Penck, Moi^phologie^ II, p
La dépression est telle que la surface du lac Asphaltite est à S94 mètres au-dessous de la cote zéro; et c'est encore à 399 mètres plus bas qu'il en faut aller chercher le fond. Rien n'est plus typique en fait d'effondrement. Or la coupe en travers (fig. 18) montre que
j^ff^ Jérusalem
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Fig. 18. — Conpo do l'ouest à l'est entre la Méditerranée et la Mer Morte.
le versant oriental est nettement convexe, et si, tenant compte du démantèlement que l'érosion a dû produire, on restitue la pente d'ensemble du versant occidental, entre le fond du lac et Jérusalem, c'est aussi une courbe convexe qu'on obtient. L'effet serait d'ailleurs beaucoup plus sensible si, pour cette coupe, les hauteurs avaient été exagérées dans la même mesure que pour les autres. Au contraire, de Jérusalem à la Méditerranée, la courbe est bien concave et parfaitement conforme au type normal des déclivités aboutissant à la mer.
En résumé, la fréquence des courbes convexes et celle des ombilics de brusque effondrement apparaissent comme les caractéristiques du profil de l'écorce sous la mer. Toutefois ces particularités n'empêchent pas, comme nous l'avons dit précédemment, <pe la succession des saillies et des dépressions sous-marines ne soit, d'une façon générale, semblable à ce que laissent voir les continents. Une telle similitude plaide en faveur de l'identité des causes profondes auxquelles doit être attribuée la déformation de récorco, et qui paraissent s'être manifestées à la fois par la production de bourrelets et par celle d'ombilics. Tandis que les marques de ces déformations se sont conservées sous la mer, parce que leurs effets n'y ont pas été ultérieurement masqués par ceux de l'érosion, leur trace a été superficiellement effacée, dans le domaine de la terre ferme, par des actions extérieures, lesquelles ont fait prévaloir cette concavité que nous avons partout remar quée dans les profils.
Courbe hypsographique de récorce terrestre. — Toutefois, comme on pourrait se demander si une certaine complaisance n'a pas présidé au choix des divers exemples que nous venons d'invoquer, il importe de [chercher à corroborer leur témoignage par quelque résultat d'ensemble, qui représente avec fidélité l'allure moyenne du relief terrestre.
Grâce aux profrrôs de rexploration du globe, accomplis dans ces derni(^res années, on a pu entreprendre, non seulement l'évaluation assez approchée du volume des continents et de celui des mers, mais la répartition des altitudes et des profondeurs en zones d'égal relief moyen. Voici la répartition des zones hypsométriques, telle qu'elle est aujourd'hui donnée par M. Penck *, à la suite de diverses tentatives faites dans ce sens par divers auteurs, notamment par M. John Murray :
ZONES
PROPORTION
pour 100 de la Durface nontinentale.
ZONES
PROPORTION
pour 100 de la surface conlinentalo.
Surfaces déprimées au-dessous du niveau de la mer.
Zone de Oâ-f- 200 met.
Zone de -f 200 à -f 500 mèl.
Zone de -f 500 à -1-1000 met.
Zone de 4- 1000 à -j- 2000 met.
Zone de +2000 à -f- 3000 mèl.
Rei)OPt
Zone de -f- 3000 à -f 4000 mèlr .
Zone de -f 4000 à 4- 5000 mèlr.
Zone de + 5000 à + et au-des .
De ces chiffres, M. Penck a déduit, pour la terre ferme, une altitude inovenne de 735 mètres.
On remarquera que la zone qui occupe le plus de surface est celle de moins de 200 mètres d'altitude. Elle représente près du tiers de la terre ferme.
Quant aux mers, voici le tableau qui exprime l'importance relative des zones bathymétriques.
ZONES
PROPORTION
pour 100
de la surface
maritime.
ZONES
PROPORTION
pour 100
de la surface
maritime.
De
De — De — De — De — De —
0 à — 200 mèl.
200 à — 300 met.
Report
De — 4000 à — 5000 met.
De — 5000 à — 6000 met.
De — 6000 à — 7000 met.
au-dessus de 7000 met.