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Cette expression est <le MM. de la Noë et <le Margerie

RÉGIOXS PLISSÉES ET DISLO<}CÉSS 1 1 9

Usure 56 \h. et en coupe transversale suivant MN par la tisnire 56 {11k c'c^t-à-dire qu'il y a deux anticlinaux qui se rejoiiment. et entre lesquels naît un synclinal, dont le fond sert de lit au premier cours d'eau '. Tandis que celui-ci se maintient ^

sur la couche dure, un affluent latéral se

forme en A et creuse son lit sur le flanc de

l'anticlinal de ffauche, de A en B. In autre

opère de même de C en D. Tous deux

entament la couche dure, et poursuivent

Jeur œuvre jusqu'à la crête; car c'est là que

cette couche doit être le moins épaisse et le

plus disloquée. Les thalwejrs AB et CD

peuvent donc arriver sans peine, en B et en

D, sur la couche tendre sous-jacente, et alors ■*

il va sV creuser des rîsroles transversales

E,F,G,H» suivant Taxe du pli. Si CD marche

plus vite dans son travail qu'AB, E et F

seront capturés au profit de C. Ainsi se Fip.â6.-crousoiiM'niaansm»

tonnera une valiée anticlinale. Celle-ci pourra s'approfondir au point de conquérir à son tour la portion KAB. Mais si une couche dure plus profomle «jue la première arrête cet effort, et que, pendant ce temps, C soit parvenu à descendre dans l* couche tendre, la principale masse des eaux reprt^ndra le synclinal. Ainsi, une même rivière suhira des décrochements successifs, épousant tour à tour ranliclinal et le synclinal voisins, <le manière à établir toujours son lit en roche tendre.

VoûteB démantelées. — D'autres fois (lîfr. o7), une voûte sera démantelée à la clef, et ce seront des vallées monoclinales ou

Fifr. r>7. — Voûte iléniantol(>o entre deux vallées monoclinales.

(^mbes, V et V, qui se formeront par le travail dos cours d'eau parallèles aux strates.

Le pays de Bray offre un bon excMuple de cette structure. De P^ et d'autre du dôme allonj^é qui en fait Taxe, la craie, brisée P^ le soulèvement, dessine deux lifrnes d'escarpements raides, jalonnés à leur pied (celui du nord surtout) par des cours d'eau.

*• Voir Davis, National fjeog, Mag.y 1889.

D'autre part, comme sur une grande longueur, le soulèvement n*a amené au jour, suivant Taxe, que des couches meubles, facilement enlevées par Térosion, Tarête du dôme, démantelée, reste souvent au-dessous de la crête des escarpements latéraux. Un obser>'ateur placé sur cette crête croit donc avoir devant lui une large vallée au fond inégal, alors qu'en réalité il s'agit d'une croupe dont l'érosion a enlevé tout le sommet. Cette croupe ne s'est bien maintenue que là où elle était constituée par les calcaires durs du terrain jurassique ; alors elle forme un dos d'àne régulier, atteignant la même altitude que les crêtes crayeuses du pourtour.

Inégralités du plissement. Lacs tectoniques. Cluses. — Un synclinal n'est pas nécessairement continu dans son allure, présentant d'un bout à l'autre une pente régulière. Son axe peut offrir des bombements qui le diviseront, du moins au début, en un chapelet de bassins 'indépendants. Alors il s'y établit des lacs tectoniques^ c'est-à-dire déterminés par une dépression préexistante. Tels sont, dans la vallée de l'Orbe, le lac de Joux et le Brenet, puis, dans un pli latéral, les lacs de Rcmoray et de Saint-Point. La plupart sont nettement allongés dans le sens du synclinal.

De tels lacs peuvent d'ailleurs, et pour les mômes raispns, s'établir dans des vallées monoclinales, voire dans celles qui remplacent une voûte anticlinale rompue. De plus, ils n'ont en général qu'une existence éphémère et leur destinée est de se combler, ou de se vider les uns dans les autres, par rupture des seuils qui le«^ séparent.

De la même manière. Taxe d'un anticlinal n'est pas non plus à pente constante. Il peut offrir des ensellemenls^ constituant des points faibles, qui procureront une voie de sortie aux eaux renfermées dans des synclinaux sans issue. Le cas est fréquent au Jura, où des cluses, c'est-à-dire des coupures transversales, établies aux points les plus bas des bourrelets anticlinaux, permettent à certains cours d'eau de traverser les plis saillants. Très souvent d'ailleurs on remarque que les couches plissées, qui affleurent sur les escarpements d'une cluse, ne se correspondent pas exactement d'une rive à l'autre. C'est la preuve qu'en ce point le pli avait subi une torsion ou un décrochement, qui en affaiblissant par étirement la résistance des couches, a dû les rendre plus accessibles à l'érosion.

