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tM*^ces de la plus grande extension des glaciers septentrionaux. Bohème. Aperça général. — La Bohème a (Hé le noyau du sol o.llemand, comme le Plateau Central formait celui du sol français. In^iividualisé de bonne heure, ce massif de terrains archéens et pjnimaires ne s'est pas laissé envahir par la mer carboniférienne, qui le longeait au nord comme au sud. Au moment où cette mer s^ retirait, un bourrelet montagneux s'est dressé le long de la pointe occidentale du district, envoyant deux chaînes divergentes, l'iine où est aujourd'hui l'Erzgebirge, l'autre suivant ce qui constitue la Forêt de Bohême et la Forêt de Bavière. Ainsi, sans doute, so préparait, dans l'angle rentrant, le futur affaissement du terrain. En effet, à partir de ce moment, la destinée de la Bohême a été fort différente de celle du Plateau Central. A la vérité, pendant longtemps, le massif est demeuré une île, obligeant les mers secondaires à le contourner. Mais au lieu de garder sa condition de pénéplaine et de subir un relèvement en masse, il a éprouvé ^n affaissement dans l'intérieur, ce qui a permis, par le nord, l*îiivasion de la mer crétacée. Puis l'époque oligocène a accentué ^et affaissement, en faisant pénétrer jusqu'au cœur de la Bohême *e sillon de l'Oder, après que des poussées orogéniques, ressuscitant l'ancienne chaîne du sud-ouest, eurent fait surgir le bombe- 'ï^ent de la Forêt de Bohême^ auquel le Riesengebirge et les Sudèles 'disaient pendant au nord-est. Le relief des Monts Métalliques ou ^T'zgebirge s'est rajeuni à son tour par un mouvement qui **iclînait au nord-ouest la pénéplaine archéenne de Saxe, pour la ■^élever en falaise vers la Bohême, le long d'une grande dislocation que les éruptions volcaniques ont alors jalonnée.

Par suite de ces événements, le territoire bohémien est devenu ^ne sorte de cuvette en forme de losange. Cette cuvette est ^■onfiînée de trois côtés par des murailles montagneuses, tandis ^^e, sur le quatrième côté, le plateau inorave représente, en avant ^es Carpathes, l'équivalent oriental de la zone préalpine extérieure, Jouant un rôle analogue à celui du Jura souabe.

Porôt de Bohème. — Si maintenant nous faisons le tour du

**^assif, en commençant par le point où il vient toucher le sillon

Pï'éalpin du Danube, nous rencontrons d'abord la Forêt de Bohême^

"^iiquée en avant par la Forêt de Bavière. Là, le fond archéen

** avance si loin au sud qu'il devient partie intégrante du sillon

P^^^pin; de sorte que le Danube, abandonnant la bande tertiaire,

^^ule de Passau à Linz à travers le gneiss et le granité, d'où

**^5ivilte l'aspect si pittoresque de cette section du fleuve.

La Forêt de Bohême est un grand bombement, où le granité dessine dans le schiste cristallin des traînées dont la direction, d'abord nord-ouest, tourne au nord pour préparer Talignement de rErzgebirge. Très peu de points y dépassent 1000 mètres daltitude. C'est le bord de la pénéplaine primitive, exhaussé par le même effort qui a créé les hauteurs de la Forêt de Thuringe, en contraignant le Jura franconien à se couder rapidement au nordouest. Seulement, au point même où passe le principal seuil de la Forêt de Bohême, celle de Bavière s'en écarte et livre passage é un coin de terrains secondaires.

Le pays est peu accidenté ; les cimes y sont arrondies et de peu de hauteur. Mais quelques traînées de quartz, demeurant en saillie, dessinent des murs du diable. Une magnifique végétation, surtout de pins gigantesques, aux teintes sombres, garnit cette croupe , où abondent les rochers ruiniformes de granité, et dont presque tout le drainage se fait vers la cuvette bohémienne.

Erzgebirge. Suisse saxonne. — Nous avons dit que VErzgehirge était un fragment de la pénéplaine archéenne, doucement incliné vers la Saxe, et se relevant en plateau vers la Bohême. De ce côté il tourne un abrupt en gradins, d'environ 500 mètres <le hauteur, dont le pied est exactement longé par le haut Eger et par la Biela. Le sillon que suivent ces rivières marque la place que les eaux oligocènes sont venues occuper, lorsqu'à eu lieu la dislocation d'où cette grande falaise est née. Mais cette dislocation a traversé des phases successives de mouvement, et les tremblements de terre de TErzgebirge laissent croire que l'équilibre n'y est pas encore définitivement acquis. Les sources thermales de Carlsbad, de Marienbad, de Teplitz, les culots de basalte et de phonolite du MUlelgebirge, sont les traces de l'activité éruptive contemporaine de ce grand mouvement du sol.

A 20 kilomètres à l'ouest de la gorge de l'Elbe, un changement complet se produit dans le paysage. C'est que là on entre dans le massif de sédiments crétacés qui occupe toute la partie nord-est de la cuvette bohémienne. Ces sédiments sont surtout des grès bien stratifiés, divisés par de nombreuses fissures, et la gorge que l'Elbe s'v est ouverte est un véritable canon *. De là les caractères particuliers de la Suisse saxonne, avec ses mers de rochers, ses piliers isolés, ses colonnades et ses falaises; caractères qui se

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