G. Rolland, Bull, soc. géoL de France [3], XVH, p
teaux ont été en partie remblayés par de puissantes alluvions avant l'époque actuelle, et les cuvettes qui subsistent, entourées de steppes, abritent des chotts, c'est-ànlire des lacs salés d'où l'eau disparaît en été.
Cependant il s'en faut de beaucoup que toute la région soit privée d'écoulement. Si plusieurs rivières s'y perdent dans les chotts, d'autres, comme le Chéliff, ou comme la Mellègue de Tunisie, franchissent l'Atlas tellien par des gorges, après avoir drainé une grande étendue de la région. Même on remarque que, dans ce cas, la ligne de partage entre la Méditerranée et le désert est rejetée contre l'Atlas saharien, tandis que ce dernier est à peine dépassé vers le nord par les cours d'eau qui descendent au désert. Cela tient à ce que les rivières méditerranéennes, favorisées d'une plus grande quantité de pluie, ont eu sur les autres un avantage notable, qui leur a permis de pousser leurs eaux de tête beaucoup plus loin.
Atlas marocain. — Le Grand Atlas ou Atlas marocain est encore très mal connu. On sait cependant qu'il se divise en plusieurs chaînes distinctes et que, si la plus méridionale d'entre elles, V Anti-Atlas, est bien dans le prolongement de l'Atlas saharien, les autres ont des directions un peu différentes et correspondent plutôt à la région des plateaux algériens. Celle qui [)orte plus particulièrement le nom de Grand Atlas offre une cime de 4500 mètres, et non loin de la mer on y trouve encore des sommités de plus de 2600 mètres.
Un pareil relief, d'après ce que nous savons de la puissance habituelle des agents d'érosion, ne devrait appartenir qu'à des montagnes de récente formation.
Cependant on ne signale dans cette chaîne, en fait de terrains plissés, que des sédiments primaires, traversés par des roches éruptives anciennes, et contre lesquelles le crétacé s'appuie au nord en discordance. Il est donc vraisemblable que le relief de ce district a dû être ressuscité par quelque dislocation récente. A voir la façon brusque dont la chaîne se termine au cap Ghir, et la régularité avec laquelle les îles volcaniques des Canaries s'alignent sur son prolongement, on est porté à soupçonner qu'une ancienne terre, peut-être V Atlantide de la tradition, existait audevant du Maroc, et qu'en s'écroulant elle a ouvert des fissures par où l'activité éruptive s'est fait jour.