Dans le Jura, le Doubs et son affluent la Dessoubre coulent d'abord (fîg. 58) dans des synclinaux, qui les conduisent tous deux au nord. Mais au point où la chaîne change de direction pour se

recourber vers Test, les anticlinaux, sans doute affaiblis par TcHirement, ont livré passage au Doubs, lequel s'est coudé à Sainte- Ursanne, pour emprunter, mais en sens inverse, le synclinal de la

ncourt

Pont d« Roi dt ,, ^ •

Urtanna

Fig. 58. — IjC Doiibs et la Dcssoubro.

Dessoubre; après quoi, traversiint la cluse de Pont de Roide, la rivière a retrouvé, à partir d'Audincourt, un synclinal qui, cette fois, Ta menée au sud-ouest.

HassiflB disloqués. — Dans les massifs où la dislocation des assises a été très énergique, et où les plis se compliquent de renversements, parfois môme de cbevauchements, le réseau fluvial ne P^t plus avoir la môme régularité que dans le Jura. Sa disposition obéit cependant aux mômes lois générales, et c'est dans le fond des synclinaux que les principaux cours d'eau établissent l^urslits. Il y a aussi de grandes dépressions monoclinales ; enfin la traversée des plis saillants se fait par d'énormes cluses, dites coupures transversales, comme les percées de TArve et du Rhône *n amont du lac de Genève. D'ordinaire ces coupures coïncident ^n position avec des lignes où les groupes de plis subissent des déviations très prononcées *, et là encore il est permis de croire 911e c'est Tétirement résultant qui a affaibli la résistance des anticlinaux en facilitant leur rupture.

Les fréquents changements qui se produisent dans l'inclinaison des strates en pays disloqués font qu'un cours d'eau, dont la ^lireclion est transversale à celle des couches, peut couler dans un s^ns, tantôt conforme, t<inlôl inverse, relativement à celui du plongement. Le mot diaclinal a été créé par M. Powell pour cet étal de choses variable, qui comporte des sections calaclinates, cVst-à-dire conformes au plongement, et d'autres nnndinales ou inverses.

1. Marcel Bertrand, BulL de la Soc. ge'ol. de France, [3J, XH, p. 328.

Conséquences d'une forte inclinaison des strates. — La conséquence (les dislocations, dans une région montagneuse, est de faire arriver au jour, de façon plus ou moins capricieuse, beaucoup de strates d'allure et de résistance très diverses. Chacun de ces affleurements détermine remplacement, sinon des cours d*eau principaux, du moins de ceux qu'avec M. Davis nous avons appelés subséquents, (ît dont le développement doit prendre ici des proportions particulières. Quant aux rivières qui rencontrent sur leur parcours un assez grand nombre de couches successives, elles sont exposées à de fréquentes ruptures de pente, et les seuils qu'engendre la traversée des parties dures peuvent avoir des destinées très diverses selon la plus ou moins grande inclinaison des strates. Si le plongemont est considérable, l'épaisseur à traverser est bien réduite, surtout quand la pente de la rivière est inverse de celle des couches. Aussi la cascade originelle fera-t-elle place très vite à des rapides.

Lorsque les dislocations d'un massif ont été jusqu'à donner aux couches une stratification verticale, l'œuvre du creusement du thalweg peut se trouver singulièrement facilitée, l'eau n'ayant pas de peine à descendre entre deux strates, jusqu'au voisinage du niveau de base, sauf à élargir ensuite son chenal. Cette descente, qui peut se faire tout d'un coup dans les formations divisées en bancs épais, est plus progressive lorsqu'il s'agit de schistes, où les fentes de stratification ne s'ouvrent que peu à peu, sous les influences météoriques. L'eau et la gelée séparent les feuillets schisteux, qui se débitent par fragments.

C'est à cause de cette circonstance qu'on voit, dans le Plateau Central, certaines vallées s'approfondir tout d'un coup en un point donné. Nous avons déjà dit un mot de l'influence qu'exerce, dans le Limousin, la substitution des schistes primaires aux argiles permiennes. Dans la môme région, lorsqu'une vallée passe du granité dans le gneiss et surtout dans les micaschistes, on la voit aussi recevoir immédiatement un approfondissement considérable. S'il arrive que le granité reparaisse de nouveau, il en résultera un seuil, avec rapides ou cascades, comme le saut de la Rue dans le voisinage de Bort.

Cours d*eau surimposés. — C'est au nombre des influences tectoniques actuellement considérées qu'il faut ranger ce qui arrive quand, au cours du creusement de son lit, une rivière est amenée à couler sur un terrain absolument difl'érent, par sa structure, de ceux au milieu desquels l'approfondissement s'était jusqu'alors opéré.

