I. Morphologie der Erdober floche, I, p
La moyenne de proFontleur de la masse océanique serait de 3650 mètres.
Ces résultats peuvent être mis sous une forme graphique, propre à les rendre plus saisissants. Si, sur une ligne horizontale, on porte des longueurs respectivement proportionnelles aux surfaces occupées par les diverses zones, et qu'à l'extrémité de chaque division on construise, dans le sens voulu, une ordonnée proportionDelle, soit à l'altitude, soit à la profondeur, on obtient la courte hypsographiqne (fig, 19) de l'écorce terrestre.
iJ^l- Tut* ferit.» ..^. Mcrs__
C'est un fait très intéressant de voir cette courbe reproduire justement les [larticularités que nous ont offertes les profils réels des continents et des mers. En effet, nettement concave vers l'extérieur dans toute sa partie continentale, elle commence par plonger très doucement sous l'océan, dessinant le socle de ta terre ferme, puis forme une concavité remarquable, entre le niveau de la mer et lOtM) mètres de profondeur, pour se terminer, entre 6000 et wiO mètres, par une chute brusque à profil convexe, exactement tt>nime celle qui précède les fosses abyssales des divers océans.
La première convexité peut èlre, en [lartie au moins, plus appa- '^nle i]ue réelle ; car tout co que l'érosion a enlevé à la terre ferme, fit qu'exprime si bien la concavité du profil de cette dernière, a dû ^fnir se déposer dans la mer. Les sédiments actuels formant, aul'jur des côtes (dont on évalue la longueur à 260 000 kilomè- 'Tfs), un ruban de 250 à 300 kilomètres de laideur ', ce qui fait TMe surface couverte de 65 â 80 millions de kilomètres carrés,
^ par M. Julin .Murray «luranl leii cain-
tout cet apport profite justement au premier fragment de Técorce sous-marine, dont il exagère la saillie originelle. Mais, ainsi que nous avons déjà eu Toccasion de le faire remarquer, cela n'explique pas la convexité du profil, qui doit tenir cette allure d'une cause interne, dont Teffet, commun à la terre ferme et à la mer, serait atténué ou même détruit sur la première par Térosion.
Quant à l'abîme qui s'ouvre pour la représentation des profondeurs supérieures à 6 kilomètres, il semble apporter un argument sérieux en faveur de la structure d'effondrement des ombilics marins.
Une ligne ABC, peu éloignée de la ligne bathymétrique de 2500 mètres, sépare deux surfaces égales, correspondant à deux volumes égaux, l'une ABD, appartenant à l'écorce solide, l'autre BCE, qui comprend les parties abyssales de la mer. Cette ligne ABC a été appelée par M. Romieu niveau d'équidé formation. Le même auteur a cherché à établir que la masse entière des océans faisait à peu près équilibre, comme poids, à la partie ABD de l'écorce située au-dessus du niveau en question.
M. Penck distingue trois régions dans la courbe hypsographique : le plateau continental, qui va des plus hautes altitudes à 200 mètres de profondeur ; la région abyssale, à peu près comprise entre B et E. ; enfin, entre les deux, la région actique, c'est-à-dire le versant raide du bloc continental.
Particularités régionales. Europe. Atlantique. — L'examen des chiffres * relatifs, non plus à l'ensemble de la terre ferme ou des mers, mais aux diverses unités continentales ou maritimes, met encore en évidence plusieurs faits de grand intérêt.
C'est ainsi qu'en Europe, la zone comprise entre 0 et 200 mètres d'altitude forme près de 57 0/0 de la superficie totale. C'est le double, à peu de chose près, de la proportion qui prévaut pour l'enstemble de la terre ferme. 83 centièmes de ce môme continent sont situés à moins de 500 mètres d'altitude ; et comme l'Europe ne renferme pas de parties privées d'écoulement, que par conséquent l'érosion seule y est responsable de l'aplanissement des régions basses, on en peut inférer que c'est sur ce continent que l'action des eaux courantes doit avoir été le moins contrariée par des mouvements récents de l'écorce. A cet égard, il convient aussi de remarquer que le régime hydrographique de l'Europe, au moins
1. Nous continuons à prendre pour base les tableaux de M. Penck {Morphologie der Erdoberflàche, I, p. 143).
pour les deux tiers de sa superficie, est aussi réfpilier et tranquille ({ue nettement défini.
