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Lombardie

Fip. 5. — Coupo outre la vallée du Douhs et la LoniharJio (liaiiteurs <lécuplées).

lement au Jura et aux Alpes, de la vallée du Doubs à la plaine lombarde.

Le profil ainsi obtenu fait ressortir avec une grande netteté le

08tend«

Lscu.Qt

Ssjnbre

Baraque Michel

Fip. 6. — Profil RéiuTal du sol belge.

sens général de la courbure dans les acci<lents du relief européen. Si Ton fait abstraction des vallées profondes, œuvre <le l'érosion, par lesquelles la continuité des versants montagneux peut élro interrompue, et qu'on rétablisse, en passant par-dessus ces échan-

crures, ta courbe d'ensemble des principales déclivités, on constate que partout cette courbe est concave vers le ciel.

Cela est bien visible pour la pente qui va du Doubs â la rréte du Jura, pour celle qui relie le lac de NeuchAIel aux cimes du Mont-Rose, enfin et surtout pour la descente de ces sommets aux plaines du Pô. Sans doute rex;igéralio[i Jes hauteurs, relativement aux distances, fait paraître cette concavité beaucoup plus pro- Doncée qu'elle ne l'est n^elleraent; mais l'adoption d'une autre échelle ne ferait que

réduire la courbure, sans en

changer le sens.

Une cou[»p frénérale du sol

belge (lip. 6), entre Ostende

et TEifel, accentuerait plus

tiairenieni encore la concavité

du |irofil des versants maritimes.

Considérons maintenant une

coupe de l'Asie suivant un

méridien (lig. "). Une concavité

très accentuée relie le cours

i» Gan^e à la créle de l'Himalaya. C'est aussi par une

courW concave que de ces

«>inmets on va rejoindre

Lhassa et que de là on remonte

^ 'a cliatne qui domine le

Teii?ri-.\or. De rAltyn-Tafrh,

afêle terminale <lu plateau

tibétain, au Lob-Xor, la chute

'st si hruMjue qu'il est à peine

|»ssihle de parler d'une cour-

hure pour le versant; et la remontée depuis la dépression de Liouktehoun et de Tourfan (laquelle s'abaisse à 160 métrés audessous du niveau de la mer) jusqu'au Ïhian-Chan, n'est pas moins raide. Mais au delà de la Dzoungarie, Tallure du profil redevient normale, et c'est par une concavité indiscutable, décrochée en dents de scie à la rencontre des monts Sayan, (jue s'opère la descente d'ensemble de l'^Vltaï aux {daines sibériennes.

Une courbe du môme genre représente (fig. 8) le passage du bassin du Mississipi aux Montagnes Rocheuses, sous le 37*" parallèle, comme aussi la descente de ces montagnes aux territoires de l'ouest; puis, après un peu d'indécision du profil au voisinage de la région des déserts, la concavité se reconstitue en ilouble, pour la descente au Pacifique, d'abord sur le flanc ouest <le la Sierra Nevada, puis sur celui de la chaîne côtière. C'est aussi par des courbes concaves que les Appalaches ou Alleghanys font face, au Mississipi d'un côté, à l'Atlantique de l'autre.

La loi que nous venons île reconnaître ne se vérifie pas seulement lorsqu'on embrasse à la fois de grandes étendues continen-

Ajaccio VS^-- Basti*

Fig. 9. — Profil transversal do la Corse.

taies. Un profil en travers de la Corse, entre Ajaccio et Bastia (fig. 9), en fournit encore la confirmation. D'une manière générale, si Ton consulte les nombreuses coupes du globe terrestre, suivant les [>arallèles de latitude, qui ont été dressées par M. Heiderich, on s'assure que partout les [tentes d'ensemble des grands versants ont un profil concave» vers le ciel. La concavité est d'autant mieux accusée que les versants sont plus franchement maritim(»s, (»t les seules dérogations à la règle, d'ailleurs peu nombreuses, se produisent au voisinage des dépressions intérieures, toutes occupées par des déserts.

