Le Pieghe délie Alpi Apuane
2. Th. Fisclicr, Grundzûge zur Bodenplastik Italiens. {VerhandL des 10^^. GtographentaffS, Berlin, 1893.)
contrastent avec les profils adoucis des roches tendres du tertiaire. Les vallées y sont étroites et plusieurs des territoires calcaires offrent les particularités génériques du Karst *.
L'Apennin romain est encore assez nettement plissé ; mais ce caractère s'atténue beaucoup dans la chaîne des Abruzzes, où Ton trouve surtout des failles, le long desquelles les compartiments ont joué. On voit encore un certain nombre de rivières y couler longitudinalement entre deux chaînons; mais le nombre des cassures transversales augmente. Cela tient non seulement à la nature moins souple des assises, mais aussi à l'approche du territoire de grandes dislocations qui embrasse toute l'extrémité de la péninsule.
La haute terre plissée de VOmhrie et le plateau montueux, difficile d'accès, de» Ah*uzzes, où les calcaires crétacés dominent, et que prolongent à l'ouest les plis aplatis des Monts de la Sabine^ séparent l'Apennin moyen du Latium, abondant en produits volcaniques. La Campagne Romaine, faite de tufs imperméables, est une steppe sans habitants, à cause des émanations marécageuses ; mais à côté se dresse l'oasis des Monts Albains, formant un grand cirque avec un cratère central, d'où les laves ont coulé, et près duquel s'ouvrent les lacs-cratères d'Albano et de Nemi. Les volcans du Latium, qui édifiaient encore des tufs aux premiers siècles de Rome, ont couvert, réunis à ceux de la Toscane méridionale, un espace énorme de leurs puissantes accumulations , aidant ainsi la terre ferme à conquérir un espace notable sur la mer. A la suite viennent les Marais Pantins, où les dunes empêchent l'écoulement des eaux d'un sol sans pente, (|ue limitent les montagnes calcaires des Lepini.
Apennin méridional. — Tandis que, dans l'Apennin septentrional, les plis étaient toujours bien visibles , quoique souvent décrochés en escalier, la partie méridionale de la chaîne est caractérisée par son état de morcellement. Il n'y a plus do chaînons parallèles, et des massifs, les uns calcaires, les autres cristallins, surgissent, formant parfois de hautes surfaces. On sent qu'on approche d'un terrain essentiellement disloqué. Deux divisions s'y reconnaissent, séparées par la puissante coupure du Crati, trace d'un ancien golfe pliocène. Ce sont VApennin napolitain et V Apennin calabrais.
Le premier est [irincipalement calcaire, et les failles qui dislo-
i. Voir plus haut, p. 2:{2.
quent le terrain se traduisent souvent par de blanches murailles, polies et miroitantes. La Basilicate, où le pliocène est parfois à 1000 mètres d'altitude, s'adosse à ce massif qui, après avoir atteint son point culminant au mont Polino (2212 m.), est coupé net par la cassure du Crati.
Dans l'Apennin calabrais, on voit surtout apparaître le granité et les schistes cristallins. Aussi le massif archéen de la Sila, avec ses formes arrondies et ses larges vallées, fait-il un contraste marqué avec les déserts calcaires de la région précédente. C'est là qu'éclate principalement l'absence de phénomènes de plissement; c'est là aussi que le pliocène a été soulevé jusqu'à 1200 mètres, parfois redressé, mais sans plis, jusqu'à la verticale.
Contre l'Apennin napolitain s'appuie la Pouille^ reliée au promontoire du mont Gargano. C'est une plate-forme de calcaire crétacé compact, absorbant si bien les eaux que depuis l'Ofanto jusqu'à Otrante on n'y voit pas un seul fleuve. Celte plaque est limitée au sud-ouest par un ruban pliocène, trace d'un ancien détroit, contre lequel elle se relève sous un angle notable par des escarpements qui ont jusqu'à 200 mètres. Ce sillon est suivi par le Locone et le Basentieilo.
Du côté opposé apparaît l'ancien cirque volcanique de la Campante, entouré de calcaires coupés net en falaises, et se prolongeant jusqu'à Capri. Il y eut là à la fois soulèvement d'un golfe et remplissage par des dépots volcaniques, qui donnent au pays une grande fertilité. Cette riche plaine, la plus étendue de l'Italie après celle du Pô, est séparée de Naples par les Champs phléfjréeiiSy abondants en manifestations volcaniques de date récente, et au delà desquels se dresse le Vésuve.
Sicile. — Ce qui caractérise la Sicile, c'est que son rivage septentrional représente très nettement, par la ligne de hauteurs qui le borde, une déviation de l'Apennin méridional dans la direction des plis de l'Atlas tunisien. Le massif Péloritain de Messine est intimement lié à l'archéen de la Calabre et, en dehors de l'Etna, toute l'île est un chaos de collines arrondies, où les formations sont de plus en plus récentes à mesure (ju'on s'avance vers le sud.
Malte et Lampédouse en sont des appendices, ofirant comme la Sicile, dans les fentes de leurs calcaires, les restes de nombreux mammifères, éléphants, hippopotames, etc., de la faune africaine. L'âge tout à fait récent des dislocations qui ont séparé ces îles de l'Afrique est prouvé par la situation qu'occupent en Sicile certains
épôts marins quaternaires, portés au mont Cicci, à près de 00 mètres daltitude.
