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DIX-NEUVIÈME LEÇON

SUITE DE LA ZOx\E DES MASSIFS A3ÎCIENS

Partie méridionale du Massif Central.— La partie méridionale de la région française s'appuie, comme celle du nord, contre le Plateau Central. Mais ce dernier envoie, à la rencontre des Corbières, un éperon très prononcé, qui joue un rôle important; car c'est juste à sa pointe que se place le seuil de partage entre TAtlantique et la Méditerranée. Do plus, cet éperon est interrompu (»n son milieu par une bande de plateaux calcaires absolument caractéristiques, qui tout en s'élevant à la môme hauteur que la pénéplaine primaire avoisinante, en diffèrent du tout au tout, (^est l'effet d'un golfe profond, par lequel les mers jurassiques ont largement pénétré dans la région des Cêvennes et du Rouergne, accumulant leurs dépôts sur une épaisseur considérable.

A l'est de ce golfe est le promontoire archéen ou primaire des liantes Cévennes^ que le Mont Lozère domine au nord, comme la rime granitique de TAigoual le domine au sud. Faisant face à la dépression du Rhône par une haute falaise, où les affluents du fleuve ont entaillé de nombreux et profonds ravins, ce lambeau de la pénéplaine primaire se profile au sud-est avec les apparences dune vraie chaîne; mais le plateau redevient très net entre 1 Aigoual et le Mont Lozère, tous deux isolés des schistes cristallins en raison de leur plus grande dureté.

L'éperon occidental, beaucoup plus important, tient au plateau du

Cantal par un isthme étroit, où vient se placer le bassin houiller de Decazeville. Il s'épanouit ensuite largement dans le Houergue, où sa surface aplanie forme les plateaux du Ségala et de Lévezou, exclusivement composés de gneiss et de micaschistes. Alors se prononce un district plus accidenté, celui des Monts de Lacaune, où le développement des calcaires-marbres, d'âge primaire, donne SM paysage une physionomie très particulière, et qui, par le haut plateau archéen de VEspinouse^ au bord méridional si nettement tranché, se soude à la Montagne Noire. De celle-ci jusqu'à l'Hérault, une bande de terrains primaires, avec calcaires compacts, accidentée de plis nord-est, descend rapidement vers la Méditerranée par ce qu'on appelle les Monts du MinervoiSy moins profondément découpés que les Cévennes du Mont Lozère.

Golfe des Causses. — C'est entre la pointe de l'Espinouse et les contreforts de l'Aigoual que s'ouvre le golfe jurassique des Causses «t qu'apparaît, sur le bord des Cévennes, la tranche du grand massif calcaire par lequel le golfe a été rempli. Son bord extrême, sensiblement relevé, à une altitude moyenne de 900 mètres, forme la terrasse étroite de La Séranne ; et celle-ci descend à l'Hérault sous la forme d'un versant découpé qui engendre les Monts GarrigueSy bien différents par leur allure des pentes archéennes ou primaires au milieu desquelles ils sont encadrés.

Avant le relèvement qui a créé les Cévennes, la surface du massif calcaire, qui est aujourd'hui à environ 1000 mètres d'altitude moyenne, occupait un niveau peu différent de celui de la mer, et était à peu près continue avec la pénéplaine de l'Aigoual, dont elle recevait les eaux. La surrection du bord méridional a mis les rivières dans la nécessité d'approfondir sur place leurs lits sinueux *, et ainsi se sont créés les célèbres cations de la région (celui du Tarn atteint SOO mètres de profondeur). Quant à la surface demeurée presque horizontale, parce qu'elle s'appuie sur une plate-forme résistante, elle est devenue ce désert de pierres qu'on appelle le plateau des Causses. Son aplanissement absolu contraste avec l'allure au moins mamelonnée de la pénéplaine voisine, comme aussi le réseau serré des thalwegs, sur le territoire imperméable des schistes cristallins, tranche sur la rareté des cours d'eau dans ces plateaux fissurés où les eaux se perdent.

Les quelques rivières qui sillonnent le bloc calcaire, Tarn, Dourbie, Lot, Aveyron, le découpent en compartiments aux parois

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