In Fischer, op. cit
Teffondrement partiel de ce territoire auraient commencé vers la fin des temps secondaires, pour ne s'achever qu'avec Tère quaternaire, engendrant deux fosses, ligurienne et tyrrhénienne, sans compter celle, si marquée, qui sépare la Sardaigne des Baléares; et c'est parce que la Tyrrhénide s'aflaissait et se morcelait peu à peu que les plis de l'Apennin ne se seraient pas dressés contre elle en rides comparables aux Pyrénées.
Une série de cirques d'affaissement ont mordu sur la cote italienne entre la Toscane et la Sicile, et le long des cassures qui les limitaient, des volcans se sont installés, Vésuve, Lipari, Etna, Pantelleria, etc. ; alors que, comme contre-partie de l'effondrement, quelques-uns des dépôts jetés par la mer pliocène à l'est de l'ancienne chaîne apennine, non seulement émergeaient, mais se voyaient portés à de grandes altitudes. En même temps la Sicile, déjà séparée de l'Italie par la cassure de Messine, était privée de toute liaison avec l'Afrique, dont s'isolaient aussi la Corse et la Sardaigne, perdant du même coup leur jonction avec la Toscane.
Des mouvements aussi récents ne peuvent avoir dit leur dernier mot; aussi, pendant que les atterrissements des rivières, joints aux tufs volcaniques, comblaient plusieurs des anciens cirques, notamment celui de la Campanie, l'histoire n'a cessé d'enregistrer des tremblements de terre désastreux, surtout le long de la cassure circulaire allant du Vésuve à l'Etna; ainsi le séisme de 1688, qui fit 20 000 victimes dans la Campanie et la Basilicate ; celui de 1693, qui, autour de l'Etna, détruisit 49 agglomérations, on tuant 73 OQO habitants; le tremblement de terre delà Calabre, qui en 1783 anéantit 109 villes ou villages, en faisant 32 000 victimes ; celui de Potenza en Basilicate, survenu en 1857, et qui causa 10 000 morts, etc. Partout, c'est la mise en évidence de l'instabilité de cette pointe de la Calabre, où des cassures si visibles se croisent autour des noyaux archéens d'Aspromontc et de la Sila.
Le seul volcan, d'ailleurs éteint, qui soit à Test des Apennins, est le Vultur. Quand il était actif, il se trouvait sur le bord du bras de mer pliocène longeant la plate-forme de la Pouille, et que marque une ligne de dislocation. Beaucoup plus au nord, les sakes et les terrains ardents du Modénais sont aussi sur le côté extérieur de la chaîne, mais dans le domaine de l'effondrement alpin.
Apennin septentrional. — La chaîne des Apennins commence au col de Giovi, à l'extrémité d'un petit massif archéen, et débute par VApennin ligurien, suivi de V Apennin étrusque. Tous deux abon-
dent en serpentines, qui percent des sédiments surtout éocènes, ayant le même faciès que le flysch du sillon préalpin.
Les plis sont très nets dans cette partie de la chaîne, et ils sont parallèles, mais décrochés en coulisse. On voit chaque crête principale perdre de sa hauteur, vers le sud-est, laissant le rôle de ligne de partage à une chaîne plus orientale. M. de Stefani ' a compté 28 plis, se décrochant ainsi entre Pise et Florence. Le plus long a 95 kilomètres. Par ce décrochement, la ligne de partage, qui à Gènes se trouvait à 10 kilomètres de la côte ligurienne, est, aux sources du Tibre, éloignée de 150 kilomètres de la mer Tyrrhénienne.
Le côté extérieur de la chaîne, où le soulèvement tardif s*est seul manifesté, ne présente que des vallées conformes à la pente générale, et qui toutes aboutissent au Pô. Sur le versant opposé, ce sont les plis qui déterminent la direction des cours d'eau; ceux-ci coulent dans des vallées synclinales, qui autrefois formaient des lacs, et se déversent aujourd'hui dans la mer de Toscane '.
A l'extrémité de l'Apennin ligurien vient se coller contre le rivage le petit massif des Alpes Apuanes, isolé de l'Apennin par un sillon que la mer pliocène a utilisé. C'est un district très disloqué, où se montrent des terrains fort anciens, mais dont la caractéristique, au point de vue topographique, est donnée par les belles masses calcaires du trias et du jurassique inférieur. Ces calcaires, devenus dos marbres, forment les montagnes de Carrare et de
Massa.
Les montagnes de Pise en sont le prolongement, mais bien différent comme nature de roches. Au devant de l'Apennin étrusque s'étend un assez vaste territoire montueux, parcouru par une dépression que l'Arno supérieur arrose, et où le Tibre coule en sens inverse. C'est par là que la mer pliocène a passé. Le lac de Trasimène y est logé. Ce bras de mer contournait la Chaîne niéiaUi" fèi^e, riche en minerais divers, et ses dépôts ont fini par souder entre eux, sur la terre toscane, un certain nombre d'îlots, où les sédiments sont de divers âges, mais ne remontent pas au delà du carboniféricn.
Apennin moyen. — h' Apennin moyen ^ divisé en romain et abrnzze, se fait remarquer par les hauts sommets de ses chaînes calcaires, à noyau triasique, dont les formes hardies et sauvages