Signification des particularités du profil. — Or on sait (et nous le reverrons plus tard avec les dévelop[)ements voulus) <jue la courbe concave est essentiellement celle qui convient à l'équilibre des eaux courantes. On peut donc dire que la surface des continents porte partout, profondément gravée, ïeynpreinte du travail de t érosion. Cette empreinte ne fait défaut que là où justement, en raison du climat, l'action des eaux courantes est demeurée

radîmentaire ; ot d'ailleurs rallure particulière de ces bassins déprimés laisse le plus souvent cleviner une structure (Teffondretnent^ essentiellement ilifférenie de celle qui caractérise les massifs de haut relief.

En disant que le profil des déclivités terrestres est concave, nous n'avons en vue, bien entendu, que la courbe d'ensemble des ^nrands versants. Dans une vallée particulière, il arrivera souvent que la résistance ollerle par une roche dure la laissera en saillie, parfois même en surplomb, au milieu de pentes adoucies, correspondant à Taffleurement de terrains plus meubles. Mais ces détails ne s'observent que sur les profils élémentaires, et ils disparaissent complètement dans les coupes f.'-énérales (pii embrassent une grande étendue de pays.

Profil du fond des mers. — En appliquant au fond des mers le même mode d'investifration, nous allons trouver des résultats sensiblement différents ».

Prenons comme [>remier exem[)le (fig. 10) une coupe de la mer

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Fig. 10. — Coupe de la mer des Antilles entre les Uancs de Honduras et la Floride.

des Antilles, entre les bancs de Honduras et la Floride. Trois particularités doivent surtout nous frapper. C'est d'abord la grande étendue de la bande sans profondeur qui prolonge partout le rivage ; puis la convexité très progressive du profil à partir de cette limite ; enfin le ressaut très sensible qui se produit, vers 2500 mètres, sur le versant méridional de la fosse de Bartlett, et à partir duquel on atteint les fonds de 6000 mètres par une seconde pente convexe wrs la mer.

La faible pente du rivage pourrait à la rigueur être interprétée comme un effet de l'érosion marine, efficace jusqu'à une profondeur de 100 ou 200 mètres, et qui, en mangeant peu à {)eu la côte, aurait créé à la longue une plate-forme» très peu inclinée. On a aussi le droit d'admettre qu'une partie du bombement littoral est instituée par des sédiments, résultat de la destruction progressive delà terre ferme. Mais ces sédiments, tombant sur un versant qui

1. Nous avons fait grand usage [jour cette élude des cartes contenues dans la section -Hydrographie» de l'Atlas physique de Berghaus. édition de 1801.

eût été primitivemenl concave, auraient tout au plus rectifié sa [)ente, sans pouvoir former un talus bombé. Il semble donc impossible (réchapper à cette conclusion qu'ici Tallure du profil, aussi bien dans sa partie haute que dans la plus basse, doit résulter dune cause interne, qui aurait <léformé Técorce en la bosselant.

L'intensité avec laquelle cette cause aurait agi est sans doute exagérée dans notre coupe, où Téchelle des hauteurs est beaucoup plus forte que celle des longueurs. Mais comme il en a été de même pour les coupes continentales, la comparaison que nous cherchons à établir entre les deux domaines n'en est pas troublée.

Dans une autre couj^e de la môme mer, passant par Fîlot du Grand Cayman et la partie la plus déprimée de la fosse de Bart-

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Figr. 11. — Couix* (le la mor <U's Anlillc> ontro Caha et lo banr de Kosalindc.

lett (fig. H), on retrouve la plate-forme et la convexité littorale en avant de Cuba, une notable exagération de la profondeur au sud de l'îlot, avec brusque remontée convexe du coté opposé, enfin, dans l'ascension vers le banc de llosalinde, une convexité remarquable qui se prononce par 2000 mètres d'eau, ce qui empoche absolument d'y chercher l'effet d'une cause extérieure.

Un intérêt particulier s'atfaclic à une coupe en travers «le la

J&'.w/a". Floride OoUn Atl>Lnti<,u,

^^____— — — — — — — — .^.^^ Jfivetuv cLb la. mer ,.

■ftseivî. : ^'^I^'i^'T^êÈ^ai-L — \i^^sa»l&

Y\^. l'i. — Coupo ù travers la Floriiio (hauteurs exagén*os -25 fois).