Nous avons vu que 1 centièmes de la surface des océans appartenaient à la zone comprise entre 0 et 200 mètres de profondeur. Or, pour TAtlantique seul, la proportion atteint 11, 5 0/0, et la lone de 200 à 500 y occupe 3,9 0/0, chiffre prescjue double de celui qui convient à Tensemble des mers. Nous y voyons un nouveau motif de considérer l'Atlantique comme une unité océanique très différente des autres. D'ailleurs le principal excédent se produit, sous ce rapport, d'un côté dans l'Atlantique nord, au lai^e du canal de Bristol comme devant Terre-Neuve et New- York, de l'autre le long de l'Amérique du Sud, entre la Plata et la Terre de Feu. Aussi peut-il sembler légitime de considérer ces parages maritimes comme une sorte d'appendice immergé de la terre ferme, tout particulièrement dépourvu de la structure caractéristique des vrais fonds océaniques.
Afri<iae, Australie. — L'Afrique est celui de tous les continents où la zone de 0 à 200 mètres occupe le moins de surface (IS, 3 0/0 au lieu de la moyenne générale 29, 2). Encore ce chiffre est-il obtenu en tenant compte du Sahara, sans lequel la proportion deviendrait beaucoup moins forte. C'est aussi en iVfrique que la bordure, immergée sous moins de 200 mètres d'eau, est le plus roince, au point qu'il est presque impossible de la figurer sur un planisphère à l'échelle ordinaire des atlas. Ces faits, rapprochés de la structure si spéciale du continent africain, qui forme un immense plateau, sans orographie ni hydrographie définies, introduisent, entre ce continent et les autres, un contraste remarquable, dont l'explication ne pourra se trouver que dans le passé géologique de la région.
Ce contraste est bien mis en évidence par l'allure de la courbe hypso- p<fn<\^«
graphique de l'^Urique, ,.^^— r--— 7— -rrTTrT^TTj^^ laquelle, ainsi du reste "" '^ 2:rruaù^^jD2,ca.r^
^,,^ ,, , ,, . , ,. Fig. -20. — Courhes hypsographiquos do l'Afriquo ot do
que celle de 1 Australie, lAustraiio (d'après m. Ponck).
^mmence (fig. 20) par
^e convexité assez accentuée, qui ne s'atténue qu'au delà de 200 mètres d'altitude. C'est le contraire de ce qui a lieu pour l'ensemble de la terre ferme, et ces deux continents sont les seuls à
offrir cette particularité. Tout concourt, y compris l'allure indécise des cours d'eau, à accréditer la pensée que le travail normal de Férosion, si bien accusé en Europe par Taplanissement habituel des
réjnons voisines des rivages, a dû ôtre contrebalancé, après son accomplissement presque définitif, par quelque élévation en bloc de ces continents méridionaux. Et les effondrements linéaires où sont logés les grands lacs africains pourraient apparaître comme une conséquence de ce mouvement tardif.
En résumé, le profil général des continents fait ressortir deux types distincts : l'un, le plus répandu, où l'aplatissement progressif de la f courbe hypsographique, qui finit par se conjg* M E fondre avec le niveau de la mer, accuse la pré-
pondérance de l'érosion ; l'autre où semblent se trahir des mouvements d'ensemble, dont le travail des eaux courantes n'aurait pas encore eu le temps d'atténuer l'effet.
Dyssymétrie des ligrnes de relief. — Après avoir déduit, de la forme des grands versants, toutes les conséquences qu'elle nous semblait comporter, il y a lieu de rechercher si la comparaison des différents profils ne ferait pas ressortir quelque disposition générale, accusant
if 5 une loi pour le relief de l'écorce terrestre.
Retournant à la figure 5, qui donne la coupe transversale du Jura et des Alpes, on voit du premier coup que le versant occidental est beaucoup moins raidc que le versant oriental. Autant la montée est progressive du Doubs à la crête du Jura, autant la descente est brusque n de cette crête au lac de Neuchàtel. Enfin de ce
lac à la cime du massif du Mont-Rose, la pente n'est guère que la moitié de celle du versant piémontais.
Une coupe transversale des Pyrénées (fig. 2i) montre un rapport analogue. D'une part, la pente nord de la chaîne se montre sensiblement plus raide que le versant sud, comme on le voit à la descente du Turbon vers l'Isabena, comme à celle de la Maladetta vers la Garonne. De l'autre, la pente d'ensemble, de
♦ ni
FEsera à la Maladetta, est bien moindre que celle qui prévaut entre la Maladetta et les plaines de la Garonne. Encore cette dernière différence serait-elle plus sensible si, entre les deux traversées de la Garonne, le profil de la figure 21 n'était pas obligé de recouper un contrefort des Pyrénées orientales, lesquelles forment comme une seconde chaîne en avant de la première.
