ôtre confinées dans le cours supérieur des rivières, elles se produisent parfois dès le débouché à la mer.
Pour être de quatre à cinq fois moins raide que le versant atlantique, la pente orientale du Kjôlen n'en est pas moins sillonnée par un grand nombre de vallées, toutes parallèles entre elles, et contenant, dans leur partie haute, de nombreux lacs allongés. Tous sont assez fortement encaissés pour qu'on ne puisse hésiter à y reconnaître une structure semblable à celle des fjords, mais «atténuée par les progrès de l'érosion, les glaces ayant quitté ce versant plus tôt que l'autre.
En revanche, la plaine où débouchent toutes ces vallées orientales a été encombrée de dépôts morainiques, d'âge encore trop récent pour que la surface en soit entièrement régularisée. De là le grand nombre des petits lacs sans écoulement et l'indécision des lignes de partage secondaires, qui fait naître quelquefois des bifurcations de cours d'eau. Ce phénomène est surtout fréquent dans le nord, où l'on voit s'enchevêtrer littéralement ensemble les rivières Ternea, Kalix, Lainio et Muonio.
Traces de Taction glaciaire. — L'action glaciaire est fortement em[)reinte sur la Scandinavie entière .Aujourd'hui encore, toutes les parties plates, voisines de la ligne de faîte, portent des champs de névés, dont quelques-uns, comme le Justedal, couvrent jusqu'à 900 kilomètres carrés. Mais, à la différence des névés alpins^ enfermés dans de véritables cirques qui les dirigent vers un petit .nombre d'émissaires, les neiges Scandinaves sont de simples amoncellements sur des portions élevées et plates de l'ancienne pénéplaine, d'où elles s'échappent en divergeant. Aussi, la plupart du temps, les glaciers qui en résultent, faute de concentration, sontils de dimensions relativement restreintes. Par exemple, il n'y a pas de glaciers, émanés du Justedal, qui atteignent la septième partie du glacier d'Aletsch en Suisse.
Il en était autrement à l'épbque pleistocène. A deux reprises, la Scandinavie s'est trouvée enfouie sous les glaces. Lors de la dernière extension, la moins considérable, il paraît, selon M. de Geer, que la plus grande accumulation de glaces avait lieu le long d'une ligne située un peu à l'est du faîte actuel, et cette fois une seule partie du territoire, la Suède méridionale, échappait en
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entier i rioTasion. Pesant de tout son poid> sur le pays, sans ^^rd aux vallées Jéjà dessinées par-^lfssous. la iriace rab^jtail toutes les aspérités. île sorte que le [»aysaffi^ îrlaciain' Je> r«>ch**s moutonnées et striées, avf^ bloii-s erratîqu»*s •iîsséminés. prévaut iskwis toute la contrée. Seult^ment. dans la («artîe munta«meu>e. e** psàysage offre surtout les caractères de la zont^ central^, tamiîs qu»c^ux de la zone périphérique ou morainiqu^^ dominent en Sué^lr. pr^ du golfe lit' Bothni*^ ^t île la Baltiijue. se trahissant par la multitude des lacs aux rontours capricieux. \}:r longues traînées de graviers ou st*ar ' y marquent la plac»- ^les anciens fleuves îfla- Claires.
Tous les lacs de la Su*-tl»- méri*lit*nale nr sont f»as exclusivement d'origine glaciaire, et nou^ verrons lians un instant que les plus importants, Venem et MâUr. !Mjnt les débris d'un ancien détroit marin. Parmi les autres, beaucoup s-^nt essentiellement des cavités morainiques, barrées [lar îles accumulations <;laciaires. Mais il en €^t où la cuvette est lo résultat lie l'érosion, la ?lace avant balavé. ^Ur son passa<?e. des formations peu résistantes qui s'étaient maintenues daas les dépressions de l'arché^^ri. Plus d'un lambeau de ^^^Icaire silurien de la Suê^le méridionale a été ainsi enlevé, dont le» débris se retrouvent aujourd'hui di^-^minés lian^ le ti=-min *^«"ratique de TAIIema^e du NopI.
