Jahrbuch der K, K, geoL Beichsanstaltf 1888, p
date comprise entre le crétacé et le tertiaire; la seconde, la plus importante, contemporaine de la fin de Toligocène; la troisième, datant des derniers temps néogènes. Ainsi l'apparente continuité du croissant carpathique, entre les Beskides et les portes de Fer, ne doit pas être interprétée dans ce sens, que la chaîne se serait dressée d'un seul coup avec cette courbure, et il y a là, comme dans les Alpes, superposition d'efforts qui se sont produits à diverses époques.
Plaine hongroise. — La plaine hongroise est le résultat d'un effondrement, au moins relatif, survenu au milieu de l'arc alpin oriental. Mais ce qui la distingue, c'est que la chaîne cristalline plissée, qu'elle a partiellement entraînée dans sa chute, ne devait pas être flanquée du côté de la dépression par une très puissante série sédimentaire. Elle formait probablement le bord disloqué d'un massif archéen qui, à en juger par ce qu'on observe à Fiinfkirchen comme au Ranat, ne se laissait pas envahir au milieu par les mers jurassiques.
Le cours de la Drave, de Varasdin à la Theiss, paraît dessiner très exactement le bord de ce massif ancien. En effet, au sud, dans ce qu'on appelle parfois la Mésopotamie croate, entre la Drave et la Save, plusieurs chaînons alignés se succèdent : ceux d'Ivancisa et de Cilo, de Pozega, enfin de Fruska Gora. Dans les premiers, les dolomies du trias et les calcaires secondaires apparaissent, associés au granité et à l'archéen. Dans le dernier, isolé au milieu d'une grande plaine de néogène et d'alluvions, les schistes micacés se montrent seuls avec des serpentines. On reconnaît donc ici la cause du changement de direction que les plis alpins ont éprouvé, en rencontrant l'angle de l'ancien massif. Tandis qu'un faisceau s'en allait au nord-est, par la forêt de Bakony, rejoindre le Tatra, un autre était dévié au sud-est et allait engendrer les chaînes dinariques, encore^ plus fortement déviées au sud à la rencontre du noyau archéon de la Serbie et des Balkans.
Les effondrements hongrois ne se sont d'ailleurs pas produits tout d'un coup. Le premier, en faisant naître le bassin de Vienne, laissait la mer miocène entrer dans la région ; plus tard, c'est avec les dépressions orientales que la cuvette hongroise communiquait, et c'est au milieu des sédiments déposés durant cette période que s'est creusé, par un nouveau mouvement du sol, le bassin où les eaux, de plus en plus dessalées, ont subsisté jusqu'à la fin de l'ère tertiaire. La Basse-Hongrie, avec la Slavonie, a donc été un lac, jusqu'au jour où le Danube a réussi (probablement dans les temps
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quaternaires) à s'ouvrir par érosion le remarquable défilé des Portes de Fer, après «avoir répandu en avant d'énormes quantités d'alluvions. Alors, sur le fond desséché et encore salin de Tancienne cuvette, où la pente de la Theiss, pour les 260 kilomètres de son cours inférieur, est inférieure à Ipour 15 000, s'est établie la steppe, entremêlée de sables mouvants, avec les nombreuses flaques d'eau qui signalent VAlfôld et ses abords.
Quant aux lacs Balaton et Neusiedl, ce sont évidemment des restes de l'ancienne couverture lacustre; mais l'alignement manifeste du premier nu pied de la forêt de Bakony, les émanations salines qui s'y font jour, les débris volcaniques qu'on y recueille; enfin, pour le second, sa situation devant l'efTrondrement viennois, donnent à penser que les dislocations ont été pour quelque chose dans le dessin de ces cavités.
La partie haute de la plaine hongroise ou Feldfôld est un plateau de sables, grès et marnes néogènes en couches horizontales, où les rivières ont dû, par suite de la chute de la partie basse, découper leurs lits suivant une direction est-ouest. La pente rapide de ces rivières, descendant des Carpathes ou du massif intérieur transylvanien, leur a imprimé un régime torrentiel, par suite duquel elles ont peu à peu repoussé vers l'ouest la Theiss, qui recevait leur tribut *.