Observalion de M. Boule
174 LEÇONS DE Glî:OGRAPHIE PHYSIQUE
A peiiK^ 1rs |nvini<H'.s ruiIiiDoiits <lu relief conuneuraient-ils à s'es<|uis.s(M' ((lie déjà ils devai(»nt réagir sur ractivité des eaux courantes; oi ehaque |)ro^rés du plisscMuent, suivant le sens dans IcMjuel il s'exereait, aciMUiluait ou atrophiait les structures antérieurement ae(|uises. ConihicMi de fois, durant ces vicissitudes, le ré«»ime hyilroj^rrapliiciue aura-t-il été remanié? A quel dejrré les n)odi(ications successives auront-idles été concordantes ou <liscordantes? Quelles traces en seront reconnaissables dans le résultat détinitif? Autant de (|uestions dont la solution est extrêmement délicate, (*t peut même devenir im()Ossil)]e faute <le documents.
11 en résulte <|ue les déductions pnVHMlemment exposées doivent être regardées plut<M connue un cadre, oflVant l<»s solutions les plus simples, mais dont Tapplication aux cas particuliers de la jréo^rapliie demande beaucoup de prudence, en raison de Tinévitahle con^plication des phéncunènes naturels.
Influence des éruptions volcaniques. — Les éruptions volcaniques sont, comme les phénomènes tectoniques proprement dits, des conséquences de Tactivité interne du ji^lobe. Ces deux ordres de manifestations s'accompag-nent du reste d'une façon consUinte, puisque c'est par les cassures de récorcc que les matières de Tintérieur se font jour. C'est donc bien ici qu'il convient de faire mention du trouble que les éruptions ai)portent souvent dans la poursuite d'un cycle d'érosion, par les mo<lifications quelquefois considérables qu'elles impriment en peu de temps à l'état de la surface.
Il ne s'agit plus seulement, dans ce cas, d'une altération survenue dans l'assiette de l'écorce. Ce sont de nouvelles [jrovisions de matières qui s'épanchent au dehors, et dont l'effet est de superposer au relief acquis tout un ensemble de structures parasites, qui tranchent absolument sur celles qu'occasionne le jeu des puissances externes.
Les plus remarquables de ces structures, celles qui contrastent le mieux avec le modelé habituel du sol, sont les montagnes coni(jues qu'engendre l'accumulation progressive des produits épanchés.
Cônes volcaniques. — Les cônes de débris, construits par projecti(»n de matériaux meubles autour de la chenjinée d'un volcan, se distinguent par la régularité de leur pente, toujours un peu plus raide dans le haut qu'à la partie inférieure (lig. 74), et généralement comprise entre un maximum de 3o degrés et un minimum de 3 à 10. L'un îles plus raides est celui du Vésuve, qui a 35" iO'
INPLDEKCES TECTOMQUBS ACTIVES iTi
li'inrlinaison '. Mais ce chiffre s"ii[ipli(]ue souloim-nl jiu cône lerminiit de cendres, et la pente moyenne du vidc.-in loul eritie?' n'esl que de I.V Kl'.
Quelques heures sufflscnt pour I' •le 300 mètres de hauteur. SouvenI c -{000 mètres, comme à Jiiva, et alors ils s'étalent sur une hns qui peut dépasser 1.') kilomètres de dinmètre, novaut sous h>ur masse une assez vaste surface déjà niodt'lée.
Les laves, en s'épanchant par le sotnmi'f ou par les lianes des
éditicatioii d'un rùne de déhris s appareils iirnvent à dépasser
«ri'me» d'éruption, peuvent les transformer en ci/m-s mtj-lts, aux flancs sensildement moins raides. L'un des plus remanjuables esl l'Etna, dont la cime dépasse :trîll(} mètres d'altiliide, et (pii rouvre tie ses produits un espace elliptiqui' où le ■rraiid axe a près d<- VS kilomètres.
Enfin il y a des cônes exclusivement constilués par des laves, s«ns déhris projetés, f^es c'i}i''s de Ini'es s'édilienl dans les réfrions où les matières épanchées sont |iarlirnlièreinent fusihles, et l'ad- 'lîlion des coulées successives liiiil par eii^fendrer d'énormes acru- "lulatiuns. En Islande, où ce type est fré(|uent, l'inclinaison des Wus est comprise entre 1 el S defrrés, et la hauteur relative varie di^S mètres à 60(1 mètres. Mais, ;iux Mes Sandwich, le .>ieul amoti-
n l'.'iii-k. M.,ri,lti,lo.ii.
i!ellement de laves Ijasaltiques a construit une montagne, le Mauna Loa, qui s'élève à 4168 mètres de hauteur, avec une inclinaison variant depuis un minimum de 3" 51' jusqu'à un maximum de Ç)^ 43' *. La base de la montajjne a de 70 à 80 kilomètres de diamètre; et, comme, aussi loin que la sonde ait atteint dans l'île au-<lessous du niveau de la mer, elle n'a jamais rencontré que de la lave, on a pu estimer le total des accumulations volcaniques d'Hawaïï à beaucoup plus de cent mille kilomètres cubes, dont onze mille visibles au-dessus de la surface de l'Océan.
Ce chiffre colossal contraste avec la faible impression produite par l'aspect du volcan, si largement étalé que, vu de certains côtés, il semble ne former qu'une saillie à peine visible.
Cavités cratèrif ormes. — Si les protubérances coniques sont la forme normale des épanchements internes, l'activité volcanique fait aussi naître une structure qui est comme la contre-partie de la précédente et qui, bien plus qu'elle encore, est contradictoire par son essence avec la manière d'agir des causes externes ; nous voulons parler des cavités cratériformes. •
Le sommet des cônes, qu'il s'agisse de débris ou de laves, est toujours constitué, dans les volcans actifs, par une ouverture dite cratère, et dont l'ampleur, essentiellement variable d'un moment à un autre, dépend soit des fluctuations du niveau de la lave, soit de la force des projections. En 4844, Junghuhn a vu à Java, sur le Gunung-Raon, un cratère de 730 mètres de profondeur, avec parois verticales en voie <le constant écroulement. Mais les circonstances changent beaucoup quand la lave monte par la cheminée et remplit plus ou moins l'ouverture.
Bon nombre de cratères de volcans éteints abritent aujourd'hui des lacs et sont <lits cratères-lacs. De ce nombre est le lac-cratère de l'Orégon et, sur une moindre échelle, le lac de Laach, près des bords du Rhin, avec une profondeur de 51 mètres. Le plus curieux exemple de ce genre est celui du petit lac, d'environ 500 mètres de diamètre, que M. Kerr Cross ' a récemment signalé au fond du cratère qui couronne le Rungwe, cône volcanique de près de 3000 mètres, se dressant à l'extrémité septentrionale du lac Nyassa. C'est l'abondance des pluies équatoriales qui entretient cette petite nappe d'eau, ainsi que beaucoup d'autres lacs de cratères situés au voisinage de la même montagne.