Les Monts Scandinaves, deux fois plus inclinés à Touest que du côté opposé; les Andes, qui tombent si brusquement vers le Pacifique; le Caucase, sensiblement plus raide au sud qu'au nord; Madagascar, où les principales hauteurs se maintiennent exclusivement sur la moitié orientale de Tile; la Nouvelle-Guinée, où le relief se porte tout entier au nord ; Sumatra, où il se concentre sur le bord sud-ouest; la Nouvelle-Zélande, avec sa crôte pressée sur la rive qui regarde TAustralie; TAmérique boréale, avec ses hauts reliefs accumulés contre le Pacifique; la Cordillère bétique, si raide du côté méditerranéen, offrent en surabondance des preuves de la généralité de cotte disposition. Kum n'est plus rare qu'une chaîne dont les deux déclivités auraient la même pente, et ainsi l'on peut dire que la loi fondamentale du relief terrestre paraît être la dyssymétrie des versants.
Il en est de même pour la partie immergée du relief. Les figures 10 et H montrent combien est peu symétrique le profil en travers des fosses de Bartlett et de Yucatan, et la même inégalité des versants se remarque sur les pentes du fond de l'Atlantique (fig. 14, 15) et de l'Océan Indien (fig. 16). La fosse des Kouriles, si raide du côté asiatique, accuse la même dyssymétrie.
Profil combiné des rides continentales et des fosses océani- ^es. — Mais pour mettre celle-ci dans tout son jour, il convient de rapprocher le relief continental de celui de l'écorce immergée, au lieu de les considérer chacun de leur côté. Nulle région du globe ne se prête mieux, par sa simplicité, à cette comparaison, 'que le littoral de l'Amérique du Sud.
Andes Potosi
W. Pacifique /^^•--^rr^'^V. P^*9"«g
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Fig. 22. — Coupe Je l'ouest ù l'est, à travers 1* Amérique du Sud, suivant lo jiarallèlo
do -iO* sud.
Par exemple, la coupe (fig. 22) prise par 20° de lat. S., et embrassant 3000 kilomètres, permet de constater combien est
progressive la descente des fonds du Pacifique, depuis 4500 mètres jusqu'à 6000 au-dessous du niveau de la mer. ^ilors s'ouvre brusquement, devant Iquique, une fosse étroite, d'ailleurs très localisée en latitude, véritable ombilic qui descend au moins jusqu'à 6500 mètres, et à partir duquel le fond se relève vers l'est avec une rapidité extraordinaire. A ce versant maritime fait suite, sans aucune interruption, la montée de la Cordillère, et c'est à peine si, à cette échelle, on y peut constater un semblant de concavité externe. La crête se trouve à 5000 mètres, soit à onze mille cinq cents mètres plus haut que le fond de la fosse sous-marine. Puis, après le bassin déprimé des marais salés, il faut remonter encore à 5000 mètres devant Potosi, pour descendre ensuite, mais cette fois par une conca\'ité bien ménagée, jusqu'au Paraguay.
Restituons, par la pensée, tout ce que l'érosion a dû enlever sur le versant oriental, et nous verrons alors deux surfaces presque planes, très progressivement inclinées dans le même sens, l'une continentale, l'autre sous-marine, marcher toutes deux à la rencontre de la brusque déclivité des Andes, se composant avec elle en un gigantesque zigzag, dont l'angle rentrant est occupé par la mer, tandis que l'angle saillant dessine l'arête culminante de la terre ferme.
Si, au lieu d'Iquique, on avait choisi, pour faire passer la coupe, le parallèle de Taltal, entre 25" et 26<» de latitude, l'amplitude du rejet eût été encore plus grande ; car le fond de la fosse de Taltal est à 1626 mètres, la crête de la Cordillère demeurant à environ 5000, soit au moins douze mille six cents mètres de différence verticale. Seulement, dans ce cas, la montée des Andes serait moins raide que précédemment, et ferait moins exactement suite au versant immergé. Mais l'allure du profil général resterait la môme. En plus d'un point de la côte chilienne, la déclivité du talus sous-marin atteint 5 degrés, soit près de 9 p. 100.
Une coupe menée de l'ouest à l'est, à travers la colonie de Vic-
M^Warragon