‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 50 sur 216 · Davis, Geograph. Journal, 1893, p · texte numérisé non relu

Davis, Geograph. Journal, 1893, p

INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES 137

chaque rivière descendant entre des berges progressivement approfondies.

C'est toujours par rembouchure de chaque cours d'eau que commence le remaniement du profil. Donc, au début, on doit rencontrer, près de cette embouchure, des gorges plus étroites, et une section transversale en V plus aigu que dans le cours supérieur, non encore atteint par la modification. La topographie semble ainsi plus ancienne d'aspect dans ces parties supérieures, alors qu'en réalité, et par rapport au nouveau cycle qui vient d'être inauguré, elle est j)lus jeune. Ces circonstances sont réalisées, selon M. Lawson *, au nord de San Francisco, sur la côte de Californie.

Formation des gorges ou canons. — L'effet d'approfondissement ne sera pas très marqué si les territoires mis à découvert par émersion ont une grande étendue et une pente progressive; car l'accroissement de la hauteur totale de chute est en partie compensé par l'allongement du parcours. Mais il en sera autrement si le mouvement fait émerger un ancien fond de mer à pente très rapide, ou si, portant d'une manière inégale sur les diverses masses minérales d'une région qui s'exhausse, il en met quelquesunes en saillie notable au-dessus du terrain situé en aval.

C'est de cette façon que naissent les canons * ou gorges profondément encaissées, dont le type le plus remarquable est offert par la rivière du Colorado (fig. 67), dans la traversée du haut plateau de l'iVrizona. Ce plateau a subi un relèvement en masse de plusieurs milliers de mètres, et les rivières ont fini par y couler à 1000 mètres et souvent plus au-dessous de la surface sur laquelle elles circulaient dans l'origine.

Ce qui caractérise ces gorges de la région du Colorado, c'est, avec l'extrême raideur des parois, souvent presque verticales sur un millier de mètres, le fait que leur largeur au sommet est [)arfois à peine supérieure à leur profondeur. Il est môme une d'entre elles, celle de la rivière de la Vierge, qui forme au milieu d'un grès massif un abîme profond de 600 mètres, dont les parois verticales, môme par endroits surploml)antes, ne sont distantes l'une de l'autre, près du fond, que de 6 à 7 mètres.

Les mêmes circonstances se reproduisent, sur une échelle moindre, dans les gorges au fond desquelles le Tarn traverse les

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