Voir plus haut, pp. 170 à
LA CHAINE DBS ALPES 4il
s'accusent dans la topographie par une succession de longues crêtes et de vallées para^èles, mais la structure interne éclate aux yeux les moins prévenus, par les visibles inflexions des bancs calcaires dans les cluses ou vallées transversales.
Les argiles et les marnes des étages inférieurs de la série jurassique la plus élevée occupent presque partout le centre de grandes voûtes ouvertes, et la surface de ces combes, couverte de prairies ou de marécages, fait un contraste frappant avec l'allure des créts ou murailles calcaires, plus ou moins boisées, qui les dominent de toutes parts. Les vais occupent des plis synclinaux, et sont généralement ouverts dans la base du système crétacé.
Le nombre des plis successifs s'élève jusqu'à 20 dans la région centrale du Jura. Du reste, cette circonstance s'explique, non seulement par le développement plus facile que les ondulations ont pu trouver dans l'angle entre le massif alsacien et le Plateau Central, mais aussi par la plus grande flexibilité des assises. En eflet, les couches marneuses y sont partout mélangées aux couches calcaires, formant ainsi ce qu'on a appelé le faciès jurassien du système jurassique; tandis que, au sud, l'ensemble revêt un autre faciès dit alpin, où la prépondérance des calcaires le rend moins souple.
Quant à l'effet produit par la structure du Jura sur le réseau hydrographique, il en a été suffisamment question, à propos des régions plissées \ pour qu'il soit superflu d'y revenir ici.
Particularités du Jura. — Dans le Jura français, la proximité croissante de la croupe archéenne, qui relie souterrainement le Plateau Central aux Vosges, introduit un élément de trouble, accusé par la dislocation qui a fait arriver jusqu'au jour le poiniement gneissique de la Serre, en même temps qu'elle détermine l'apparition du lias et du trias sur le bord bressan de la chaîne. Cet accident, combiné avec l'effondrement qui a donné naissance à la grande vallée de la Saône, motive une division naturelle du Jura français en trois zones : la zone plissée, qui regarde la Suisse, une bande de hauts plateaux entrecoupés de failles, qui a son type aux environs de Champagnole; enfin une lisière occidentale disloquée, dominant la Bresse par un versant qui porte le vignoble de Franche-Comté.
Dans le Jura suisse oriental ou argovien, qui heurte beaucoup plus directement le massif de la Foret-Noire, le conflit se traduit