Par exemple, à Tépoque crétacée, certains cours d'eau Au New- Jersey ' avaient établi leur lit à la surface d'une plaine formée par TafOeurement des couches régulièrement inclinées du trias. Un exhaussement de la contrée avant ravivé le travail du creusement, les dépôts triasiques, peu consistants, ont été si bien affouillés, ijue l'érosion a atteint leur substratum, formé par les terrains cristallins fortement disloqués, sur lesquels le trias reposait en complète discordance. L'hydrographie primitive avait été déterminée par les conditions génétiques et tectoniques des couches du trias. Après leur disparition, elle s'est imposée, au début, à une structure pour laquelle elle n'était pas faite. De là le nom de cours d'eau surimjwsés {superimposed) qu'on applique en Amérique à ce genre de rivières *, que le terrain disparu lègue comme une sorte d'héritage ' au substratum.

Ainsi le Mississipi et les autres rivières actuelles du Minnesota ont commencé par s'établir sur la nappe glaciaire, qui forme une fouverture peu épaisse au-dessus des terrains cristallins, dans lesquels les cours d'eau ont ensuite pénétré, mais sans changement du tracé préalablement acquis. Sans doute, au bout d'un temps suffisant, le substratum reprendrait ses droits, modifiant peu à peu, conformément aux exigences de sa structure propre, le réseau qu'il a reçu. Mais il est des cas où même un long intervalle de temps ne suffit pas pour opérer cette modification. Par exemple, ^0 approfondissant son canon au milieu des sédiments horizontaux, k Colorado a fini par couler, soit danâ l'épaisseur du cambrien, dont les couches disloquées viennent buter, par leur tranche, contre l'assise la plus ancienne du calcaire carbonifère, soit même dans le Kranite. A ce moment la gorge avait atteint déjà une profondeur Je près de mille mètres. Pour changer de tracé, le cours d'eau aurait dû accomplir un travail hors de proportion avec sa force. Aussi le tracé imposé a-t-il persisté sans altération.

In exemple contraire, celui de l'abandon d'un ancien tracé surimposé, nous est offert, selon M. Ponck ♦, par le cours îictuel "C ITnstrut, affluent de la Saale. Originairement, quand la for- ^nation tertiaire oligocène couvrait uniformément le bassin de la Thuringe, masquant les inégalités du terrain triasique sous-jacent, * Ijnslnit, issu du Thuringerwald, coulait directement au nord-est

'• Davis, \aiional geogr. Magazine, 1S8Î>. ^ Ce sont les cours d'eau épifféné tiques de M. de Uichthofen. 3* Quelques auteurs américains les ont (lualiflês iVinherited. *• Khrckhoffê Lânderkunde, Europa, p. 329.

i24 LEÇONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

vers TElbe, et la Saale en faisait autant, sa source étant alors confondue avec celle de Tllm. La disparition du manteau tertiaire ayant fait apparaître le trias, divisé en bandes parallèles d'inégale résistance, orientées du nord-ouest au sud-est, Faction directrice de ce nouveau terrain s'est bientôt fait sentir. C'est ainsi que rUnstrut, perdant ses eaux de tête, conquises par un cours d'eau transversal plus avancé, a fini par se diviser en trois tronçons, dont un seul, celui du milieu, a gardé la direction primitive, tandis que les autres, à angle droit sur le premier, suivent maintenant la direction commandée par l'affleurement des strates disloquées. Pendant ce temps, la Géra, qui avait commencé par couler au nord-est pour se réunir à l'Ilm, s'est coudée dans le sens des dislocations pour être capturée par l'Unstrut.

Influence des failles. — Quand il s'est produit des failles, c'està-dire des ruptures avec dénivellation, comme la plupart de ces failles sont ou parallèles ou perpendiculaires à la direction générale des plis, elles ont agi dans le même sens sur le réseau hydrographique.

En dehors de cette action, les failles, lorsqu'elles sont ordonnées en séries parallèles, peuvent se traduire d'une façon très nette dans la topographie générale, en produisant une structure en escalier. Par exemple, le massif calcaire du Karst, ou plutôt son prolongement dalmate, est divisé par une série de cassures en bandes parallèles à l'axe de la chaîne dinarique. Chacune de ces bandes est affaissée par rapport à celle d'amont. Il en résulte une suite de gradins, dont le dernier va s'enfoncer sous les eaux de l'Adriatique. Pareille disposition prévaut de l'autre côté de la chaîne dans la direction de la dépression hongroise. Lorsque la compacité de ?a roche le permet, chaque gradin se termine par un escarpement abrupt qui fait face à la dépression. L'exposition de cet abrupt (celle du sud-ouest pour la côte dalmate) définit le regard de la faille.

Cette structure, qui résulte d'une dislocation, ne doit pas être confondue avec la succession régulière des gradins dans un pays à stratification légèrement inclinée ', et où cha.que falaise repose en concordance sur la plaine qui lui fait suite.

Les failles influent souvent sur le tracé des cours d'eau et sur le modelé, moins par la cassure qui les accompagne que par l'inégale dureté des terrains qu'elles mettent en contact. iVinsi dans la Thu-

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