Floride (fig. 12), dressée à l'aide des documents de haute précision qu'a recueillis le Coastal Snrvey des Etats-Unis. Rien n'est plus remarquable que l'expansion sous-marine du plateau flori<lien, surtout à l'ouest, de même que les convexités qui le raccordent aux talus si brusques par lesquels se limitent les parties abyssales du Golfe du Mexique et de l'Atlantique. Nulle part on ne voit mieux s'accuser le socle sous-marin qui porte la plupart des continents et

LE RELIEF DE l'ÉCORCE TERRESTRE

semble former un véritable appendice immergé de la terre ferme. Les mêmes circonstances se retrouvent sur les coupes perpendiculaires au littoral atlantique des États-Unis (fîg. 13), et surtout

Fig. 13. — Coapcs do la côto dos États-Unis : I, devant Charleston; II, devant la Virginie

(hantours exagérées *25 fois\

sur celle de la côte de Virginie (II) avec sa double convexité si nettement dessinée en avant des abîmes de l'océan.

Il serait facile de multiplier ces exemples. Nous citerons, entre autres, la coupe de TAtlantique nord, entre Valentia et Disco

Oiftco

Valentia

KÊKt ' ^0€H/ /Cr7o/FU»/n»x

Fig. U. — Conpo do l'Atlantiqao nord (d'après la campagno da Vaiorous en 1875}.

(fig". 14) ; celle de TAtlantique méridional au nord des îles Malouines

Maloumes

3yv>'S.

jfA €*^i^t

Fig. 15. — Conpo do l'.Vtlantiquo sud (campagno du Challenger).

(fig. 15) ; le profil de TOcéan Indien entre le Cap de Bonne Espé-

LtCag

Mirid)«n duCapOtwwy

ioooo KiZcfmètr^J' Fi^. 16. — Coopo do la partie méridionalo do l'Océan Indien (campagno du Challenger).

ranec * et le promontoire australien d'Otway (fig. 16); enfin la

i. On doit tenir compte, pour apprécier la valeur des inégalités de cette figure, empruntée à Berghaus, de ce que les hauteurs y ont été beaucoup plus exagérées que dans les autres.

DK ULPPABEKT. — Leçoiu do géogT. phys. 3

coupe du Pacifique suivant Téquateur à partir de Sumatra (fig.n),

W. Sumatra

Fig. 17. — Coupo suivant réquatcur entre l'Océan Indien et le Pacifique (d'après M. Heidcrich).

Longueurs au ^^ 00*0 666 î *»auteurs au ^^,^,\^,Q.

avec les deux croupes convexes qui en occupent la partie orientale.

Socle continental. Convexités. Ombilics. — Presque toutes les coupes que nous venons de passer en revue offrent certains caractères communs : d'abord elles accusent, le long" des continents, une plate-forme faiblement immergée, véritable socle continental sous-marin, raccordé par une courbe convexe avec un versant qui s'enfonce brusquement. Ce socle est très plat, et les sondages n'y accusent que d'insignifiantes dénivellations, de telle sorte que la zone de 0 à 200 mètres de profondeur joue, relativement aux mers, exactement le môme rôle que la zone continentale d'altitude inférieure à 200 mètres. Toutes deux ensemble constituent la partie la mieux aplanie de l'écorce terrestre *. En outre, les fosses maritimes se terminent souvent par une sorte iYombilic^ correspondant à une rapide et toute locale aggravation de la pente, et raccordé, lui aussi, au fond moins incliné par une courbe convexe.

Pour la première de ces particularités, celle du socle continental, il importe de dire qu'elle ne se produirait pas partout. On n'en trouverait aucun exemple sur les côtes occidentales de l'Amérique, et très peu sur la rive asiatique du Pacifique, de même qu'autour de l'Afrique. Par contre, la fréquente convexité des profils est un fait général, et les ombilics apparaissent dans presque toutes les fosses abyssales. Or la convexité semble bien accuser une déformation produite par une cause interne, qui a déterminé un bossellement de l'écorce. Quant aux ombilics, leur structure fait naître tout naturellement l'idée d'un effondrement. Pour justifier cette dernière conclusion, on peut, ce nous semble, invoquer l'exemple de la Mer Morte.

Depuis 30* 30' de latitude jusqu'à 33% c'est-à-dire sur plus de 275 kilomètres, le long fossé, sur lequel s'échelonnent la vallée du Jourdain, le lac de Tibériade et la Mer Morte, laisse voir à découvert des terrains déprimés au-dessous du niveau de la mer

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