L'Etna occupe le centre d'un ancien golfe cratériforirie, qu'il a ntièrement rempli de ses projections, au-dessus desquelles il a eu à peu édifié, par un mélange de laves, de tufs et de scories, î gigantesque cône de 3 300 mètres qui s'y dresse aujourd'hui.
Péninsule balkanique. Aperçu général. — La péninsule balkalique*, prise dans son acception la plus large, commence au point ù les plis des Alpes orientales, rencontrant le massif ancien de la Croatie, ont été obligés de s'infléchir au sud-est pour former les haiîies dinnrif/ues. Dans ce parcours, ils sont venu3 se heurter entre un autre noyau archéen encore plus considérable, celui qui mbrasse la Serbie, le Uhodope et le Despoto-Dagh. Alors ils ont lû se jeter au sud-sud-est, dans l'Albanie, l'Epire et la presqu'île lellénique. Pendant ce temps la poussée carpathique, déjà infléchie «r le Banat et rencontrant le bord septentrional du Rhodope, se ésolvait dans l'accident des Balkans,
D'un autre côté, tandis que les plissements dinariques et helléliques agissaient sur des sédiments calcaires en grandes masses, ilternant avec des couches plus flexibles, la prédominance des errains anciens assignait aux dislocations balkaniques un tout Lutre caractère, et les effondrements y devenaient la règle.
De là résulte une division naturelle du territoire en deux parties : 'une occidentale, essentiellement piissée et alignée du nordlord-ouest au sud-sud-est, qui se poursuit de l'IUyrie à l'extrémité lu Péloponèso; l'autre orientale, où les alignements, dirigés de ouest à l'est, sont souvent interrompus par des bassins affaissés, jes terrains secondaires dominent presque exclusivement dans la »remière moitié, ainsi que les calcaires, qui impriment à toute la »ande une physionomie très uniforme. Les roches cristallines urtout abondent dans la partie orientale, à l'exception de la fosse lanubicnne, où la mer crétacée a fait une incursion avant l'invaion des eaux tertiaires.
Région du Karst. — La séparation de la région dinarique comaence dès le Frioul, et se prononce avec beaucoup de netteté jntre la Save et la pointe de l'Istrie. Sur toute cette étendue, que l'a pas touchée Teflondrement du Pô, apparaît le régime des caliaires compacts, (|ui a été la forme normale de la sédimentation néditerranéenne pendant les temps secondaires. Ainsi à partir de
!. Voir i>our plus de délails Tli. Fischer, Kirchhofjfs Lânderkunde, Europa, H, 2. DB LAPPARE.NT. — I.cçons de géogr. phys. 30
Lail)ach en Carniolo, on voit se succéder les calcaires du trias, ceux du jurassique inférieur, enfin les grandes masses du calcaire compact crétacé du Karsl ou Carso et de Flstrie. Seulement, dans les plis synclinaux ou concaves de ce dernier s'intercalent des rubans du flysch tertiaire, qui a été disloqué avec lui; et cette association, qui va continuer à se produire dans toute la zone dinarique, sera la seule cause de variation du paysage. En effet le flysch, étant marneux et sableux, engendre des formes douces et des oasis arrosées au milieu des plateaux uniformes, fissurés et arides, de ce qu'on appelle ajuste titre, par extension d'une désignation locale, la région Karstique,
Cette bande, dont la largeur atteint jusqu'à 180 kilomèlros, s'étend avec les mêmes caractères sur la Carniole, l'Istrie, la Croatie, la Dalmatie, le bord de la Bosnie, l'Herzégovine et même le Monténégro, où commence la déviation des plis vers le sud. Sur toute cette longueur, elle se ressent à la fois du plissement régulier des assises, et des cassures qui, agissant plus tard suivant la même direction que le plissement, ont morcelé le massif calcaire. Le pays s'est ainsi trouvé divisé en bandes parallèles, dont chacune est abaissée relativement à la précédente. Les cassures sont absolument franches, parce que la masse calcaire était épaisse et compacte; et les dernières bandes viennent plonger, avec des bords en falaises souvent abruptes, sous les flots de l'Adriatique, dont la forme actuelle est précisément due à cette dislocation.
La simplicité de construction de la contrée dinarique comporte un grand développement des vallées longitudinales; mais le doï^sin (le beaucoup d'entre elles est inachevé, à cause de la nature et Je l'état de dislocation des calcaires, qui facilite la perte des eaux, la création de rivières souterraines, l'effondrement de grottes, ayant pour conscMjuence la production à l'extérit^ur d'entonnoirs ou doli/œs \ Heureusement le voisinage de la mer et la douceur ^^ climat, malgré les rigueurs de la horn ou vent d'hiver, permettent à la végétation forestière de prendre possession même (b^s pl^' teaux ; et sans le déboisement inconsidéré de la contrée, on i^ V trouverait pas de ces déserts de pierres comme ceux qui aujai^i^' d'hui s'y rencontrent troj) souvent.
Côte dalmate. Date de sa dislocation. — Par l'effet de la dit^l^^ cation de la chaîne })lissée des Alpes dinariques, la mer, pénétra '^ largement dans quelques-unes des vallées synclinales, n'a lai^^