Pciick, Morpholoqie der ErdoberflCiche
D'un autre côté, si l'on cherche à préciser la zone où se produit cette déviation, on trouve qu'elle coïncide partout avec la rencontre de la dépression méditerranéenne. Cette dernière doit donc nous apparaître, non seulement comme une bande d'aflaissement et de plissement, mais comme la trace d'une sorte de rupture ou de décollement, traversant en écharpe l'écorce du sphéroïde. Ce décollement impliquerait l'idée d'un effort «le torsion, en vertu duquel toute la partie australe de l'écorce se serait trouvée entraînée vers l'est, autrement dit tlans le sens même du mouvement de rotation de notre ^'•lohe.
Enfin l'examen d'une carte bathymétrique fait ressortir un fait très significatif : c'est ([u'un abaissement tle 2000 mètres dans le niveau de la mer ne chanjrerait presque rien au contour des continents. Les seules modifications importantes qui en résulteraient seraient les suivantes : Terre-Neuve et le Labrador se trouveraient minis au Groenland, et de ce dernier à l'Europe s'étemlniit, par 1 Islande, une terre isolant la fosse atlantique de celle île la mer l)on*ale. Cette même terre comprendrait les îles Britanniques, rattachées d'un côté à l'Espagne, de l'autre à la Scandinavie et, par là, au Spitzbei^. L'Amérique du Sud s'élaiTrirait vers sa pointe, dépassant les îles Malouines. Le Japon se rattacherait, <1 un côté au Kamtchatka, de l'autre à la Chine, et l'Indo-Chine ferait corps avec les îles de la S<mde ainsi que les Phili[>pines. Enlin, l'Australie, au^^menlée <h» la Tasmanie et de la Nouvelle- Guinée, enverrait de son anjxle nord-i»st un prolongement reclilipie, qui se recourberait ensuite brus(|uement pour faire le tour J«* la Nouvelle-Zélande, mais en laissant entre celte terre et h*
rivage australien une fosse profonde. En somme, ces modifications seraient d'une importance très secondaire, el le fait que toul le reste du dessin continental subsisterait atteste avec (pielle force d doit être gravé dans l'écorce.
Telles sont, laidement esquissées, ce qu'on [)eut a[q)eler U»s «lonnées fondamentales de la géographie. A travers la complication *|ui nous avait frappés au priMnier abord, toutes concourent à laisser entrevoir un dessin d'ensemble, plus ou moins clissimulé par les «•nanf,'emenls successifs ([u'uiie longue suite de siècles a fait subir îi la surface de l'écorce. El l'invincible impression (|ui s'en dégag«* **sl celle de causes profondes autant (pie puissantes, auxquelles " est nécessaire de ilemander le secret d'une structure dont les Ifuils dépassent de beaucoup, en ampleur et en généralité, ce (pi'il **8l possible d'expli<|uer par des actions purement superficielles.