U, s, Geological Swvey MonographSy
concentration des ruissellements de plus en plus difficile, et modifiant continuellement, en raison de Tallure des fonds qui émergent, un réseau destiné à ne pas sortir de la période d'ébauche.
Le grand bassin déprimé, compris entre le Kouen-Lun et le Thian-Chan, et qui couvre plus de 600 000 kilomètres carrés, montre un grand nombre de cuvettes distinctes, les unes à sec, les autres ayant leur fond occupé par un lac. Les premières abondent dans la partie orientale du désert de Gobi, et elles sont aussi très nombreuses dans Tintérieur de l'Australie. Toutes ces régions désertiques ont des cours d'eau temporaires, mal définis, et presque tous leurs lacs sont salés, que cette salure soit originelle ou qu'elle résulte de l'excès de l'évaporation, les substances dissoutes que les rivières apportent dans les lacs étant forcées d'y demeurer.
C'est grâce à une abondante alimentation, par des rivières venant du nord, que la Caspienne a réussi à se maintenir, tout en diminuant d'étendue, au fond d'une dépression, dont la partie orientale exondée voit ses cours d'eau s'ensabler et se perdre de plus en plus. La Caspienne a maintenant son niveau à 26 mètres et son fond à 1124 mètres au-dessous du niveau de la mer. Ici l'importance de la dépression est venue en aide au climat pour le maintien de la nappe d'eau. En revanche, les dépressions du désert libyque, où le niveau du fond varie entre 20 et 75 mètres au dessous de la mer, n'ont pas eu de peine à s'assécher, se transformant en oasis.
Effondrements linéaires. — Il y a des efibndrements dont la direction est assez étroitement définie pour s'imposer au parcours de la rivière qui vient occuper le fond de la dépression.
La vallée du Rhin, entre l'Alsace et la Forêt-Noire, est le résultat d'un effondrement linéaire, survenu, selon toute apparence, par la rupture du sommet d'un dôme dont ces deux massifs représentent les flancs. L'écroulement a eu lieu par échelons, et une suite de failles se succèdent sur les flancs de la vallée, chacune produisant un nouveau rejet. Mais ce n'est pas immédiatement après la rupture que le fleuve s'y est établi. La dépression alsacienne a d'abord servi de chenal à la mer oligocène, arrivant de Mayence, et à laquelle elle a permis d'atteindre Bàle. Puis elle a subi diverses vicissitudes, et un moment est venu où, sur son fond déjà asséché, les épanchements volcaniques du Kaiserstuhl ont dû former un barrage en travers. Si donc le Rhin alsacien coule réellement dans une ancienne cassure, du moins on ne peut pas ranger sa vallée parmi les vallées de fracture proprement dites, celles où Touver-
ture d'une crevasse tectonique aurait immédiatement déterminé remplacement et la direction d'un cours d'eau.
D'autres dé|)ressions se produisent par le jeu de cassures plus ou moins parallèles, avec glissement des compartiments le long des fentes produites. Ce mouvement, n'ayant pas partout la môme amplitude, engendre des cavités analogues à celles des synclinaux, et distinguées par ce fait que les deux versants sont dyssyméiriques (fig. 63), l'un d'eux étant incomparablement plus raide que l'autre. Ces dépressions deviennent des lacs qui, avec un régime de pluies abondantes, finiraient par se vider les uns dans les autres par des vallées bien définies. Mais, là où l'évaporation a dominé, comme dans le bassin fermé de l'Utah, du Nevada et de l'Orégon, il est resté une série de creux indépendants et alignés, dont quelques-uns sont encore pourvus d'eau *.
En Californie, non loin de Tembouchure du Colorado, il existe
Fig. 63. — I^cs d'offondrcmeiits linéaires.
des dépressions par effondrement à peu près linéaire, dont le fond est à 90 mètres au-dessous de zéro. Quelques-unes sont à sec, et transformées en déserts salins. Mais de temps en 'temps l'eau y reparaît, et engendre <les lacs de plusieurs kilomètres de largeur, comme celui qui s'est manifesté en 1891 à Salton.
Le vrai type des effondrements linéaires se trouve dans l'étroit fossé {Grahen des Allemands) sur lequel s'alignent la vallée du Jourdain, le lac de Tibériade et la mer Morte. On en retrouve le prolongement, au delà <le l'Abyssinie, dans une curieuse dépression rectiligne, au bord de la(juelle sont situés les volcans du Kenia et du Kilimanscharo, et dont le parcours est jalonné par une série de lacs sans écoulement, comme le lac Rodolphe.
Quelques-uns des grands lacs de l'Afrique, comme le Tanganyika, appartiennent à des effondrements linéaires du même ordre. Us se distinguent par ce fait que, malgré leur allongement, ils ne sont pas situés sur le parcours d'une vallée, et c'est de côté, par un émissaire à angle droit sur leur axe, (ju'ils se vident assez, irrégulièrement d'ailleurs. C'est à l'abon^lance des pluies équatoriales qu'ils doivent leur grande étendue comme nappes d'eau. La profondeur du Tanganyika est considérable et dépasse par endroits 350 mètres.
i. Les Formes du terrain, p.