Terrasses, lignes de rivage. — Le dévelop[»emenl du paysa:re nncrainique n'est pas la seule Kr^*^*- %'isible qu'ait laissée en Scandinavie le passaire d*r* irrands irlacîers. i> |»assa£r^ a été accompagné de mouvement* jrénéraux du sol. provoquant des altema- K^*es de submersion et d'émersiMn. [Mandant lesquelles les eaux, nnarines ou lacustre», ont dû stationner a^sez lonslemps à île certains niveaux. Le stationnement. *-ïi obli:;eant les ^aux aftluente^ i se décharger sur ces horizons des troubles qu'»-lb-* charriaient. * fait naître des ternis.*^$ de cailloux, de graviers. [»^rfiii* d*- sabler d^ plage, dont Tabondance ^. un •l^'i trait* cararléri*liques iJe la ^orvèare. D'autres terrasse^ résultent >^ulement d*- «e qu»- la irlice. ^n voie de retraite, barrant le cour* *u[»érirur d»- «luelqu»^ vallé»-. '* transformait en un lac. •ur le Ujr-l duquel le* t»»rrenl» voisin> Jetaient leur chanre •!*• cailloux a un nivi-;iu ass*-z l^nslemps sta- ''onnaire, puis décn^is^ant par »;ta|i^*.
'^s alternatives de submersion rt d'émersiori s^^nt attestées par i* ...
" **ïciennes ligne» d^ nc^y^, ave»: co«juiIies marines arctique^
' ~ Voir piss haot, p. âL
" Lmvom étt noir. ^nf». ^
rejetées par le flot. Quelques-uns de ces dépôts s'observent, dessinant de vraies banquettes, jusqu'à 180 mètres d'altitude. Un tel phénomène jette une vive lumière sur Tallure présente des fjords; car il atteste que ces incisions, préparées par dislocation et achevées par Férosion, à la fin dos temps tertiaires, puis occupées par les g^laciers, ont été envahies par la mer, jusqu'à la hauteur indiquée par les restes de plages, au moment où les glaces allaient rentrer dans leurs limites actuelles. Ensuite le sol s'est relevé, mais pas assez pour ramener à leur niveau primitif les embouchures des vallées, dont la partie inférieure, disloquée du reste par les suites de l'effondrement atlantique, est encore enfouie sous les eaux marines.
Vicissitudes de la Baltique. — Au moment de la dernière grande submersion, marquée par la présence sur le sol des restes du mollusque arctique appelé Yoldiaarctica, un bras de mer s'étendait à travers la Suède, du Skager-Rak à la Baltique, noyant, avec ce qui forme aujourd'hui les lacs Venern, Yelmar et Malar, une bonne partie du littoral jusqu'au fond du golfe de Bothnie. Grâce à cette communication, la Baltique septentrionale était alors assez salée pour nourrir des huîtres. Elles ont cessé d'y vivre depuis que, la jonction avec l'océan ne s'opérant plus que par les détroits danois, cette mer a rec^u constamment un excès d'eau douce par les fleuves. Mais, entre temps, un certain nombre de poissons et de crustacés d'eau salée froide, môme de phoques, avaient réussi à s'acclimater dans les lacs suédois et norvégiens, où ils témoignent de leur ancienne condition marine. Le caractère arctique de ces animaux a quelquefois fait supposer qu'un détroit septentrional faisait alors communiquer la Baltique, par la Finlande, avec la mer Glaciale; mais cela ne paraît pas indispensable, vu les conditions arctiques qui régnaient alors dans la mer du Nord.
Postérieurement à cet état de choses, un soulèvement a fait émerger la contrée, et pendant quelque temps la Baltique, complètement isolée, est devenue un lac d'eau douce, sur les bords duquel vivaient le mollusque Ancylus fluvialilis et des limnées, comme le prouvent de nombreux restes recueillis dans des ai^es entre 40 et 43 mètres d'altitude. Plus tard, un affaissement a, non seulement établi la jonction avec la mer par les détroits danois, mais rendu à la Baltique assez de salure pour qu'elle put nourrir Cardium edule et Litlorina liltorea.
A cette époque, le golfe de Bothnie devait s'être plus fortement affaissé que la Baltique proprement dite; car les dépôts de cet