INFLUENCES TECTONIQUES PASSIVES HH
été réalisées dans la partie orientale du bassin de Paris, ainsi qu'en Angleterre, grâce à la succession régulière de bandes d^ terrain de consistance inégale, qui plongent toutes les unes sous les autres, vers Paris, en France, vers la mer du Nord, en Angleterre. Seulement, des mouvements ultérieurs du sol ont quelque peu modifié le tracé originel que cette disposition avait dû imposer aux cours d*eau, et ces altérations devront être étudiées au chapitre des influences tectoniques actives.
(^ d'une inclinaison inverse. — Il peut arriver que le territoire affecté d'une inclinaison générale soit lui-même composé de couches plongeant en sens inverse de cette inclinaison, auquel cas la surface du sol, déterminée par des influences antérieures, n'a aucun rapport avec la structure propre du massif. C'est ce qui a lieu au New-Jersev * , où l'émersion avec inclinaison d'une ancienne bande littorale, originairement revêtue de sédiments crétacés horizontaux et peu épais, a fait apparaître, ime fois ces derniers
Fig. r>3. — Cas «l'une inclinaison fri'néralc inverse du plongement.
enlevés par érosion, un substratum de couches triasiques, redressées en sens inverse à une époque géologique beaucoup plus reculée. La surface de contact de ces couches avec les sédiments crétacés disparus était à peu prés plane. Les cours d'eau tels (jue RR'(fig. 53), ont donc pris un cours conséquent. Et comme des nappes dures de trapp, AB, CD, étaient intercalées au milieu des sédiments peu consistants, E, F, l'érosion a fait naître des sillons, G, H, parallèles à la direction des strates, où se sont établis, comme dans le cas précédent, des affluents subséquents, sujets aux mêmes accidents de capture. Seulement, les escarpements formés par l'affleurement des couches résistantes sont ici tournés vers l'aval, au lieu de faire face à l'amont. Les crêtes ainsi dessinées, A, C, n'en deviennent pas moins des lignes de partage secondaires, séparant, dans les anciens cours d'eau tron^^onnés par capture, les f^îHes obséquentes de celles qui ont gardé leur direction primitive. Dames localisés. — Certains soulèvements en dôme se sont localisés au point qu'il n'est pas possible de les comprendre parmi lesgéanticlinaux. II en est ainsi des Black Ilills du Dakota. C'est
t. Davis, Sational geof/r. Magazine, ISh'.i.
une protubérance elliptique de terrains cristallins, qu'entoure complètement un manteau sédimentaire, plongeant de tous côtés vers Textérieur. La partie supérieure de ce manteau a été déchirée, et les couches plus jeunes apparaissent les unes après les autres, sur les pentes du dôme, formant autant de falaises concentriques. Aussi les cours d'eau ont-Us une disposition rayonnante bien marquée, divergeant de toutes parts pour aboutir à Tune des deux rivières qui entourent le massif.
Profil en travers. — Vallées monoclinales. — Les cours d'eau conséquents d'un massif à stratification régulièrement inclinée ont, pour les versants de leur vallée, un profil en travers symétrique, mais dont l'allure se ressent, en chaque point, de la nature des roches traversées.
Mais les vallées qui ne sont pas dirigées parallèlement à la plus
grande pente des couches ont nécessairement un profil en travers
dyssymétrique, et cette dyssymétrie atteint son maximum pour les
vallées subséquentes, qui sont parallèles à la direction des strates.
Supposons un lit creusé dans une couche tendre inclinée (fig. 54),
comportant deux talus TA etTB, qui font le môme angle a avec la verticale. Il est clair que TA devra être plus long que TB, et s'il existe un couronnement dur CD, AD y sera
Fip. 5-1. — Dyssymétrie dos versants à 'stratification inclinée.
Fig. r>î>. — Profil en travers d'une vallée monoclinalc.
plus long que BC. De plus, ce dernier escarpement, qui fait avec la verticale le même angle p que AD, paraîtra beaucoup plus raide relativement au versant qu'il couronne *.
Si la vallée est parallèle à la direction des strates, et que, de plus, l'inclinaison d'une couche résistante TM (fig. 55) soit précisément égale à celle du talus TB que comporte la couche tendre, celle-ci disparaîtra entièrement de l'un des versants. Ainsi se forme une vallée monoclinale, caractérisée par ce fait qu'on y voit affleurer,
K , Les Fonnes du terrain, p. 28 et 29.
INFLUENCES TECTONIQUES PASSIVES ii7
d'un côté le dos de la couche inférieure et de l'autre la tranche de la couche supérieure.
Tel est, à peu de chose près, le cas de la Meuse aux environs de Sedan. Le versant de la rive droite, doucement incliné, concorde approximativement avec la pente des couches du lias moyen, relevées vers le bord du massif ancien de l'Ardenne; au contraire, le lias supérieur et l'oolithe inférieure apparaissent tour à tour par leur tranche sur la rive gauche, qui, par endroits, forme un véritable escarpement.
Naturellement, avec les progrés du creusement dans une région, une vallée monoclinale doit toujours tendre à se déplacer dans le sens de la pente des couches, en descendant le long du versant doucement incliné, pour ronger et faire reculer la rive opposée.